• Sylvain Lupari

ZERO OHMS & NUMINA: Broken Stars Through Brilliant Clouds (2015) (FR)

Comme dans Process of Being, Broken Stars Through Brilliant Clouds est une immense mosaïque d'ambiances composées de masses d'air en mouvements continus

1 Secrets of the Treasure House of Stars 14:35

2 A Day Without Time 8:53

3 Broken Stars Through Brilliant Clouds 9:21

4 Night of the Falling Planets 8:32

5 Of an Uncertain Mythos 18:01

Spotted Peccary | SPM-9082

(CD/DDL 59:24) (V.F.)

(Dark ambient and deeply meditative EM)

Que peut-on dire de plus de la musique de Zero Ohms? À l'image de Process of Being, BROKEN STARS THROUGH BRILLIANT CLOUDS est fait de masses d'air en continuels déplacements. Des vents, des textures de vents et encore beaucoup de vent où le flûtiste, et par la suite synthésiste, américain réussit à extraire des mélodies abstraites qui, comme la course des nuages, prennent des formes oniriques. Cette fois-ci, le sculpteur de vent fait équipe avec un autre artiste renommé pour extraire des formes du mistral de ses synthétiseurs; Numina. Le résultat ne pouvait que donner un album ambiant. Un album très tranquille où les deux bardes aux poèmes puisés dans les murmures alizés propose une heure de ressourcement qui prend toute sa dimension les oreilles bien à l'abri des intempéries externes. Comme dans un bon casque d'écoute!

Secrets of the Treasure House of Stars débute cette symphonie pour brises et vents avec une sombre onde réverbérante qui entraîne dans son sillon de fines particules de zéphire. C'est comme un long filament réverbérant qui traîne des harmonies sibyllines soufflées par une corne alizée. C'est tranquille. Très tranquille! Zero Ohms et Numina unissent leurs ombres catabatiques qui finissent par former des masses d'harmonies compactes où les chants des vents soufflent comme les soupirs des anges déchus. Secrets of the Treasure House of Stars évolue très lentement. Un peu comme un nuage de magma sur un terrain plat qui étend peu à peu sa dimension. Seules les lamentations des flûtes de Zero Ohms parviennent à percer cette dense tache sonique compacte qui peu à peu délaisse son crescendo passif pour une finale plus éthérée. A Day Without Time est le titre le moins troublant sur ici. Quoique sombres, les vents sont toujours sombres ici, les lamentations d'Éole sont intimement attirantes. Les mouvements sont linéaires, comme si les vents n'avaient aucun obstacle, pavant la voie à une subtile chorale séraphique. La pièce-titre fait crisser ses vents dans un maillage sibyllin où, tout souffles confondus, nous avons l'infime perception que Gabriel descend sur Terre afin d'y régler ses comptes. Mais au-delà de cette totale noirceur apocalyptique, de fins filets de voix angéliques balancent et nuancent une approche cabalistique qui enveloppe nos oreilles d'un étrange inconfort. Il y a beaucoup d'ambiances dans ce titre où les vents roulent comme des vagues aux quatre coins du firmament. Mais pas autant que le très sombre Night of the Falling Planets et ses placides vents qui donnent à ce titre une approche plus cosmique qu'ésotérique. Of an Uncertain Mythos débute avec un concert de moineaux dont les chants caressent les brises crépusculaires. Les vents sont chauds et les ambiances un peu plus sereines, quoique nous ressentons une menace poindre tout azimut. Les sombres brises font chanter les feuilles, créant un duo de voix improbables qui restent tout de même assez séduisants. Si les vents tentent toujours de bousculer la sérénité du plus long titre de BROKEN STARS THROUGH BRILLIANT CLOUDS, ils demeurent tout de même assez sereins, voire même musicaux par endroits, démontrant encore cette fascinante fusion entre l'électronique et l'acoustique dans un album qui s'écoute les yeux rivés sur notre passé.

Sylvain Lupari (03/04/15) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Spotted Peccary Bandcamp

5 views0 comments

Recent Posts

See All