• Sylvain Lupari

DAVID WRIGHT: Ocean Watch (Remastered 93/15) (FR)

“Ceci est un album important dans le voyage sonique de David Wright qui mérite amplement sa remasterisation”

1 Dream Maker 7:35 2 Ocean Watch 10:00 3 Nomad 5:10 4 Glass Mountains 5:40 5 Seven Seas 11:20 6 Desert Storm 6:10 7 Reflections 4:15 8 Beyond the Airwaves II 27:50 AD Music | AD6/AD145 Digital (CD/DDL 78:12) (Melodious and rhythmic England School)

Que cela plaise ou non; David Wright est un icone. Une figure emblématique du mouvement de la England School, avec les John Dyson, Mark Shreeve, Ian Boddy et Andy Pickford (et j'en oublie!), qui a démarré lentement dans le creux des années 80 pour connaître un fulgurant essor au début des années 90. Et si l'on se fie aux lectures ancrées dans le temps, OCEAN WATCH est définitivement l'album qui a lancé sa carrière. Déjà fort d'un bon succès d'estime auprès des critiques et des amateurs de plus en plus nombreux de MÉ, David Wright allait laisser ses empreintes avec cet album et notamment avec son premier véritable succès; Nomad. L'album propose une MÉ dynamique avec une belle approche ambiosphérique très onirique qui allait stigmatiser la signature de David Wright, faisant de lui un artiste qui était à l'aise dans ses différents chapeaux. Initialement paru à la fin de 1993 et discontinué depuis une couple d'années, OCEAN WATCH est maintenant disponible dans une édition entièrement remasterisée, et en format téléchargeable de haute définition (pour l'instant), qui conserve tous les charmes et la sonorité très rétro de cette époque où la MÉ résistait tant bien que mal à la prolifération des sous-genres. Une ligne de synthé bourdonnant comme un sinistre chant sibyllin secoue une pluie de carillons qui tintent sur les caresses d'un synthé et de ses larmes de Vangelis. Des accords de claviers aux tons de guitare et des pétillements des élytres de métal ornent les délicates ambiances lorsque des percussions s'y arriment et que ses coups pulsatoires éveillent une ligne de séquences qui déroule une mélodie minimaliste dont les harmonies circulaires tisseront un magnétisant ver-d'oreille. L'introduction de Dream Maker répond à l'esthétisme des années 90 avec une titanesque palette de sons qui structure une mise en scène à la grandeur des paysages soniques de son auteur. Le titre évolue, comme dans chacun des 8 travaux de OCEAN WATCH, pour épouser un genre de rock électronique très pastiche et très enjoué où s'ajouteront de vifs roulements de percussions électroniques militarisées (on dirait une pieuvre qui hyper ventile), une belle toile de séquences autant rythmiques qu'harmoniques et un synthé très harmonieux qui laisse toute la place aux avancés numériques de l'époque. Dream Maker donne le ton à un univers électronique pas si lointain qui a terriblement vieilli et qui conserve tout de même tous ses charmes. La pièce-titre offre une structure de rythme pulsatoire, lourde et lente. Je dirais un brin sournoise, menaçante avec de belles nappes de synthé gorgées de brumes et de voix chuchoteuses qui tissent des ambiances menaçantes qui se nourrit des influences de Vangelis et Tangerine Dream. Un des points forts de David Wright, les arrangements sont très beaux et aussi très intuitifs, moulant ainsi une approche qui s'apparente à une forme de Boléro auquel il manque juste une finale explosive. Nomad saisit nos sens tout de go avec un autre rythme pulsatoire lourd mais plus vif, on dirait un troupeau crapaud métallique, qui est maquillé par une ondée d'accords dont la discorde tisse une fascinante mélodie. Glass Mountains est une belle berceuse ambiante avec un thème dramatique pianoté sur un mélange de piano/clavecin où les larmes de synthé sonnent comme un étrange ode sibylline. Des murmures chastes ouvrent Seven Seas qui se pousse avec une structure de rythme ambiant dont les ombres tissent une ballade inachevée. L'approche est assez similaire à la pièce-titre, pour le genre Boléro cosmique, alors que les synthés sont tout simplement envoûtant avec leurs parfums latinos. Contrairement aux amateurs de l'époque, Desert Storm est le titre qui m'a accroché tout de go dans OCEAN WATCH. Si l'intensité est égale à Nomad, le rythme est plus nerveux et les percussions le contient assez bien. Les ambiances sont riches et dépeignent assez bien la naissance d'une tempête. Les roulements des percussions sont efficaces, le sautillement des séquences basses moule un rythme nerveux et les synthés sont digne des romans soniques de Vangelis avec un superbe mélange de voix et des larmes apocalyptiques. Intense et saisissant! Reflections est une ballade qui semble sortir des ombres de Seven Seas. C'est enjoué et ça s'entend bien. Beyond the Airwaves II est considéré comme un titre épique. Du long de ses 28 minutes, le titre offre plusieurs segments de mélodies qui s'insèrent entre de longues phases très ambiosphériques et aussi très ambiosoniques. Les orchestrations sont dans le ton et signent de forts moments d'ambiances qui sont à la limite de la grosse romance filmique. Il y a de beaux petits moments, des petits bijoux, ici et là. Comme ces nappes angéliques qui irradient un horizon paradisiaque, ces voix angéliques qui domptent la colère des pénombres, ces saveurs orientales qui parfument l'inconnu et ces doigts agiles de David Wright qui chatouillent un clavier serti de bribes mélodiques. C'est un long moment d'ambiances qui se dégustent les oreilles bien à l'affut de ses évolutions. Honnêtement? Je ne connaissais pas ce OCEAN WATCH de David Wright. C'est donc avec plaisir (je suis un grand fan de l'approche très méthodique et mélodique du musicien anglais) que j'ai dégusté longuement cet album phare de sa carrière. Et c'est avec plaisir que j'ai renoué avec les ingrédients de ces albums précédents qui sont revampés dans une technologie qui permet plus de latitude à l'audace de ce grand compositeur qui s'assume pleinement et ce peu importe les chapeaux et les styles qu'il endosse. Et on sent dans ce OCEAN WATCH ce que David Wright allait devenir, soit un artisan important dans l'échiquier de la MÉ contemporaine qui allait ouvrir toute grande ses portes à une incroyable épopée et une étonnante diversité de la England School. J'ai aimé? Absolument!

Sylvain Lupari (10/09/15) *****

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