• Sylvain Lupari

KELLER & SCHÖNWÄLDER: Noir (2003) (FR)

Updated: Feb 5, 2021

La magie de Noir vit dans l'évolution de ses trois mouvements qui devraient séduire les amateurs d'ambiances sombres

1 Movement One 25:45

2 Movement Two 29:03

3 Movement Three 10:43

4 Dédier À Papathanassiou E. Vangelis; Movement One 5:20

5 Dédier À Papathanassiou E. Vangelis; Movement Two 4:56

Manikin Records – MRCD 7066

(CD/DDL 75:47)

(Dark Ambient)

Un vent venant du vide souffle des poussières sur les premières secondes de Movement One. Il traverse un long corridor terrestre avant d'échouer sur les banquises du néant, là où tintent des carillons, cognent des percussions et grognent de longs riffs tortueux qui errent dans cette intro tissée dans le surnaturel. Des drones étalent leurs réverbérations et flottent auprès des voix de sirènes galactiques, des gazouillis électroniques et des serpentins cosmiques qui égrènent leurs tonalités et accords dans un intense mouvement en suspension. Doucement l'envolée atmosphérique de Movement One se prépare avec de belles vagues qui roulent dans une ambiance de plus en plus cosmique. Bienvenue dans NOIR! NOIR c'est le noir! C'est aussi le premier opus de Keller & Schönwälder dédicacé aux couleurs. Un album intensément atmosphérique. Une ode cosmique philarmonique à la Tomita (Kosmos) et Vangelis portée par des synthés qui troquent leurs solos pour d'intenses couches de violon morphiques.

Plus Movement One progresse et plus il s'enfonce dans une envoûtante symphonie cosmique avec des larmes de violon qui flottent et encerclent ces réverbérations devenues de plus en plus poétique. C'est une lente valse cérébrale qui chasse les peurs et berce l'âme d'une infinie tendresse jusqu'aux premiers balbutiements rythmiques de Movement Two. Mais le rythme de ce deuxième acte musical est constamment trappé par cette dense enveloppe atmosphérique qui entoure les deux premiers mouvements de NOIR. C'est un rythme statique forgé dans des gazouillis électroniques qui hoquètent et tournoient en une étrange spirale finement saccadé, comme un lent tourbillon en forme de staccato. Il virevolte dans ses sillons, amassant les tonalités et percussions diverses qui errent dans ces vents sans jamais chercher à amplifier sa mesure. Bien au contraire! Il se laisse prendre dans l'approche poétique d'un piano errant, de timides pulsations et un synthé aux sifflets de vagabonds traînant sa mélodie cosmique dans des vents aux souffles vocaux pour imploser d'une lente agonie stationnaire. Ces souffles deviennent de brume et de brouillard irisés avant de reconduire le titre dans son profond sommeil cosmique.

Movement Three continue cette réflexion sur NOIR entre les rythmes et ambiances, tel que proposé par les deux compagnons de route Allemand. Après deux longs titres ambiants et atmosphériques, Movement Three pénètre dans les sphères minimalistes du duo Berlinois avec un rythme léger et lent qui s'appuie sur les sobres et méthodiques percussions de Bas B. Broekhuis. C'est un titre processionnel avec des roulements de tambours et des cliquetis de cymbales éparpillés qui tintent parmi des souffles de trompettes angéliques claironnant dans des brumes éthérées. Épousant les structures rythmiques évolutives que le duo façonne à merveille depuis des années, Movement Three suit une courbe sautillante avec une belle ligne de piano de Detlev Keller, dessinant une douce mélodie qui s'achemine dans les brouillards réverbérants de Dédier À Papathanassiou E. Vangelis - Movement One. Un titre qui respire les ambiances de Noir-Movement One mais avec une approche fortement influencées du magicien Grec, notamment vers la finale qui est très mélodieuse. Dédier À Papathanassiou E. Vangelis - Movement Two nous amène dans les territoires très abstraits de Vangelis.

La magie de NOIR réside dans l'évolution de ses trois mouvements. D'atmosphérique et purement ambiant à des rythmes sautillant dans une envoûtante implosion statique, la musique se développe avec une approche rythmique minimaliste qui fait la marque de Keller & Schönwälder depuis 1996. Les synthés sont mielleux et dessinent des phases oniriques qui embellissent un album qui est bien plus qu'un simple album d'ambiances ténébreuses. C'est une ode orchestrale pour la noirceur spatiale qui nous rapproche autant de notre intérieur que du néant cosmique. C'est un must pour amateur d'ambiant NOIR!

Sylvain Lupari (02/06/07) *****

SynthSequences.com

Disponible on Manikin Bandcamp

118 views0 comments

Recent Posts

See All