• Sylvain Lupari

MODULAR WHITE: Lemondream (2021) (FR)

Updated: May 8, 2021

Des rythmes frais et éclatants et des ambiances électroniques festives; un très bel album!

1 Lemon Paradise (Romerium) 6:48

2 Yuma Ponderosa Lemon

(Marc van Olden) 7:22

3 Salon d'Agrume

(Michel Bekkering) 16:40

4 Skybox (Manorlogic) 8:32

5 Lemon Dream (Romerium) 8:20

6 Making the Lemon Elixer

(Marc van Olden) 3:22

Groove nl GR10005

(CD-R/DDL 51:04)

(Chill Out, Lounge, Summer Music)

Ron Boots continu de piger dans sa Hollande afin de nous faire découvrir différentes facettes de cet unique modèle de MÉ du genre Berlin School développée dans une vision très progressive et très avant-gardiste aussi du genre Belgian School. ModularWhite est un dernier projet maison à traverser ses frontières pour se faire connaître plus à l'international par la portée commerciale du label Hollandais Groove nl. ModularWhite est le fruit de 4 musiciens hollandais effectuant un retour après plus de 10 ans d'absence. C'est sous le nom de White que la connexion s'est faite entre René Montfoort, aka Romerium, et Michel Bekkering le temps d'un album, Sailing Through Unknown Waters ‎vendu sous forme de CD-R en 2005. White devint ModularWhite en 2006 avec un premier album The Machine. Le duo devient alors un quatuor avec l'ajout des musiciens Marc van Olden et Norman van Krimpen mieux connu sous le nom de Manorlogic. Ensemble et/ou chacun de leur côté, la musique est acheminée à Romerium qui fait le mix final.

On regarde les couleurs estivales de la pochette et il ne faut pas être surpris si la musique emprunte un côté léger, assez accessible avec des rythmes aussi flamboyants que festifs. Nous connaissons un peu le style de Romerium qui est l'artiste le plus médiatisé du quatuor. Lemon Paradise infiltre nos oreilles avec une ligne de basse-séquences ravalant constamment son désir de liberté avec des accords élastiques et un synthé sonnant comme un clavecin fantôme. Une texture un brin funky s'empare alors de l'embryon qu'elle ramène dans une structure de rythme de gangs de ruelles. Un rythme de conquérants de quartiers avec les harmonies flottantes d'un synthé nasillard. C'est très entrainant avec de bonnes percussions et de judicieux effets percussifs. Lemon Dream épouse un peu cette texture de funk. Son rythme aussi coulissant qu'une couleuvre ondule paisiblement sur de bonnes percussions très entrainantes qui supportent une belle philosophie mélodique du clavier. Après ce solo de clavier, Romerium présente un bon solo de synthé suivi d'un fascinant solo de percussions, pour la plupart africaines. C'est la première fois que j'entends du Marc van Olden. Le son et la texture demande réflexion! Yuma Ponderosa Lemon est un titre au débit sec axé sur un bon jeu des percussions. Le départ est vif avec des percussions et des accords lumineux qui arrivent sèchement entre nos oreilles. Les percussions dominent avec des bons effets sonores. Et lorsque la musique dévie sur une vague d'oscillations harmonieuses, elle devient inondée par une attaque de percussions, d'effets percussifs et des effets organiques. Et lorsque les accords lunaires reviennent en seconde moitié, le délire percussif frappe avec une telle créativité que l'on redemande encore. Un très bon titre si on aime la magie des sons! Making the Lemon Elixer propose une structure hyper énervante avec une suite de pulsations séquencées dont le vif débit est soutenu par des percussions électroniques et autres effets, tant percussifs que sonores. Ça n'enlève rien à Yuma Ponderosa Lemon

Skybox de Manorlogic possède aussi cette vision frénétique du séquenceur et des percussions électroniques. Le débit est aussi sec que dans Making the Lemon Elixer, sauf que Norman van Krimpen réussi à insérer des pads qui coupent la frénésie percussive sur une longue structure divisée en deux et dont l'aspect musique d'arcade ainsi que la portion musique de danse sont des directions surprenantes pour un titre qui pousse constamment son évolution en gardant cet esprit de rythme festif. Du haut de ses presque 17 minutes, Salon d'Agrume de Michel Bekkering est le joyau de LEMONDREAM. C'est par un souffle humide venant de loin que la coquille ouvre. Mouillé ou cosmique, ce souffle devient une nappe dont l'effet saccadé fini par créer un mouvement répétitif qui va et vient comme deux bucherons se disputant une scie sur un arbre. Murmures et arpèges tintant font partis de ce décor musical qui prend une autre direction quelques 20 secondes après la 3ième minute. Cette fois, des arpèges hésitent à confronter des ombres qui sont sur le même pas. C'est un genre de funk ambiant avec des effets sonores qui arrivent en renfort alors que tranquillement, la vraie nature de Salon d'Agrume prend forme. Ceux qui se souviennent de l'album Transfer Station Blue de Klaus Schulze avec les frères Kevin et Michael Shrieve seront en terrain connu, notamment sur le titre Approach Spiral avec un débit plus lunaire ici.

Des rythmes frais et éclatés dans des ambiances festives électroniques, LEMONDREAM est un très bel album par ModularWhite qui devrait tenir la route pour vos partys estivaux. La musique est rafraichissante, même dans ses phases plus laborieuses, alliant ainsi les particularités de la MÉ à la liberté expressionniste des rythmes sans frontières.

Sylvain Lupari (28/04/21) ***¾**

SynthSequences.com

Disponible chez Groove nl

174 views0 comments

Recent Posts

See All