• Sylvain Lupari

JESPER SORENSEN: Outer Limits (2018) (FR)

“Outer Limits est bien fait avec juste ce qu'il faut pour satisfaire ceux qui aiment une EM facile et charmer ceux qui aiment ça plus corsé”

1 Gamma Leonis 6:23 2 A New World 5:22 3 The Halo 11:00 4 Beta Tauri 7:35 5 Althena 7:28 6 The Long Run 8:46 7 Transmission 5:46 8 Outer Limits 6:37 9 Sector 20 7:21 10 Exosphere 9:34 Jesper Sorensen Music

(DDL 76:13) (Melodious and catchy EM)

J'avais bien apprécié ma découverte de l'univers Jesper Sorensen avec son dernier album Dark Star. Paru tout juste une journée avant, il est tout à fait justifié de dire que OUTER LIMITS a tracé les sillons soniques de Dark Star. Plus dans le genre Berliner, on y trouve des essences très IC, que ce dernier album, OUTER LIMITS propose 10 titres rassemblés autour de 76 minutes d'une MÉ soigneusement structurée sur le style bondissant, un genre de Hip-Hop cosmique, qui a donné ce second élan à la Berlin School au tournant des années 80.

Gamma Leonis débute avec une danse astrale d'arpèges et de séquences qui tintent dans les nuances d'une nappe de voix absente. Quelques 45 secondes plus loin, des martèlements de caisson bas éveille ces ambiances et les détournent vers un rock électronique dont on lie un soupçon technoïde de par les percussions robotiques. Mais le rythme reste plutôt dans un cocon rock avec une structure ascendante et sphéroïdale attachée par un maillage de lignes de séquences et dont quelques soubresauts flirtent avec une vision stroboscopique. L'approche mélodieuse est partagée entre un clavier créatif, des harmonies synthétisées et des nappes de voix éthérées qui sculptent une approche de mélodie New Age. On aime? Althena épouse un peu le même modèle. Le rythme mollasse et sautillant. Des effets de jeux cosmiques éveillent notre attention et les harmonies fécondent des moments d'extase New Age. A New World propose un rythme lourd et lent avec des percussions sobres et des séquences qui caquettent sous les caresses de bons refrains synthétisés. Ces harmonies, qui parfois s'étirent sous formes de solos, offrent deux teintes bien distinctes et sont au cœur de ce titre simple mais drôlement efficace pour une danse sous somnifères. Ce style de sobre rock très motorik a la cote dans cet album. Il sert plutôt bien de base à un synthé en mode charme harmonique. Après une intéressante introduction ambiosphérique, The Halo structure un rythme incertain. Un rythme hésitant avec des accords bien gras qui semblent se destiner à ouvrir une cadence de cha-cha-cha cosmique. Les éléments harmoniques foisonnent autour de ces 11 minutes avec des effets de guitares aux charmes de vieux westerns qui errent dans une brume sibylline. Le décor rythmique n'est pas en reste avec la tombée des percussions, juste avant les 5 minutes, qui alourdissent le rythme toujours ambivalent et pourtant bien décoré de séquences qui laissent échapper de fins filaments stroboscopiques. À date, nous nageons dans un album facile à apprivoiser.

Et ces gros accords juteux ouvrent les frontières de Beta Tauri qui tressaille sur des percussions nerveuses et un lit de séquences qui sautillent sur place. Toujours actif, le synthé lance des solos harmoniques alors que des séquences bouillonnent par endroits. La musique, et surtout le rythme, me propose d'écouter du Double Fantasy ‎et l'album Universal Ave., paru sur IC en 1987. Peu importe les structures, Jesper Sorensen les arrose copieusement de bons solos de synthé qu’il maintient dans un haut niveau de créativité et de complicité tout au long de OUTER LIMITS. The Long Run reste le titre le plus vivant, le plus entraînant de cet album. Percussions et séquences unissent leurs forces afin de créer une structure un brin syncopée qui fusionne très bien avec l'approche rock électronique énergique de The Long Run. Hormis des effets de voix, dont une de nymphette Elfique, et des effets électroniques bon chic bon genre, le synthé trace de bons solos évasifs et des passages harmonieux dignes de mention. Transmission est un peu dans le même genre que A New World. Le mouvement harmonique est plus sphéroïdal avec un effet aussi mystérieux qu'hypnotique dans son étrange dialogue intergalactique. La pièce-titre privilégie aussi une structure lourde et lente avec des pulsations sourdes et des percussions enjolivées d'effets percussifs. Le rythme ici est plus présent que l'approche harmonique qui est plus discrète. Sector 20 est plus dans le synth-pop des années New Wave avec des séquences papillonnantes ainsi que des percussions lourdes et bien entraînantes. Un effet de vocodeur donne un style très années 80 qui correspond d'ailleurs assez bien avec les orientations de la musique. Il ne manquait seulement qu'une belle mélodie afin de parfaire le parcours harmonique de ce 9ième album du musicien Anglais. Et cela revient donc à Exosphere qui clôture OUTER LIMITS avec une belle ballade électronique où les arpèges évoluent dans un pattern minimaliste, donnant ainsi la chance au synthé d'établir une dernière belle connexion avec nos neurones. C'est beau et bien composé. Et c'est à l'image de cet album de Jesper Sorensen qui se contente juste d'enrichir notre cerveau avec du bien fait, sans trop de prétention mais habilement bien servi.

Sylvain Lupari (14/02/18) ***½**

SynthSequences.com Disponible au Jesper Sorensen Bandcamp

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