• Sylvain Lupari

CODE INDIGO: MELTdown (2013) (FR)

Sans être percutant, MELTdown est une autre petite merveille de Code Indigo qui nous parle, nous chante et nous enchante

1 Welcome to the Asylum 5:01

2 Meltdown 4:48

3 City of Fools 2:00

4 Costing the Earth 3:28

5 Eco-Nomic 4:31

6 Information Cascade 6:15

7 Keep Taking the Pills 8:26

8 Black Gold 2:03

9 ID Code 9:00

10 Carbon 2:55

11 In the Dark 5:30

12 The Men who Crashed the World 7:33

13 Bail Out 3:53

14 Bankers in Wonderland 3:55

15 Greed in the Bubble 3:21

16 Bonus Culture 3:23

AD Music| AD 109CD

(CD/DDL 76:04)

(Progressive EM, E-Rock, Synth-Pop)

Après une absence de plus de 7 ans, Code Indigo revient en force avec un solide album qui allie un rock progressif éthéré à une MÉ mélodique. Dans des ambiances qui rappellent celles de Pink Foyd avec des voix et des murmures d'actualité qui couvrent des rythmes et ambiances à la portée de toutes les oreilles, MELTdown est un savoureux album concept qui dénonce les bandits à cravates et leurs crimes économiques. Il y a plein de bruits et d'ambiances de fond dans cet album finement fignolé où la musique, et ses quelques vers d'oreilles, envoûte, tant par sa délicate approche harmonieuse que la constante progression de ses rythmes brillamment contenus. Code Indigo forge une histoire musicale qui est à l'image du constat d'échec d'une société à la remorque de ses requins à complets aussi onéreux que douteux. Au-delà de son histoire, MELTdown est le témoin d'un solide consortium musical où David Wright, David Massey, Neil Fellowes, Nigel Turner-Heffer et Dave Bareford charment autant qu'ils étonnent avec un album qui semble aussi intemporel que le talent de ses auteurs.

Des vents, des crissements de métal bleu, des murmures et des tintements saccadés qui défilent avec hésitation ouvrent Welcome to the Asylum qui étend ses 5 minutes dans un asile où les bruits et vents spectraux alimentent constamment un climat de paranoïa. On entend bien des arpèges perdus qui tintent dans une harmonie disparate, là où des larmes de synthé embrassent le néant. Ils s'évaporent pour laisser place à des accords de piano électrique dont la vague mélodie s'accroche aux élytres des cymbales pour se fondre au doux rythme de la pièce-titre. Arqué sur une ligne de basse, dont les accords roucoulent dans une douce forme ondulatoire, des sobres percussions et des lignes de synthé aux trémolos entrecroisés, Meltdown s'empare de nos oreilles avec une superbe guitare qui trace les lignes mélodieuses d'un véritable ver d'oreille en soie. Le rythme est fluide. Pas agressif, il chevauche une vallée sonique. Accompagné de vents azurins cachant des lamentations suspectes, de cerceaux érodés et des lignes de guitares et synthé aux airs divisées entre le soft rock électronique, progressif et éthéré, il s'enfouit dans les ambiances perdues de City of Fools et de ses voix teintées de mépris qui pestent dans des vents noirs et des lamentations spectrales de guitares flottantes, avant de renaître de ses ambiances avec Costing the Earth. Eco-Nomic vient voler cette structure de rythme pour l'adoucir quelque peu en batifolant avec moult coups de baguettes et séquences qui papillonnent dans une sphère statique où les guitares et synthé s'échangent les harmonies au travers de suaves solos morphiques. Le rythme reprend sa vigueur pour déposer ses derniers accords nerveux dans l'intro organique de Information Cascade. Une des grandes richesses de MELTdown est sa profondeur sonore. Il n'y a aucun point mort sur les 76 minutes qui emplissent ce dernier skeud de Code Indigo. Et cette intro de Information Cascade en est le parfait reflet. Avec ces gargouillements qui bruitent dans des voiles d'éther et ces larmes de violons qui valsent sous une nuée de pulsations dont les battements forgent un rythme nerveux, Information Cascade balance entre ses saccades rythmiques et ses ambiances tétanisantes pour conclure le premier segment de l'album.

Même si le rythme bouillonne de ses diverses pulsations, Keep Taking the Pills évente son doux voile harmonique avec un piano mélancolique dont les notes relaxantes filent à travers les souffles d'un saxophone lunaire. Un duel se dessine entre la guitare et ce piano où les témoins musicaux insufflent une ambiance de jazz morphique sur une structure rythmique un brin rebelle mais harmonieusement bien domptée. Avec ses arpèges scintillant qui gambadent avec innocence pour se joindre à des accords de guitare stagnant dans un rythme embryonnaire, Black Gold surfe sur une ligne de vapeur bleue, établissant le lien entre les ambiances de Keep Taking the Pills et le rythme incisif de ID Code. De solides percussions et des lignes de séquences aux papillonnements entrecroisés érigent la structure d'un rythme tranchant où les guitares régalent nos oreilles de solos sculptés dans le rock harmonique. Des anges aux souffles de cristal et un synthé aux strates séraphiques emportent ce rythme dans un univers éthéré, donnant un second souffle à ID Code qui revient en force avec un rythme plus martelé où des accords aux tonalités d'enclume se perdent dans les lourds tam-tams et des solos de synthé mélodique étendent leurs toiles vampiriques dans les tranchantes harmonies et solos des guitares, sculptant ainsi le 2ième vers d'oreille de MELTdown.

Plus on avance et plus l'album nous enveloppe de son aura aussi mélodieux qu'éthéré. Sur un doux filet harmonique d'un clavier aux accords de verre fragilisé, Carbon grattouille des restes de rythme sous le couvert de ses voix égarées qui reviennent incessamment dénoncer le pouvoir mondial économique. L'ambiance devient grisâtre alors que nous tombons dans In the Dark et ses lugubres lignes de synthé soufflant comme des râles d'orgues dans une fine pluie. Des murmures gutturaux menacent ce fragile équilibre entre le désespoir et son antagoniste lorsque des voix angéliques en chassent les tourments. S'appuyant sur une ligne de basse légèrement vrombissante, une douce guitare appuie ces oracles aux voix argentés de solos morphiques qui pleurent dans la quiétude d'un titre qui s'affranchit dans les vagues cosmiques d'une finale séraphique. Et ensuite, The Men who Crashed the World tombe dans nos oreilles comme un blues cosmique. S'abreuvant de tous les éléments soniques qui farcissent les ambiances hybrides de MELTdown, cette guitare vogue sur un rythme lourd et croissant pour être avalé par un synthé et par ses brumes ainsi que ses solos mystiques. S'ensuit un duel aussi onirique qu'harmonique où les deux principales entités musicales de cet album s'échangent ambiances et harmonies dans un superbe blues morphique. Un peu comme à l'image des rythmes qui agitent les ambiances et mélodies de ce dernier album de David Wright et ses comparses, Bail Out suit avec un rythme nerveux dont les pulsations et tintements métalliques forgent un tempo qui bouillonne sans jamais éclater. Et cette mélodie, brodée dans une fusion des guitares et des synthés, forgent un 3ième vers d'oreille qui traverse les rythmes croissants de Bankers in Wonderland et Greed in the Bubble pour se terminer dans les douces ambiances de Bonus Culture, là où des pas se perdent derrière une porte qui claque violement.

Malgré cette absence de plus de 7 ans Code Indigo n'a pas pris une ride. Sans être percutant ni agressif, MELTdown possède les couleurs harmoniques de ses écrivains. C'est un album qui nous transporte constamment au gré des doux rythmes, même que certains sont assez incisifs, et des mélodies ensorcelantes dans un univers musical brodé dans une imagination qui respecte les vastes expériences musicales des membres de ce mythique groupe de MÉ anglais. Ce n'est pas juste bien fait, c'est extrêmement bien fait. Et ça nous parle, ça nous chante et ça nous enchante.

Sylvain Lupari (29/03/13) *****

SynthSequences.com

Disponible chez AD Music

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