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  • Sylvain Lupari

REMY: Planet of the ARPS (2019) (FR)

Updated: Jul 29, 2019

“Un rythme lent qui grandit jusqu'à ce que vous deveniez fou et qui explose comme les meilleurs moments de DSOTM! C'est probablement le meilleur album de 2019 que nous avons ici”

1 Beneath the Planet of the Arps 24:25

2 Escape from Planet of the Arps 5:29

3 Conquest of the Planet of the Arps 15:33

4 Battle for the Planet of the Arps 15:25

Remy Music (CD/DDL 60:53)

(New Berlin School, EDM ambiant)

Composé autour de 2010, PLANET OF THE ARPS était un titre ambiant d'une soixantaine de minutes. Peu convaincu du résultat, Remy demandait à Spyra de retravailler cette première esquisse. Des problèmes de disponibilité de la part des 2 artistes ont mis le projet sur glace. Invité à se produire au Zeiss Planetarium à Bochum, Allemagne, en 2012, Remy décidait d'interpréter PLANET OF THE ARPS dans son intégrité. Deux ans plus tard, il organisait l'évènement Chill at the Castle et invitait Spyra à présenter son album Staub. L'occasion faisant le larron, les deux musiciens interprétaient une version écourtée à 20 minutes avec la présence de Roksana Vikaluk aux voix. Et après toutes ces années, le musicien-synthésiste Néerlandais effectuait un mixage des performances en concert, des répétitions et des 60 minutes originales en début 2019. Le résultat se retrouve dans les 61 minutes de l'album. Et note pour note, tonalité pour tonalité et ambiances pour ambiances! Même Klaus Schulze n'en fait plus! Si vous ne le saviez pas encore, Remy est le seul successeur de Klaus Schulze, notamment pour sa période 85-95. Et après des œuvres colossales, dont la plupart méritent une note parfaite, voilà que le musicien de Ijmuiden (Pays-Bas) nous balance sa concrétisation avec ce superbe PLANET OF THE ARPS. Et là je vous vois sourire… Planet of the Arps=Planet of the Apes. Mais c'est plus qu'une simple corrélation avec la saga de Pierre Boule. Arps pour l'astronome Halton Arp et son Atlas of Peculiar Galaxies qui recensait près de 350 galaxies au tournant des années 70. Et Arps aussi pour Alan R. Pearlman et son légendaire synthétiseurs ARP. Vous voyez un peu où va Remy! Et si je vous disais que nous avons probablement ici le possible meilleur album de 2019! Intrigant n'est-ce pas? Venez jeter une oreille avec moi…

Une nappe d'orgue ouvre les ambiances de PLANET OF THE ARPS. Dès la fin de son impulsion, une autre nappe se colle aussitôt, ne laissant aucune miette de son au vide. Ces élans successifs forgent un tissu sonore qui augmente sa vélocité, plus dans le niveau intensité que rythmique. Les éléments d'ambiances qui ornent l'introduction de Beneath the Planet of the Arps dégagent toujours ces essences d'éveil pour insomniaque sur le bord de la paranoïa. Des nappes de synthé et des effets électroniques se greffent à cette lente procession dont les effets vocaux sont ni plus ni moins ces camarades de la schizophrénie. Tranquillement, Beneath the Planet of the Arps avance vers le sommet de ses 24 minutes. La marche est laborieuse avec un tissu musical qui s'imprègne constamment de nouvelles essences. Pas de séquences, ni de percussions! Seulement les impulsions des nappes d'orgue forgent une apparence de rythme latent qui, minute après minute, affiche plus de vigueur. La gradation de l'intensité est moins dominante par endroit, mais on sent que ça va débloquer. Le noyau est trop explosif, même autour des 13 minutes.

Des cliquetis et des effets vocaux viennent hanter ces ambiances, grossissant constamment le noyau musical dont le point d'ébullition appelle à l'explosion. Mais toujours en infiltrant les secondes avec un nouveau seuil d'intensité, Remy et ses acolytes proposent un mouvement ambiant d'une étonnante efficacité mijotant soigneusement le prochain éléments d'intensité à ajouter. Ces ambiances atteignent un seuil critique avec des effets de dialogue entre synthés et avec l'arrivée des percussions et des effets percussifs. La 21ième minute sonne l'appel pour un bon gros groove sous les astres. Le rythme est fusionnel avec ses percussions aux tonalités élastiques et une approche de danse lascive et les uniques incantations de Roksana qui nous plongent dans du tribal psybient. Le ton et l'intensité redescendent d’un cran avec l'ouverture de Escape from Planet of the Arps. Le moment est donc idéal pour arroser les ambiances de très bons solos de synthé sur ce titre qui attachera le rythme lent de Beneath the Planet of the Arps au monstrueux funk de Conquest of the Planet of the Arps.

Petite parenthèse appropriée ici. Remy précise que PLANET OF THE ARPS n'est pas un album solo, mais plutôt un projet de collaboration qui devrait être dans la même lignée que celui de Namlook et Schulze dans Dark Side of the Moog. Et là je vois bien plus une corrélation à faire avec l’évolution musicale de ce premier opus de Remy, Spyra et Roksanna que la série des 5 films inspirés du roman de Pierre Boulle. Conquest of the Planet of the Arps est un superbe titre où les éléments de la Netherlands School, des nuits d'insomnies de Remy et de la EDM de Spyra convergent dans un grand titre qui sort de sa coquille d'ambiances avec un beat très hop'n'go. Les percussions résonnent comme du bois électrique et pétillent comme des frappes de dactylo amplifiées démesurément. Des strates de violon s'adapte à des staccato alors que le décor, j'entends même des voix et dialogues, reste d'une incroyable richesse et ne laisse toujours aucune miette de sons au néant. Moi je comparerais cette œuvre au splendide DSOTM 9. Un pur joyau! Et ça continue avec l'approche plus Berlin School de Battle for the Planet of the Arps. La voix de Roksanna domine son introduction. Les percussions et les basses pulsations soutiennent le cadre principal d'un rythme toujours vivant mais qui cherche une porte de sortie, alors que les séquences papillonnent avec des courbes dans leurs rotations ascensionnelles. Cette explosion rythmique qui flirte avec les 25 minutes trouve son apaisement dans les nappes morphiques qui finissent par avoir raison d'un superbe album sans failles. Comment en peut-il être autrement avec autant de talent et deux des meilleurs musiciens-synthésistes que l'on compare sans cesse à Klaus Schulze. Un incontournable et possiblement le meilleur opus de 2019!

Sylvain Lupari (21/06/19) *****

SynthSequences.com

Disponible sur le site Bandcamp de Remy

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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