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  • Sylvain Lupari

SENSITIVE CHAOS: Walking a Beautiful World (2018) (FR)

“Riche et créatif sous tous ses aspects, Walking a Beautiful World est un beau carnet de voyage en sons et en tons”

1 Dreaming Helsinki Esplanadi    (Walking a Beautiful World) 6:58 2 Missing Viejo 7:13     

3 Jomo Jet Lag 1:14 4 Bad Ass Nairobi Land Rover 6:35 5 Rain Falls Down Like an Ocean in the Sky 8:01 6 Gift Hill Respite 1:00 7 Takeshita Street vs. the Jeepney 6:41 8 Mercado San Telmo 4:31 9 Spirits Between Bourbon and Royal 5:01 10 Hypnotica Muríca 10:22

11 Last Day Song (World Walking

Again) 5:10 12 Rain Falls Down Like an Ocean in the Sky (Radio Edit) 7:04 Subsequent Records|SR008-02

(CD 69:44) (Electronic Folk)

Avec le temps, j'ai fini par devenir un inconditionnel de Sensitive Chaos.

Pourtant, ce projet de Jim Combs est à des années-lumière du modèle Berlin School, même si elle est construite essentiellement autour des synthétiseurs et des boîtes à rythmes. Mélangés adéquatement à des instruments plus conventionnels, tels que guitares et basse, et à des instruments acoustiques tels que trompette, harmonica, saxophone et violon, cette musique électronique atteint un autre niveau qui devient encore plus étonnant lorsque les styles ciblés vont du Jazz à du Folk avec une touche du Sud-Ouest américain. En fait, c'est le côté très éclectique du modèle de la Pacific School mais avec une vision plus enjouée où des parfums de Robert Rich et Forrest Fang traînent mélancolie et créativité au-delà de ce que l'on pourrait imaginer. WALKING A BEAUTIFUL WORLD est un 9ième album et surtout un journal de voyage en sons et en tons que Jim Combs a effectué autour du globe ces dernières années. Inspiré par des rencontres avec des habitants de la Finlande et de l'Europe, de même que de l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Asie et finalement chez lui dans la région d'Atlanta, le troubadour sonique aux milles idées revient avec un album aussi étonnant que son long voyage. Et son immense brochette d'artistes invités donne autant de couleurs que d'émotivité à un splendide album immensément musical.

Cette tonalité si cristalline à Sensitive Chaos fend le silence avec des arpèges hésitants qui se connectent à un autre clavier et à un ruisselet d'arpèges électroniques suspendu et qui miroite à la dérive. L'enveloppe électronique étend son emprise constituée de charmes et de surprises avec des percussions dont les galops acoustiques courent afin de soutenir les harmonies chinoises du violon de Josie Quick. Léger et entraînant, Dreaming Helsinki Esplanadi (Walking a Beautiful World) propose le travail de trois synthétistes (Jim Combs, Tony Gerber et Otso Pakarinen) qui font la cour, en présentant divers tonalités d'instruments à vents, à un violon qui sait habilement doser ses émotions. Missing Viejo est un premier coup de cœur avec un rythme bien structuré sur un beau travail de percussions. Les ingrédients électroniques et acoustiques se fondent en une masse sonore très musicale où la trompette de Dave Coustan fait très Mark Isham. On tape du pied, la basse est très bonne aussi, et on apprécie ce maillage d'instruments électroniques et acoustiques qui se perdent dans notre imagination. Est-ce un synthé? Un saxophone? Un violon? Tous cohabitant avec une symbiose des plus mélodieuses. Les effets électroniques de Jomo Jet Lag se jettent dans Bad Ass Nairobi Land Rover et dont la route ambiosphérique aboutira vers un fascinant Southern Rock très bucolique. Chaque album de Sensitive Chaos possède sa perle. Rain Falls Down Like an Ocean in the Sky est celle de WALKING A BEAUTIFUL WORLD. Une superbe ballade dans une texture musicale pleine de rebondissements, au niveau émotion, où tous les instruments convergent vers un séduisant Folk électronique.

Gift Hill Respite propose une introduction très éthérée à Takeshita Street vs. the Jeepney. Et fuyant une romance sonique montée sur un lit de carillons, ce titre propose une structure spasmodique forgée avec des arpèges rythmiques et de percussions tantôt sobres et tantôt animées d'un désir de faire exploser une proposition rythmique qui alourdit sa profondeur avec la bonne basse de Ryan Taylor. Sa guitare éparpille aussi ses rêveries, plus présentes que le discret violon, sur cet étroit maillage qui coule comme un ruisselet de transe clanique. Étonnement convaincant et très accrocheur! Mercado San Telmo est un autre hymne de fête où une rue de la Nouvelle-Orléans se décore de musique festive. Le violon et le saxophone soprano de Brian Good s'en donnent à cœur joie sur une structure purement électronique où les accords et les riffs de synthé jouent avec notre ouïe comme les pas incertain d'un chat un peu saoul. Spirits Between Bourbon and Royal est un titre étonnant qui nous fait penser à du bon Beck. Le mélange de Funk et de Folk, avec des riffs de guitare assez cosmique, rayonne ici d'un esthétisme sonore aussi complexe que très séduisant. La basse est plus vicieuse que la collection de riffs saccadés de la guitare. Hypnotica Muríca est un titre étrange, un peu comme une musique sans identité, qui pourrait être aussi bien produite par Beck ou par Brian Eno dans Nerve Net. La musique est riche et l'esthétisme tonal font bien paraître mes Tribe Tower. Funk et Southern Rock, avec une approche de défoulement collectif, le rythme sautille avec des croassements de basse et une série de riffs très acides qui forgent un tempo saccadé et bipolaire. Une voix d'homme et de petite fille ornent un panorama très près du psychédélique sans frontières avec des effets sonores qui abondent autour du violon qui émiette des airs patriotiques américains et une guitare très rock ancien aussi fougueuse que dans les années 70. Sur une structure de rythme circulaire qui trépigne de cent pas fous, et qui revient en boucles, Last Day Song (World Walking Again) offre une ritournelle mélodieuse avec un synthé très créatif au niveau de son choix de flûte. C'est du Sensitive Chaos de ce qu'on connaît le mieux avec une approche de tornade minimaliste qui avale tous les sons sur son passage. Quand je vous disais que Rain Falls Down Like an Ocean in the Sky est la perle de cet album…La gang à Jim Combs en a même fait une version pour la radio. Une façon comme une autre d'entendre ce splendide titre deux fois plutôt qu'une et qui est tiré d'un WALKING A BEAUTIFUL WORLD riche et créatif à tous les niveaux. Un superbe album mon cher Jim!

Sylvain Lupari (21/05/18) ****¼* SynthSequences.com Disponible au Sensitive Chaos

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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