• Sylvain Lupari

SKOULAMAN: Deepminds (2020) (FR)

C'est un très bel album qui devrait plaire aux aficionados de Berlin School qui ne mérite pas de végéter en format téléchargeable

1 Deepminds 8:55

2 Shades of Oceanblue 8:04

3 Four is more Chill Out 11:52

4 Mytilini Intermission 10:56

5 Polymood 12:36

6 Four is More 11:44

7 Unpaved Roads 8:56

Skoulaman Music

(DDL 73:03) (Berlin School)

Une toute nouvelle composition, la pièce-titre offre une ouverture vaporeuses où les brumes spectrales s'écartent pour faire entendre un clavier détacher les notes de sa nostalgie. La brume étire les cordes de son violon, alors que le synthé lance flotter ces chants que l'on croyait de brumes. Une ligne de basse étend son lit de réverbérations dans ce décor sombre et ambiant jusqu'à ces sautillements d'arpèges séquencés, qui tintent comme un cadran sans temps, s'élèvent de cette brume d'éther pour danser mollement. Comme des plumes argentées roulant en boucles sur une mince allée encadrée, elles forment ce rythme ambiant où la brume et l'argent unissent leurs teintes dans une enveloppe argentée. Une seconde ligne de basse projette des vagues rythmiques, donnant un léger tonus à une structure que l'on entendra asses souvent sur DEEPMINDS. Quel bel album mes amis! Pour son 7ième album, Skoulaman a décidé de garder les choses simples. Revenir à la base! Pour assembler son dernier album, Hans Van Kroonenburg a ramassé 4 titres que l'on pouvait voir sur YouTube depuis 2016. Deepminds, Mytilini Intermission et l'excellent Polymood ont été composé en 2019. Le fils de Skoulaman, Rik van Kroonenburg vient effectuer son apparition coutumier en torturant sa six-cordes sur Mytilini Intermission. La seule déception de DEEPMINDS qui reste cependant un excellent album. Un album qui nous ensorcèle avec ces ossatures de lignes de rythmes qui sont majoritairement conçues à partir de ces rythmes ambiants et flottants de Klaus Schulze. Et ses années Body Love à Mirage inspirent un univers d'enchantement avec des croisements avec la vision onirique de Kitaro et celle un peu plus rock de Tangerine Dream avec en prime un clin d'œil au England School et de fabuleux solos de synthé…comme à la belle époque!

Shades of Oceanblue s'élève avec des brises de brouillard sombres. Des modulations dans les ambiances poussent la musique jusqu'au clavier qui fait tinter ses accords dans cet oisif de sérénité truqué. Tout semble brouillon dans cette ouverture qui peu à peu dégage une mélodie circulaire aux saveurs orientales qui tournoie comme une séquence minimaliste dans un décor où les feuilles en verre tintent sous les vents azurés. Ce concerto de carillons est contourné par ces séquences qui montent et montent sans atteindre aucun plafond, comme ces siestes rythmiques minimalistes de Klaus Schulze dont la chorale de voix absentes fredonnent ces vers sans sens dans ce décor où Kitaro ne serait pas perdu d'y jouer. Les introductions nébuleuses à la Klaus Schulze sont légion ici et Four is more Chill Out doit aussi s'y faire. Par la suite, c'est la danse très musicale de divers arpèges et séquences chatoyants. Ces deux éléments sautillent et scintillent dans un long tube sans fin, alors que tout autour s’organise ce concept Chill-Out avec une bonne ligne de basse molle et des percussions sobres qui sont appuyées par des effets percussifs, dont des crotales résonnant comme des claquettes de bois. Un très bon titre qui laisse ses traces rythmiques imprimées entre nos deux oreilles pour quelques heures.

Qu'est-ce qui ne va pas avec Mytilini Intermission? Je dirais probablement le son de la guitare qui semble manquer d'oxygène! Le mouvement de rythme est typique à Skoulaman et surtout aux ambiances de l'album. Conforme à ce que le duo père et fils ont créé depuis Andros Awakenings, la guitare se fait entendre par une présence discrète. Éparpillant ces accords ici et là, elle devient confiante en tissant des toiles de riffs qui commencent à mugirent quelques tours de séquences rythmiques plus loin. Le Berlin School paisible devient une essence pour du rock progressif dont la guitare devient rageuse. Et puis elle fond en un blues, et finalement en un souvenir éthéré. Le problème est que la guitare ne resplendit pas et que sa partition semble être tamisée par rapport à la musique. Ça m'a fait l'effet d'un bootleg où la partie du guitariste est enregistrées de loin. Mais peu importe, la guitare semble très loin…Mais on oublie tout ça lorsque Polymood se développe entre nos oreilles. Voilà un excellent Berlin School avec une vision plus rock. Skoulaman continue d'exploiter ces structures de séquenceur à la Schulze des années Body Love, mais avec un débit plus sec et rapide, donnant ainsi un aspect nerveux et spasmodique à Polymood. Une tonalité organique à infiltrée le séquenceur qui revêt un caractère organique, un peu comme dans le style développé par Steve Roach avec Skeleton Keys. Et ces deux rencontres temporelles donnent une merveilleuse texture musicale aux 12 minutes où Skoulaman déjoue nos oreilles avec une discrète guitare cosmique et ses solos de synthé dans un décor lunaire avec des étoiles qui pétillent et tintent sèchement. Four is More est la première partie de Four is More Chill Out. Unpaved Roads est un autre très bon rock électronique, plus England School cette fois, où les visions de Under the Dome et Airsculpture s'affrontent dans un furieux rock cosmique orné de superbes solos de synthé.

Un bel album, offert seulement en téléchargement, DEEPMINDS devrait plaire assurément aux fans de Skoulaman ainsi qu'aux aficionados du genre Berlin School vintage. Un album qui ne mérite pas de végéter sur une plateforme de téléchargement d'ailleurs…

Sylvain Lupari (12/06/20) *****

SynthSequences.com

Disponible au Skoulaman Bandcamp

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