• Sylvain Lupari

SENSORY++: Art of Sadness (2017) (FR)

“Parfait!”

1 Turbulent Feelings 12:40 2 Melancholia 16:27 3 Just Breathe 8:55 4 Fading 7:52 5 Silent Tears 12:52 6 Final Thought 11:44 Wool-E Tapes | WED015

(CD/DDL 70:34) (VF) (Cosmic EM and Berlin School)

Quelle trouvaille mes amis! Mais quel trouvaille! Des nappes de synthé aux parfums de voix éplorées et de grande tristesse infiltre mes oreilles dès que la structure ambiante et très éthérée de Turbulent Feelings accoste le lobe de mes oreilles. Près de 4 minutes plus loin, une porte astrale s'ouvre et laisse entrer différentes formes d'éléments d'ambiances neurasthéniques, dont des nappes de voix qui nous rentrent dans le nœud de nos émotions, tandis qu'un délicat mouvement oscillatoire du séquenceur libère un rythme fantôme trappé dans une nuée de bourdonnements. Un effet de ressac refoule ces ambiances qui deviennent plus musicales et moins rembrunies, donnant naissance à des lignes de synthé qui élaborent de longs solos remplies de nostalgie. Cosmique à la Jean-Michel Jarre ou ambiant a la Klaus Schulze, Turbulent Feelings dérive entre nos oreilles avec cette particularité qui fait des œuvres touchantes et troublantes des vaisseaux atteignent les limites de notre âme. Il y a définitivement quelque chose au niveau MÉ qui se passe en Belgique et le label Wool-E Discs y est définitivement pour quelque chose. Ce label qui nous a récemment donné des œuvres percutantes de BySenses, Owan et Galactic Underground récidive avec un autre brillant album de Sensory++ cette fois-ci, ART OF SADNESS. Ce deuxième opus du musicien Belge Joost Egelie est une brillante ode à la tristesse construite sur les bases de cette musique électronique qui bourrait nos oreilles d'émotions dans les belles années analogues.

Melancholia suit avec des poussières d'étoiles qui se laissent porter par des brises astrales. Ces vagues qui enveloppent mes oreilles, de même que les effets d'ambiances, éveillent de vieux souvenirs où la toute nouvelle musique de Jean-Michel Jarre heurtait mes oreilles béates. Une vive oscillation palpite dans ce décor d'ondes flottantes, créant un rythme circulaire qui passe d'une oreille à l'autre. Un pur délice! Tant au niveau des ambiances que des effets, cette introduction est un pur délice. Joost Egelie empile ces nappes volées au temps en ajoutant encore plus d'effets dans ce gigantesque environnement cosmique où maintenant errent 4 petites séquences rotatives. Les oscillations vont de douces à agressives alors que le synthé fait barrir d'étranges nappes qui se métamorphosent en chants adorateurs. Émiettant ses quelques 17 minutes avec un souci pour le détail et la précision des sons, Melancholia stigmatise son rythme ambiant tout en ajoutant des strates d'intensité qui font courir nos poils du dos et des bras. Intense et mirifique, le piano de sa finale résonne encore dans mes oreilles! Nous ne sommes pas à bout de nos surprises avec ce superbe mouvement du séquenceur dans Just Breathe où le rythme sautille comme s'il mettait le bout de sa note dans un étang sonore glacé. Ce rythme sautille comme un nœud de séquences qui se défait pour poursuivre un chemin plus cohérent avec des ions qui sautillent avec une telle délicatesse hypnotique dans des nappes de brumes et de voix gonflées à l'éther. Le son et les ambiances sont tout simplement top notch! Fading est un titre ambiant bourré d'effets sonores qui éclatent sur des lignes de synthé flottant dans des vapeurs opalescentes. Des accords de piano électrique ouvre la sieste mélancolique de Silent Tears. Des nappes de violons brumeux recouvrent cette toute petite aubade nocturne qui flottent entre mes deux oreilles tandis que des parfums d'un saxophone morose sont soufflé du bout des doigts de Joost Egelie. Les harmonies sont mélancoliques. Une vive pulsation émane entre les denses multi couches de synthé qui ne peuvent contenir cette nostalgie peinte par un synthé qui la courtise pourtant avec de beaux solos. Le mouvement linéaire se transforme en une autre délicieuse structure de rythme ambiant qui traverse mes haut-parleurs et recouvrent l'espace de ma salle d'écoute avec une marche circulaire alors que les voix s'arrachent de ces ambiances afin de tisser une chorale séraphique. Parce qu'il faut que cela se termine, Final Thought repart le compteur des rythmes séquencés de ART OF SADNESS à zéro pour offrir un 12 minutes méditatives tracé par des vents, des vrombissements aériens, des nappes de voix endeuillées et un Mellotron mythique. C'est comme quitter un univers enchanté où l'esthétisme sonore, le détail dans les tonalités et cette intelligente balance entre les rythmes hypnotiques et les ambiances parfumées de tendresse et de désespoir ainsi que ce voyage mélancolique à travers les âges font de ART OF SADNESS un incontournable pour les amateurs de MÉ de style cosmique et de Berlin School des années 70. Bon de A à Z! Et la pochette digipack de ce CD offert en pressage original de 300 exemplaires explique encore plus en détail les motivations de Joost Egelie et de son dernier album.

Sylvain Lupari (02/04/18) *****

SynthSequences.com

Disponible au Wool-E Discs Bandcamp

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