• Sylvain Lupari

RICHARD BONE: Infinite Plastic Creation (2007) (FR)

C'est un album assez personnel qui transcende les territoires du Berlin School pour plonger dans les douceurs du New Age sur des beats tribaux

1 Ryder Adrift (2:52)

2 Elastic Sahara (4:56)

3 Imperial Glide (5:34)

4 Kharmacom (4:44)

5 Toward Amitaf (5:21)

6 Where Stars Await You (6:19)

7 (You Are) Essence of Diamond (6:32)

8 Momentary Flux (2:04)

9 The Last Soul of Sophia Sinn (6:23)

10 Father of Pearl (6:22)

11 Indiga, Once Again (8:42)

Richard Bone Music

(CD/DDL 60:16)

(Tribal ambient, New Age)

Il arrive dans la vie où nous avons besoin de douceur et de tendresse. Et c'est à ces instants que l'on remarque le vrai du faux. Sans être une MÉ totalement pure, style Berlin School ou progressive, INFINITE PLASTIC CREATION est un album intensément intelligent et immensément poétique. Et pourtant, j'avais le sourire narquois en lisant la fiche descriptive de ce dernier opus de Richard Bone; il y aura des pièces de musique qui hanteront l'auditeur. Combien vrai est cette citation. Délivrant ses émotions retenus sur Serene Lives of Microbes, Richard Bone offre 11 titres, tous aussi savoureux les uns des autres, avec une dévotion libératrice. Comme si l'auteur tirait un trait sur un douloureux passage de sa vie.

Ryder Adrift fait parti des titres où l'ambiant flirte avec l'émotion à fleur de peau. De délicates notes flottent sur des sombres modulations qui qui sont teintées d'éclats sonores translucides dans une brume légèrement vaporeuse. De tels mouvements, bourrés d'une émotion éclatée, se retrouvent aussi sur le très beau Imperial Glide, un titre d'une dense mélancolie, Kharmacom avec ses envoûtantes modulations synthétisées qui se détachent en boucles hypnotiques et la pièce de fermeture Indiga, Once Again où les sombres intonations s'entrelacent à un piano rêveur et un synthé aux souffles blessés. Richard Bone explore intelligemment les beautés d'un monde tribal aux harmonies enchanteresses. Comme sur Toward Amitaf, Elastic Sahara et Father of Pearl où les flûtes tribales éveillent une nature aux aguets. Les rythmes deviennent plus aérés avec de fines percussions séquencées, majoritairement des échantillonnages de percussions tribales africaines, et de lointains pipeaux qui s'harmonisent à des beaux arrangements orchestraux qui cernent et enserrent des rythmes ethniques. Where Stars Await you est d'une sensibilité crevante. Le rythme est doux et tangue sur un synthé au souffle lunaire qui parcourt une route étoilée d'harmonies vaporeuses qui flottent au-dessus des douces réverbérations. Un titre pour dormir, rêver et même pleurer! Avec son beat à la soft techno et son piano qui s'y love avec un acharnement mélodieux, (You Are) Essence of Diamond est une perle qui accroche instantanément, tout en faisant courir les poils sur nos bras. Un synthé langoureux survole le mouvement, installant ses souffles violonés qui sont d'une langoureuse approche amante comme les caresses d'une bien-aimée. Un titre aux arrangements d'une subtilité monstre où les chœurs lancinants se mêlent à des orchestrations bétonnées. Après un Momentary Flux très ambiant, The Last Soul of Sophia Sinn renoue avec cette lourdeur spécifique qui surplombe INFINITE PLASTIC CREATION. Le rythme est mou, mais invitant avec une touche incoercible qui attire les sens, sur des notes aérées qui se perdent dans un synthé aux ailes moulantes.

Richard Bone soumet une œuvre des plus personnelle qui transcende les territoires d'une MÉ de Berlin School pour embrasser les douces nuances d'un New Age sur des rythmes tribaux d'une tribu d'esseulés. À la croisé d'un Steve Roach et d'un Vangelis, INFINITE PLASTIC CREATION est un opus qui s'entend avec toute l'émotion d'un passage tourmenté et qui, effectivement, vous hantera pour quelques heures.

Sylvain Lupari (06/09/07) *****

SynthSequences.com

Disponible au mkmk.com

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