• Sylvain Lupari

CODE INDIGO: Chill (2006) (FR)

La musique est rendue par de grands musiciens avec un professionnalisme proche de ceux de Roger Waters et Mike Oldfield

1 Autumn Fades (9:02)

2 Chill (4:37)

3 Vapour Tales (1:14)

4 Ten Degrees per Second (8:15)

5 Vapour Trails (0:57)

6 Back with Weather - Calm Front (6:08)

7 Back with Weather - Storm Surge (4:57)

8 Vapour (5:43)

9 Cultures (7:44)

10 Culture Shift (5:34)

11 Vapour Tails (3:08)

12 Lost Radio (Tuning in) (3:35

13 Lost Radio (Prog 1) (3:15)

14 Lost Radio (Prog 2) (5:45)

15 Lost Radio (Tuning out) (6:02)

AD Music AD51CD

(CD 76:04) (V.F.)

(Electronic Prog Rock Music)

Je ne connais pas réellement la musique de Code Indigo. Je suis plus familier avec celle des co-fondateurs, David Wright ou encore celle de Robet Fox, qui sont deux grand mélodistes. CHILL est mon premier contact avec ce groupe qui regroupe 4 virtuoses de la MÉ Anglaise; David Wright et Robert Fox aux synthés et claviers, Andy Lobban aux guitares et Dave Massey à la programmation des rythmes. Des musiciens chevronnés qui maîtrisent l'art et les instruments qui l'alimentent, ainsi que des technologies qui l'approfondissent. CHILL est un 4ième album studio. Un album solide qui est assez différent de ce que le côté Anglais de la MÉ à l'habitude d'offrir. Très différent des sphères planantes et minimalistes de la Berlin School, la musique de Code Indigo est plus dans le rock progressif électronique aux essences symphoniques et mélodieuses limitrophes aux œuvres de Pink Floyd et de Mike Oldfield.

Autumn Fades débute avec une onde mystérieuse qui flotte avec ses légers mouvements d'impulsions qui dessinent des arches musicaux d'où sortent les fragiles notes d'un piano pensif. Le clavier emprunte une tonalité de guitare avec des ondes vaporeuses, alors que la vraie guitare tisse des solos flottants dans cette brume introductive qu'une ligne de basse anime dans une structure de rythme ambiant. Le rythme progresse pour prendre un peu de vie avec l'arrivée des percussions qui supportent la ligne de basse dans un beau down-tempo classique. Avec ses riffs et solos, la guitare évolue en mode Amused to Death de Roger Waters. Il y a des solos hurleurs et des riffs pesants qui trouvent écho dans une procession rythmique brumeuse où les claviers tissent des harmonies pour violons dans un contexte de musique cinématographique du Moyen-Orient. Le rythme sautillant dans les brumes oniriques, Autumn Fades fond dans l'ouverture de la pièce-titre et de son piano qui étend une toile d'harmonies rêvant dans ces brumes mélancoliques. Nous sommes quasiment dans du New Age progressif ici qui change un peu de visage dans les obscures ambiances du court et atmosphérique, comme un pont musical, Vapour Tales qui est une introduction à Ten Degrees per Second. Le départ est lent et nourri d'effets de voix glauques et autres effets sonores qui maintiennent les premières 60 secondes dans une ambiance hostile. Le rythme s'anime avec une belle approche harmonieuse construite autour de fredonnements synthétisés et des percussions qui ont un beat d'horlogerie rythmique. Un rythme lent que la guitare charge, telle une rebelle qui veut se faire ouïr. Et sortie de nulle part, une belle mélodie se fait entendre. Le genre de mélodie qui colle aux oreilles. Que l'on chantonne sur de longues périodes. Elle se promène avec grâce et est prise d'assaut par les gémissements de la guitare de Lobban qui torture cette ligne mélodieuse avec de gros riffs pesants et de beaux solos stridents. Entrecoupée par des passages atmosphériques, cette sérénade survit et progresse sur des lignes plus mordantes et enveloppantes qui sont toujours agressée par la guitare.

Vapour Trails nous amène vers Back with Weather. Deux titres animés par des rythmes variés, aux essences et aux chœurs tribaux qui sonnent un peu comme sur Songs of Distant Earth de Mike Oldfield. Les harmonies sont entrecoupées par des passages ambiants ou atmosphériques, mais sont en constante progression sur des rythmes lents, voire pesants. Le synthétiseur est enveloppant, à l'image des arrangements orchestrales et rivalise avec une incroyable guitare qui n'en finit plus de charmer, tant par la vitesse de ses accords que la justesse de ses solos. Un autre excellent moment sur CHILL. Vapour est un autre titre aux atmosphères très Pink Floyd. Les voix nasillardes de la radio sur des bruits parasites, d'autres voix isolées et des échanges verbaux qui se mélangent à des notes de piano éparses et dans une ambiance qui devient de plus en plus sombre. Suivant ce principe de voix égarées, Cultures démarre sur des percussions aux ambiances tribales et un beau synthé aux dimensions flûtées. Tantôt mélodieux, tantôt atmosphérique Cultures se casse sur des arrêts et départs qui le relance avec plus d'harmonies. Des percussions plus insistantes animent ce rythme à la recherche de son identité avec des grosses riffs de guitares et ses solos fumant qui sont toujours enveloppés par un synthétiseur harmonieux qui maintient cette mélodie en vie. Cultures rejoint Culture Shift et son rythme des île. De légères percussions manuelles et tribales animent ce rythme relaxant sur les lamentations très suggestives de la six-cordes de Andy Lobban. Sa guitare traîne avec langueur jusqu'à l'atmosphérique Vapour Tails. Ce titre atmosphérique suit cette tangente psychédélique moderne de Roger Waters avec des voix, plutôt des murmures, et des bruits parasitaires sur une texture en mouvement et dont le point d'ébullition se perd dans l'ouverture du méga Lost Radio, un long titre de près de 19 minutes divisé en quatre parties.

Ça débute avec une étrange ambiance industrielle où les métaux se tordent de douleurs et des effets vocaux de radio CB et d'interphones. Le rythme qui en sort est lent et entrainant avec de très bons effets percussifs où flottent une chorale astrale. Le piano est mélodieux et concocte une mélodie dans une ambiance de New Age progressif. La mélodie progresse avec un piano plus dynamique et un vaste échantillonnages de nappes de synthé qui injectent une aura de mysticisme à un rythme qui solidifie son emprise par un beau et sensuel down-tempo morphique. Nous atteignons un point de rencontre où tous les instruments convergent dans un contexte mélodieux à nous donner des frissons sur un rythme dont l'intensité a toujours accompagné cette progression émotive du rythme. Tuning Out termine cette insidieuse évolution d'un album tout simplement mélodieux avec une vision de Jazz aux ambiances flottantes.

CHILL est certainement un des bons cd que j'ai entendu cette année. Aux limites d'un New Age progressif extrêmement efficace au niveau mélodies et arrangements, la musique s'inspire beaucoup des albums de Roger Waters et même Mike Oldfield dans The Songs of Distant Earth. Ce qui n'est pas vilain, si on aime le genre!

Sylvain Lupari (12/07/06) *****

SynthSequences.com

Disponible chez AD Music

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