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  • Sylvain Lupari

JESPER SORENSEN: Synthology (Remastered 2018) (FR)

“Synthology est faite de lourdeur, d'agressivité dans les rythmes et semble avoir été conçue pour les amateurs de e-rock avec de fortes essences de dance-music et de synth-pop”


1 Stardust 9:15 2 Faraway Places 6:47 3 Lone Voyager 7:41 4 Gateway 6:57 5 Forgotten Memories 5:42 6 The Other Side 9:14 7 Midnight Whispers 7:26 8 The Lost World of Time 10:57 9 Shadows 4:03 10 Outer Rim 7:34 11 Synthology 11:29 12 Transcension 6:59 13 The Search 6:45 Jesper Sørensen Music

(DDL 100:51) (V.F.) (E-Rock, Dance Music & Synth-Pop)

Suivant le remastering de Skyrider, Jesper Sørensen nous offre une autre chirurgie esthétique sonore. Cette fois-ci, et tel qu'annoncé dans ma chronique sur Skyrider, il s'agit de son 2ième opus, SYNTHOLOGY. Cette nouvelle édition retravaillée vient avec plus de 13 minutes de musique additionnelle, soit 2 titres en bonus (Transcension et The Search) qui semblent vraiment avoir été conçue à la même période, poussant le temps de SYNTHOLOGY à plus de 100 minutes d'une MÉ déchainée avec des structures de rythme à vous scier les jambes, tellement c'est lourd, énergique et sans répits ambiosphériques à l'intérieur de 11 titres à faire fuir vos voisins. J'habite à la campagne, donc pas de voisins, et je recommande l'écoute de cet album sur des haut-parleurs parce que dans une paire d'écouteurs, vos oreilles vont bourdonner pour longtemps après 90 minutes d'une MÉ explosive.

Ça débute tranquillement. Les premières minutes de Stardust sont les seules à faire une incursion dans l'univers de cosmos tranquille de cet album. Les vents intergalactiques descendent lentement du cosmos afin d'atterrir sur une ligne de basse molle et une ligne de séquences aux effets résonnants. Le rythme est déjà dansable, lascif lorsque des percussions aux tonalités autant rock qu'électronique lui donnent un tonus plus vivant. Jesper Sørensen ne perd pas une seconde afin d'apposer sa signature mélodieuse qui hantera les 12 autres structures de cet album. Ici, c'est le piano qui est d'office. Son approche est teintée de nostalgie et dresse le chemin à une nappe de voix célestes et des arrangements pensés pour donner un peu de frisson dans le dos. Sobre et efficace dans son habit de down-tempo morphique orné de séduisants effets cosmiques et électroniques, Stardust ouvre nos oreilles à un album dont la muraille de sons est assez impressionnante avec des effets de distorsions qui maquillent une profondeur inouïe et un matraquage intensif de rythmes qui flirtent entre la musique de danse, du Techno galvanisé au plomb et du gros rock électronique qui laissent aucun répit à nos oreilles, sauf à deux endroits. Faraway Places étend une structure très près des effets disco des années 70. Le rythme est gondolant avec des oscillations lourdes et pleines d'effets de distorsions alors que le synthé étend une approche de mélodie latine, que l'on retrouve un peu partout dans cet album, tandis que le rythme évolue en mode rock électronique avec l'arrivée des percussions. Comme plusieurs titres dans SYNTHOLOGY, le rythme modifie perceptiblement sa cadence, sans jamais atteindre une phase ambiosphérique, alors que les arrangements et les harmonies s'échangent leurs légères différences sur d'assez longues structures tout en conservant leurs attraits. Lone Voyager propose des harmonies sculptées par un synthé qui possède cette vision du cinéma Français des années 70. Le rythme ondulant des séquences est harponné par de solides percussions électroniques. Gateway suit avec gros rock électronique et son croisement avec les structures nerveuses de la Synth-Pop Anglaise des années 80-90. C'est lourd et ça tapoche! En contrepartie les arrangements, et ces refrains qui se pointent plus tard sous formes de solos qui hésitent entre les fragrances de Jean-Michel Jarre ou Vangelis, sont tout simplement trop beaux et bons! Forgotten Memories arrive à point dans cette mer de rythmes, à exténuer les jambes et décoller les peintures des murs, avec un beau moment de détente envahie de mélancolie avec un piano aussi pénétrant que les arrangements.

Un moment de tendresse nécessaire puisque la route des rythmes reprend avec ce maillage de percussions et de séquences qui papillonnent avec des résonnances dans les ailes pour accueillir la structure très dansable de The Other Side. Des effets de disco futuriste ornent cette approche avec une solide ligne de basse qui vrombi avec aplomb et des filaments stroboscopiques qui ceinturent une structure portée par une multitude de riffs électroniques. Le piano et les arrangements sculptent une autre texture mélodieuse accrocheuse. Les harmonies du synthé prennent une teinte différente qui se retrouvent dans un autre rythme lourd et semi-lent avec Midnight Whispers. Sa ligne de basse veut manger du gros Funk cosmique alors que les percussions et les séquences, certaines mutent avec des tonalités organiques, siègent pour une approche de rock électronique très dansable. Les arrangements font aussi très disco des années 70 (Barry White) avec ce piano qui lance constamment des airs de romance cinématographique. Ces ingrédients se retrouvent dans The Lost World of Time qui reste un down-tempo très allumé avec des effets spectraux dans les harmonies du synthé. Shadows est un autre intermède fourni par un piano et des arrangements dessinés pour faire lever les poils des bras, surtout avec cette chorale de nymphettes astrales. Plus nerveux et plus en mode danse, Outer Rim justifie sa présence comme celle de The Other Side, alors que la pièce-titre oscille entre les arrangements de Midnight Whispers et ce rythme lourd et lent qui matraque nos oreilles depuis Gateway. Je n'ai aucune difficulté à croire que Transcension a été conçu à la même époque. Son rythme est autant énergivore que très entraînant, alors que The Search, plus harmonieux, est dans le moule des années 80-90 de la Synth-Pop.

Ce 2ième album de Jesper Sørensen est coulé dans la lourdeur et dans une agressivité dans les rythmes que se taper les 100 minutes consécutives relèvent d'un exploit personnel pour mes 60 ans! Les nombreux arrangements et les parties mélodieuses qui sont éparpillées avec des nuances sur chaque titre sauve la mise, sinon cet album deviendrait vite insupportable et sans âme. L'absence d'essence cosmique ambiosphérique (jamais j'aurais pensé écrire ça un jour) manque un peu à SYNTHOLOGY qui, je crois, a été conçu dans un esprit de rock électronique pur et dur. En fait, nous avons ici un album de party Rave pour amants de rock électronique pimenté, d'autre part, par de fortes essences de danse et de Synth-Pop.

Sylvain Lupari (14/08/18) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Jesper Sørensen Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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