• Sylvain Lupari

DARSHA AMBIENT: Songs from the Deep Field (2014) (FR)

Douce, poétique, mélodique et intensément touchante, la musique de ce dernier album de Darshan Ambient est un excellent mélange d'O'Hearn, Oldfield et Vangelis

1 Star Born 5:11 2 Cluster 4:09 3 The Deep Field 7:52 4 Blue Lotus 5:43 5 Heaven in a Wildflower 5:09 6 You Will Never be Alone 8:37 7 Microlife 4:29 8 Grey Sea 4:54 9 Hidden Stars 7:35 10 Tears to Rain 4:06 11 Sleepers Awake! 4:32 Spotted Peccary | SPM-2402

(CD/DDL 62:17) (Electronic rock&folk)

Ah…la musique de Michael Allison! Je sais, ce n'est pas vraiment de la MÉ de style Berlin School et/ou séquencé, encore moins atmosphérique, quoique ce dernier album effleure les corridors du cosmos, mais Darshan Ambient réussit le superbe pari de faire chanter une musique sans paroles en mélangeant adroitement ses synthés et ses guitares dans une texture musicale qui lui est propre. Et à chaque fois, je me dis que son dernier est son meilleur. Avec ses superbes orchestrations, SONGS FROM THE DEEP FIELD ne fait pas exception. C'est à travers les très belles images du télescope spatial Hubble dans les territoires cosmiques de Hubble Deep Field que Darshan Ambient a puisé ses réflexions afin de concocter son dernier album. Sauf que le guitariste/synthésiste de San Francisco a beau visé les étoiles, le cosmos et ses infinies possibilités que sa musique reste toujours aussi dans son style de rock et folk électronique. Et tanguant entre ses rythmes délicieusement activés par des ritournelles en staccatos et des mélodies savoureusement ambiantes, Darshan Ambient livre encore un solide album où la musique reste au cœur de tout, même lorsqu'il tente un saut dans l'inconnu.

Un souffle de brises astrales initie le nerveux et convulsif mouvement de Star Born. Gigotant sur des élytres de métal et des percussions agitées, le rythme hoquète comme un vif up-tempo. Ses brefs saccades sont néanmoins emportées dans les tourbillons d'une mélodie murmurée par des vents indéfinissables et par les charmes d'une guitare magnétisante dont les minimalistes notes tournoient dans des orchestrations haletantes. Sans doute le titre le plus vif de son répertoire, Star Born donne le coup d'envoi à un album assez diversifié où la poésie de l'homme en noir respire derrière chaque note, chaque refrain. Cluster atterrit dans nos oreilles avec les brises élégiaques si caractéristiques à l'univers Darshan Ambient. De paresseuses notes de basse traînent une sombre mélancolie à la Patrick O'Hearn alors que des bruits parasitaires forgent un semblant de pluie. Des percussions tombent avec la même nonchalance que la basse alors que très lentement Cluster s'anime d'un rythme tribal qui me rappelle les festivités de Mike Oldfield dans The Songs of Distant Earth. Vif et circulaire, le rythme introductif de The Deep Field est gracieusement forgé dans orchestrations saccadées tandis que les sobres percussions battent une contre-mesure, brouillant un genre de down-tempo qui tournoie lascivement dans les vélocités des arrangements. Le titre est copieusement arrosé de notes d'une guitare rêveuses et d'accords de basse à la O'Hearn et s'égare tranquillement dans des sphères plus ambiantes. Là où siège le très ambiant Blue Lotus et son mélange de strates synthé/guitares qui poussent les pensives harmonies d'un piano songeur. Heaven in a Wildflower se nourrit aussi de vifs coups d'archets, instituant une ritournelle à saveur Aborigène. Le mouvement est très vif, mais reste d'ambiances avec d'autres orchestrations staccatos et un violon pleureur qui enracinent le titre dans des ambiances aussi dramatiques que célestes. You Will Never be Alone est la porte d'entrée de quelques phases nettement plus méditative de SONGS FROM THE DEEP FIELD. Le mouvement est lent et offre la douceur de voix pieuses qui caressent la douce harmonie d'un piano assez nostalgique. C'est comme voir un chagrin par la porte arrière d'un miroir. Et la voix angélique me rapproche des ambiances de la saga Atomic Seasons de Tangerine Dream. C'est assez poignant par moments et ont fini par trouver cela très personnel. Microlife secoue les ambiances avec un bon rythme qui s'identifie à une ballade électronique mais avec un débit plus accentué, assez près d'un country-western électronique. Tous les ingrédients sont là pour capturer l'oreille : bonnes percussions, les murmures des anges, d'autres belles orchestrations mais surtout une très belle guitare dont le jeu sobre fouille notre âme. C'est très bon. Grey Sea est aussi sombre, tranquille et mélancolique que Blue Lotus, alors que Hidden Stars est LE gros titre de cet album. Un mélange de Mike Oldfield et de David Wright, Hidden Stars offre un rythme subtilement tribal avec une approche enjouée et où la guitare nous arrache les larmes du cœur, mais pas autant que le crescendo qui habite ce mouvement paradisiaque. C'est le genre de titre où on arrête tout pour l'écouter. Superbe! C'est difficile de suivre un titre semblable et c'est pour cela que Tears to Rain épouse les formes ambiantes de Grey Sea mais dans une enveloppe nettement plus lunaire, plus cosmique. Sleepers Awake! est une belle ballade, plus lente et enveloppante que Microlife, qui termine un autre très bel album de Darshan Ambient qui réussit toujours à atteindre les repaires de mes souvenirs.

Sylvain Lupari (26/09/14) ****½*

SynthSequences.com

Disponible au Spotted Peccary Bandcamp

  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle

© 2019 by  Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari