• Sylvain Lupari

MICHAEL BRÜCKNER: Astronauts 2 - The Great 1994 Gravity Escape (FR)

“Il y a de la très bonne MÉ dans ce boitier 3CD qui va occoper vos oreilles pour une couple de jours”

CD1

1 Intro Heartbeat - Moon Version (Excerpt) 00:55

2 Wastelands 6:48

3 Leaving Ground 4:43

4 Centauri Bound (Excerpt) 4:23

5 A New Age - Part 1 (Excerpt) 3:29

6 Vathec 4:25

7 A Space Prophecy 9:52

8 I Encountered 9:14

9 No Signs of Life 4:36

10 Challenge 11:23

CD2

11 L'Etoile Inconnue 4:17

12 Inside the Endless Mind (Excerpt) 5:25

13 Flicker (2019 Short Mix) 6:20

14 Paradox Planet (Excerpt) 6:32

15 Delta Space 3:28

16 100 Million Miles Under the Stars 14:13

17 Escape to the Outer Moons (Excerpt) 6:38

18 S is for Space 13:04

CD3

19 Zodiak - Part 1 3:05

20 Zodiak - Part 2 8:53

21 Zodiak - Part 3 5:18

22 Zodiak - Part 4 4:12

23 Zodiak - Part 5 3:36

24 Zodiak - Part 6 3:09

25 Zodiak - Part 7 4:45

26 Zodiak - Part 8 6:27

27 Zodiak - Part 9 10:14

28 Zodiak - Part 10 8:53

Aural Films Music

(CD-r/DDL 2h58:27) (V.F.)

(Electronica, Space Rock, Berlin School)

L'exploration de l'Univers a été une grande inspiration pour plusieurs artistes de musique électronique depuis le début de l'ère spatiale jusqu'à nos jours. Aural Films, une belle petite compagnie de disque indépendante située à San Francisco en Californie, commémore le 50e anniversaire de l'atterrissage sur la Lune avec une nouvelle qui présente des collections d'artistes de MÉ du genre Space Music de par le monde. Astronauts 1 présentait le portfolio de Christian Fiesel, un artiste que j'ai découvert avec Hagen's Delight en 2017. Astronauts 3 vient tout juste de sortir et présente les visions musicales de Phrozenlight. ASTRONAUTS 2- The Great 1994 Gravity Escape est une brique de 3 heures avec la vision unique de Michael Brückner.

Trois heures de musique sur 3 CD! Les deux premiers sont des compilations provenant des premiers albums du musicien Allemand entre 1994 et 2017, soit de Earthed/Unearthed à un court extrait d'Escape to the Outer Moons de l'album Trees of Olivandá. Le plus beau est que chaque titre est lié dans un bon mastering et mixage réalisé par l'artiste Allemand. Et ce n'est pas parce que c'est écrit Space Music que c'est ambiant. À tout le moins pas ici!

Après la cinématographique et courte introduction de Intro Heartbeat - Moon Version, Wastelands glisse entre nos oreilles en sirotant l'intensité des 55 secondes de l'ouverture. Il n'y a pas deux minutes au compteur qu'un féroce rythme statique accroche une mélodie quasiment arabique provenant d'un synthé sifflotant un air de charmeur de serpents sur une structure bouillonnante de fureur. Renouant avec une courte phase ambiante, Wastelands revient avec cette structure de rythme qui tangue entre du Électronica légèrement psychédélique et du Space Rock malmené par un bon jeu de percussions électroniques. Si on aime le genre, A Space Prophecy est très réussi avec une structure qui réunit Software, au début, Pete Namlook et Jean-Michel Jarre. Un titre qui commande plus d'une écoute et que l'on trouve de plus en plus génial à chaque essai. Leaving Ground suit avec un rythme légèrement scintillant et une vision mélodique inspirée de la poésie musicale française. Les arrangements sont très beaux et épousent la démarche débonnaire du rythme. Centauri Bound (Excerpt) propose un rythme pulsatoire avec des effets de lecture morse dans les harmonies saccadées. Les violons d'Éros sont tendres et romantiques ici. En fait, le premier CD est une véritable boîte à surprises! Les rythmes ont différentes formes alors que les harmonies sont parfois évasives et pas trop évanescentes dans un décor où le cosmos est à bout d'oreilles. A New Age - Part 1 est le titre le plus tranquille avec une finale qui déborde sur l'insolent Vathec qui écorche les oreilles dans une faune sonore toujours très relevée. I Encountered épouse très bien la vision EDM de A Space Prophecy. Là aussi, ça m'a demandé plus d'une écoute. Un titre avec des effets de vocodeurs de science-fiction, No Signs of Life reste ancré dans la section Dance Music du future de ASTRONAUTS 2- The Great 1994 Gravity Escape qui s'étend aux limites de Challenge.

Nous effectuons un bond de six ans entre Challenge et L'Etoile Inconnue qui débute le deuxième CD avec une valse intergalactique qui devient un rythme bondissant dans un décor à la Walter Christian Rothe. Un bond de 6 ans, ça parait dans les tonalités et l'homogénéité à l'intérieur de chaque titre. Indécis, Inside the Endless Mind (Excerpt) se laisse aller entre les pulsations sans faim et les arpèges sans désirs, contrairement au très bon French School qu'est Flicker (2019 Short Mix). Ce titre qui fait très Jean-Michel Jarre en passant propose une structure vertigineuse avec des spirales horizontales qui virevoltent tout en étant percutée par des percussions savamment conçues. Paradox Planet (Excerpt) ondule plus dans un Berlin School aromatisé d'effets cosmiques. Delta Space ajoute une petite touche Techno à ce CD2 qui prend une tangente plus ambiante et cosmique avec le paisible 100 Million Miles Under the Stars où la flûte de Hannah Brückner, la fille de Michael, parfume nos oreilles d'une odeur de miel. La seconde partie devient un Berlin School avec un rythme circulaire. Le court extrait d'Escape to the Outer Moons va à ravir dans la progression rythmique de ce deuxième CD. Une vision ralentie et même atténuée avec S is for Space de l'album R is for Rocket and S is for Space réalisé en 2012. Comme quoi, MB boucle sa séquence temporelle! Constitué de matériel inédit improvisé en 2019 dans les studios du musicien-synthésiste Allemand, le troisième CD est la pièce de résistance de ce ASTRONAUTS 2- The Great 1994 Gravity Escape. Dans une mosaïque de près d'une heure, Michael Brückner propose une suite en 9 parties qui progresse entre des phases alambiquées, un brin psychédélique mais pas dans du psybient, et des moments de rêveries multidimensionnelles où des valses et des cha-cha cosmiques flirtent avec du pur Berlin School. À la limite de ce qui peut être inaccessible, MB n'hésite pas à plonger dans des phases plus complexes et plus progressives en sculptant des panoramas inspirés par Clara Mondshine, le superbe Zodiak Part 6, ou de l'Électronica, le même Part 6. Le Berlin School volète entre des moments cinématographiques parfois intenses, les parties 2 et 3, avant de nous amener dans une phase hypnotique vers une finale où le rythme pulsatoire flotte dans des saccades de violons. Excitant à entendre et très volubile au synthé, le Michael nous sort des solos très créatifs qui nous laisse les oreilles ouvertes de plaisir. Et ces structures sont recouvertes de miel sonique où la turbulence des percussions et des effets sonores ne briment en aucun moment la musicalité qui est majoritaire dans ce Zodiak qui m'a demandé plus d'une écoute et que je suis incapable de laisser depuis que je l'ai apprivoisé. Un très bon moment dans un coffret 3 CD qui va occuper vos oreilles pour une couple de jours.

Sylvain Lupari (10/12/19) *****

SynthSequences.com

Disponible au Aural Films Music

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