• Sylvain Lupari

SPYRA: 0B41H (2011) (FR)

Le titre dit tout; Zero Beat For An Hour! Et oui, il n'y a aucun battement pour 59:58

1 Maurice Theme 2:24

2 Consciousless 16:30

3 Treysa II 11:35

4 Wale Im Bergwerk 2:13

5 Orange Toad 6:17

6 Eric Theme 5:22

7 Helium Soft 2:30

8 Die Blinden 13:09

Ricochet Dream rd064

(CD 59:58)

(Ambient Music)

Toujours aussi imprévisible Spyra nous offre une œuvre planante où de tendres couches de synthé romanesques fusionnent à des strates plus éclectiques, caustiques et métalliques dans un univers musical hybride. Un univers façonné de multiples couches d'un synthé qui se vêt de sonorités de violons, violoncelles et flûtes dans de structures musicales absents de rythmes et séquences mais muent par de subtiles pulsations et oscillations tout autant mélancolique que colérique. 0B41H (Zero Beat for an Hour) est un montage de titres ambiants composés entre 1993 et 1999 et que Spyra a remixé pour en faire une longue pièce en 8 volets où les envolées synthétisées sont, tantôt moulées dans des axes symphoniques et/ou cosmiques. Je pense que c'est un bel album aussi envoûtant que dérangeant où Spyra étale toute sa bipolarité conceptuelle et qui s.écoute comme on respire la fraîcheur nocturne. Mais, comme bien des œuvres de Ricochet Dream, 0B41H est offert en édition limitée de 300 copies dans un beau format digipack.

Maurice Theme débute cette œuvre aux paradoxes bien sentis avec une approche très orchestrale. Des violons flottent et s’enlacent avec une fragile émotivité pour valser lentement dans un cosmos sombre. Un roulement de tambour symphonique en brise la douceur, comme une lourde vague cosmique qui frappe le récif d’une planète écorchée, projetant les douces lames synthétisées de Maurice Theme dans l’intro du très clastique Consciousless qui présente un départ parsemé de sonorités éclectiques aiguës et d’impulsions galactiques. On y perçoit les rouages et bruits d’un moteur de vaisseau spatial parmi un tintamarre de sonorités caustiques et métalliques qui déchirent le silence des astres. Une intro riche en sonorités bigarrées qui finit par s’assagir pour offrir une quiétude atmosphérique comme dans une forme d’inconscience sonore où de délicates strates retrouvent une douceur tout en flottant à la dérive avec de doux souffles de synthé qui parfument l’ambiance de sonorités de saxophone, hautbois et violoncelle tout en croisant leurs accords chimérique sous les astres et étoiles et divers tintements. D'étranges tintements qui résonnent autant sous de douces strates que sur des éléments sonores disparates avant de finir leurs résonances dans de langoureuses nappes philharmoniques. Treysa II poursuit cette ode cosmique avec de doux élans de synthé orchestraux qui embrassent les stridulations de criquets d’un autre univers et de fines frappes de xylophones qui résonnent sous les érosions des ondoyantes strates métalliques. Deux univers parallèles qui se chevauchent, l’un dans une déli