• Sylvain Lupari

MARTIN STÜRTZER: Far Beyond the Stars (2020)

Far Beyond the Stars est un voyage à travers des paysages atmosphériques avec de bons rythmes ambiants de Berlin School cosmique

1 Hydra 5:58

2 Sanguine Moon 7:37

3 Pleiades 7:25

4 Starburst 8:16

5 Velocity 6:41

6 Radiation 5:50

7 Third Planet 4:52

8 Jupiter Cyclone 6:58

9 Pulsar 6:08

Exosphere Signature Series – 01

(DDL 59:46)

(Cosmic Rock, Berlin School)

Vous aimez les sons? Ces ambiances de vieux films de science-fiction? Ou encore, un musique pour accompagner des paysages du cosmos, de ses étoiles et ses planètes? Martin Stürtzer est un musicien qui se spécialise en MÉ de source analogue et modulaire et dont les chemins l'ont amené à flirter avec le Dub Techno et le Dark Ambient. Mieux connu sous le nom de Phelios, le musicien de Wuppertal en Allemagne livre un premier opus sur l'étiquette américaine Exosphere. FAR BEYOND THE STARS propose une toile atmosphérique où les 9 titres promènent le voyageur-auditeur à travers des paysages du cosmos sans fin où nos oreilles visitent ce que son âme ressent dans une masse sonore irradiante de ses vents sablonneux. Les rythmes restent lents avec une vision de la Berlin School bien ancrée dans leurs progressions contre des mistrals cosmiques nourris d'implosions et de réverbérations, ainsi que d'une légère teinte de Dark Ambient. Un premier rendez-vous avec l'univers de Martin Stürtzer dans une superbe production haute-définition de ce label qui étend de plus en plus ses tentacules, et avec raison, dans l'univers de la MÉ contemporaine.

On débute cette découverte avec une onde venant de l'Ouest qui attire un immense mugissement des vents. L'ouverture est typique au modèle Berlin School ambiant. L'onde devient une ombre menaçante et multiplie ses ombres chinoises sur une muraille où les graines de sables ont cet impact de moduler des chants, les faisant même siffler. Tranquillement, Hydra prend la forme d'une masse sonore ambiante qui s'évapore dans le vide interstellaire. C'est dès le début de Sanguine Moon qu'une forme rythmique prend vie avec des pulsations dont les échos créent sa principale ligne de rythme. Des arpèges se greffent, donnant une texture plus consistante à ce Berlin School lent et hypnotisant. D'autres arpèges virevoltent mollement afin de créer la principale ligne harmonique d'un titre qui épaissit sa texture atmosphérique à mesure que les secondes passes. C'est un beau Dub ambiant avec un zest de psybient. Un léger zest qui déborde sur Pleiades et qui est la principale matrice nourricière des 60 minutes de l'album. Même si j'ai bien aimé Sanguine Moon, Pleiades est le premier titre qui a vraiment attiré mon attention. Le rythme se débarrasse assez tôt de sa texture d'ambiances en secouant une ligne de ruades qui roulent avec une légère fluctuation ascensionnelle dans un modèle minimaliste. Ça me fait penser beaucoup à du vieux Plastikman avec les résonances de ces ruades qui façonnent une approche minimaliste dans une structure plus fluide et soutenu avec des accords éclatants comme des éléments percussifs. Starburst est un titre plus atmosphérique avec une ligne de réverbération qui étend ses particules sonores sur un rythme lent sautillant sournoisement dans les cercles rotatifs des arpèges cachés dans notre état d'hypnose. On retrouve ce genre de carrousel mélodieux un peu partout dans FAR BEYOND THE STARS.

Velocity nous arrive avec deux lignes de rythmes totalement différentes. Si une propose des arpèges qui sautillent dans une boule roulant jusqu'à se faire avaler par la deuxième, cette dernière présente un rythme lent structuré sur des basses pulsations caoutchouteuses qui résonnent avec un effet de succion. Le titre est enveloppé d'un immense voile de brume ocrée qui souffle avec force épisodiquement et dont le pic de violence se transforme en drones réverbérant. Si les premiers pas semblait lourd et ardu, la cadence devient plus fluide allant même avec une gradation rythmique. Et plus ça avance, et plus les ventouses irradient une masse de réverbération alors que le rythme atteint un niveau entraînant assez respectable pour un rythme ambiant. Il y a une tonalité organique qui va à merveille avec les murmures chthoniens de Velocity. Radiation est un titre d'ambiances où j'ai imaginé un volcan qui semblait s'éteindre en crachant ses dernières plaques de feu. C'est la lave que j'entends exploser et bouillir sur des nappes de synthé rongées par les radiations du magma en fusion. Third Planet prend vite avec une lente larme de son qui étire sa descente. Les effets percussifs et la chaleur analogue des brises sont les maîtres à bord. Ils sont aussi les témoins d'une rapide métamorphose du titre qui devient un bon down-tempo fusionné avec des effets sonores digne d'un bon psybient. Le rythme est comme ces coups du gorgotons que nous faisons claquer et qui prennent une teinte de basses pulsations. Il est constant avec des dizaines de petit-pas qui se promènent aléatoirement dans une vision arythmique tout à fait séduisante. Jupiter Cyclone est un titre aux ambiances aussi intenses que denses. La texture est compressée dans une masse sonore où tintent un débit séquencé de cloches qui roulent sur place. Des effets percussifs se massent en unité pour voltiger ici et là dans cette structure qui accroche plus nos sens en donnant plus de vitalité à cette masse sonore statique gorgée au maximum. Pulsar termine ce premier album de Martin Stürtzer avec un rythme ambiant structuré sur des carillons trappés dans une texture minimaliste. Une autre ligne de séquences sautillent avec une vision plus mélodieuse dans un univers gorgé d'implosions sourdes qui crachent des particules irisées, tandis qu'un effet d'ailes de gros bourdons métalliques va et vient en balayant les horizons avec une tonalité et son effet de saccades stroboscopiques.

Beaucoup de sons et énormément d'ambiances qui vont au-delà de notre perception sur les planètes, FAR BEYOND THE STARS est un voyage qui éveille la curiosité camouflée au fond de notre imagination. Nos yeux, bien attachés à nos oreilles, voient des paysages de planètes dont les poussières ocrées naissent de ces implosions atmosphériques que Martin Stürtzer met en musique avec tellement de réalisme, que j'ai eu de la poussière rouge dans mes narines. Un album atmosphérique certes, mais comme un Bon Berlin School cosmique avec des structures de rythmes qui étonnent autant que les textures d'ambiances. Moi? Je pars à la conquête de ce musicien Allemand et en débutant par la musique de Phelios

Sylvain Lupari (15/06/20) *****

SynthSequences.com

Disponible au Exosphere Bandcamp

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