• Sylvain Lupari

DIE & MONTANÀ: Holographic Codex (2015)

Updated: Aug 8, 2019

“Holographic Codex propose une musique où vents et drones embrassent de très beaux rythmes ambiants et instinctifs”

1 Muns de Etrah 6:55 2 Hydra e Vers 5:15 3 Akvil 9:35 4 Silent Rumon 15:15 5 Egetora 5:24 6 Cinta della Breccia Divina 15:13 7 Eternal Wisdom 6:11 Projekt Records | PRO00311 (CD/DDL 63:53) (Ambient, psybient, psytrance and Pacific School)

Une lointaine ligne sonique amplifie sa présence à mesure que les premières secondes de Muns de Etrah courtisent sa première minute. La ligne est musicale. Elle étend un voile, comme une ombre, qui ondule sous le poids de sa densité. Ça devient un maillage de souffles qui ourlent en boucle, échappant au passage un mince filet de brises spectrales. Les bruits blancs arrivent en même temps que les percussions. Leurs frappes sobres façonnent un splendide down-tempo qui se déhanche dans un univers sonique qui accroît sa richesse à mesure que les secondes fuient Muns de Etrah. Alors que les percussions tambourinent un rythme abstrait, échappant des claquements éparses ici et là, de fragiles notes tintent et fragilisent la mélodie spectrale qui embaume l'univers de Muns de Etrah dont le voile surnaturel est délicatement secoué par des percussions un peu plus vivantes. C'est avec un séduisant down-tempo enveloppé dans une enveloppe psybient que Alio Die and Lorenzo Montanà nous convient dans l'univers de HOLOGRAPHIC CODEX. Pour cette première collaboration, le duo très éclectique mélange à ravir leurs visions musicales et spirituelles, donnant un album qui croise toutes les sphères d'une MÉ qui honnie les frontières. Que ce soit de la transe psychédélique aux longs moments d'ambiances sédatives, en passant par les délicats rythmes de la Pacific School, HOLOGRAPHIC CODEX propose une musique où les vents, les longs drones gutturaux de Alio Die épousent les rythmes ambiants et instinctifs de Lorenzo Montanà.

Les premiers accords de Hydra e Vers tombent avec un voile d'émotions hybrides. La mélancolie se mélange avec l'ésotérisme avec une étrange prière narrée sur une structure morte qu'un discret piano maintient sur un respirateur. C'est très spectral, à la limite éthéré! On reste dans des sphères ambiantes avec Akvil et son essaim de prismes, de carillons qui tinte dans des longs gémissements spectraux. Le titre évolue vers une phase plus onirique un peu après la 2ième minute avec des ondes synthétisées qui emmitouflent les chants des ectoplasmes et assourdissent les bruits des carillons. C'est un titre très méditatif où les ténèbres et la clarté viennent titiller le subliminal. Egetora est nettement plus ambiant, plus sombre. Mais entre les deux, il y a Silent Rumon et ses étranges voix spectrales qui soufflent et se lamentent dans un tollé de brises sibyllines. Même si très ambiante, l'introduction de Silent Rumon reste très enveloppante, très envahissante. De fins tambourinements amènent le titre à un autre niveau dès que la barre des 4 minutes est franchie. Le rythme qui vient alors est délicat. Sculpté dans le modèle Roach et de la Pacific School, il bouge comme des froissements de pieds, comme un ballet spirituel sur un tapis de lécanore. Ce sont plus les éléments qui l'entourent qui le mue, le transporte. Des riffs tonnent comme les colères des dieux sur des murmures, des chants et parfois même des cris d'angoisse, alors qu'une panoplie d'éléments ésotériques instaure un enveloppant climat de transe spirituelle. C'est très intense et les effets qui entourent ce titre nous transporte littéralement ailleurs. J'ai bien aimé! Mon salon s'illumine d'un étrange aura lorsque je le fais jouer. Après le très noir et ambiant Egetora, Cinta della Breccia Divina assaille nos oreilles avec des bruits d'une faune boréale, des tintements et des drones dans une introduction riche en couleurs soniques. C'est très méditatif, à la limite bouddhiste avec ces tintements qui pétillent dans des vents astraux et des drones vocaux. La faune sonique est riche et très versatile avec des teintes et des nuances qui font que l'on ne trouve pas vraiment le temps long dans ce long parcours où les éléments sont la force d'une structure qui bouge, qui évolue comme une tempête perturbe la course des nuages. Phénomène que l'on observe aussi sur le très ambiant Eternal Wisdom et dont les souffles des vents qui échappent des filets de voix me rappellent les indiscrétions de Steve Roach sur les structures du silence. C'est un très beau titre ambiant. Introspectif et méditatif comme on aime!

J'ai bien aimé cette collaboration entre Alio Die and Lorenzo Montanà. J'aime ces rythmes ambiants et intuitifs qui serpentent malicieusement cet univers sibyllin tissé dans ces envoûtants drones soniques et ces vents astraux pétillant de mille prismes. La force de cet album repose sur cet habile mélange des titres. HOLOGRAPHIC CODEX ouvre avec force et se termine dans la quiétude tout en nous faisant vivre une gamme de riches émotions entre les 50 minutes qui séparent les deux extrêmes, la pierre angulaire, le summum étant Silent Rumon. Mais tout autour gravitent ses ombres et ses influences qui ont ce don de nous entraîner constamment vers des niveaux où la contemplativité prend des formes holographiques.

Sylvain Lupari (10 Mars 2015) *****

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Available on Projekt Records Bandcamp

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