• Sylvain Lupari

ANDY PICKFORD: Vanguard 2 (2016) (FR)

“Ai-je aimé Vanguard 2? Tellement que mon idée est faite! Je dois creuser l'univers de M. Pickford!”

1 Dreamrider 7:38 2 Deep Blue Horizon 6:25 3 Release 6:44 4 Look Into Your Heart 5:50 5 North Eagle 12:13 6 Teardrop Serenade 5:35 7 Slide Rules 4:52 8 Wish U 5:47 9 Meltwater 9:22 10 Break 6:35 AD Music | AD167

(CD/DDL 71:02) (England School, Synth-Pop & Electronica)

Comment expliquer le phénomène Andy Pickford? L'homme est issu de cette classe de musiciens anglais qui, au début des années 80, ont ériger les structures du style England School. Et 3 de ces disciples soniques (Mark Shreeve, Ian Boddy et Mr Pickford) partirent exploiter différents sentiers de la MÉ contemporaine. Si l'un donnait dans du England School noir et pesant, l'autre touchait ce même style avec un zest de créativité dans le genre Électronica. Quand à Andy Pickford, il traversait carrément les limites en touchant à ces deux styles tout en exploitant la variable Synth-Pop mélodieuse. Et quelques 17 ans plus tard après Lughnasad, paru en 1998, Andy Pickford, non sans avoir apposer sa griffe avec Binar et Spank the Dark Monkey, effectuait un retour en force avec Vanguard 1. La réponse du public fut immédiate; Vanguard 1 allait devenir l'un des bons vendeurs pour l'étiquette AD Music. Et comment expliquer le phénomène? Disons que je n'ai jamais été un fan jusqu'à ce que mes oreilles croisent ce Vanguard 1. De plus, l'excellent Flying Over Me, que l'on retrouve sur la compilation E-Scape 2016, est une véritable bombe d'émotions qui m'a totalement traversé. Le phénomène est que d'un artiste que je trouvais totalement inintéressant a fini par m'intéresser au plus haut point, me donnant plus d'une dizaine d'albums à explorer au cours des prochains mois...

Dreamrider débute avec une voix féminine qui articule avec difficulté dans un haut-parleur déréglé. Une ligne de pulsation étend une série d'ions compulsifs qui bondissent vivement. Des effets électroniques, on dirait des voix de spectres, ornent ce mouvement de rythme frénétique qui s'enrichit de tsitt-tsitt métalliques dont le courant électrique appartient à des rythmes de danse. Une autre ligne de séquences fait scintiller des séquences en mode harmonique alors que des orchestrations jettent un voile arabique à Dreamrider qui est un solide rock électronique aussi harmonique qu'entraînant. Ça démarre bien! Et comme dans Vanguard 1, les 10 titres de VANGUARD 2 sont soudés en une longue mosaïque de 71 minutes où les phases de la MÉ s'entrecroisent sous toutes ses formes. Deep Blue Horizon s'arrime avec des effets de voix dissoutes qui flottent comme des gaz d'éther. La première partie de Deep Blue Horizon est forgée dans les nébulosités avec ces voix qui flottent entre deux sphères avant que des percussions dérangent ces ambiances pour forger un lent tempo nappé de belles orchestrations dans le genre Magical Mystery Tour des Beatles. Si l'on est aux portes de la méditation, Release nous frappe de plein fouet avec un mouvement de transe hyper actif. Les séquences et percussions bouillonnent dans des spirales de rythme hautement pulsatoire chargé d'effets de danse et transe des années Orbital ou Prodigy. Les neurones sont essoufflés? Look Into Your Heart remet les pendules à zéro avec une très belle et délicate ballade. Des séquences bien limpides, avec un zest de flûte, tissent une ligne d'harmonie spiralée qui tournoie dans un effet stroboscopique ralenti par un dense voile d'arrangements garni de voix fantôme. L'effet fait très Halloween, le thème du film, mais dans une enveloppe plus éthérée.

On s'enfonce de plus en plus dans les charmes Andy Pickford avec le très séduisant North Eagle. Le plus long titre de VANGUARD 2 propose des ambiances tribales du sud des États-Unis avec une structure qui offre un délicat crescendo et dont la subtile évolution est pimentée par de superbes effets de guitare acoustique et par une voix Elfique qui chantonne et murmure dans des harmonies de flûtes par moments assez aiguës. On est subjugué à la première écoute et on ne voit jamais les minutes passées. Teardrop Serenade reste un peu dans le genre Western avec une très belle ballade ornée d'effets et d'arrangements assez cinématographiques qui iraient très bien avec certaines musiques d'Ennio Morricone. Le rythme est délicatement pulsatoire et la mélodie du synthé est aussi ensorcelante que Flying Over Me, effets de guitare acoustique en plus. On a des larmes accrochées sur le contour de notre âme. Et ça continu avec Slide Rules qui offre une structure de Jazz lunaire avec des étoiles qui scintillent et chantent sur les lentes rondeurs d'une très belle ligne de basse. Wish U empiète un peu sur les ambiances de Slide Rules avec un genre de chant lancé du haut d'un minaret. On pense poursuivre sur cette lignée de musique tranquille amorcée par Look Into Your Heart qu'une ligne de basses séquences rampantes et que des percussions assez enlevantes soulèvent une autre ligne de séquences plus en mode mélodie tournoyant dans un effet stroboscopique. Le rythme est lent mais aussi entraînant que lourd avec de somptueux arrangements du genre Arabe et Moyen-Orient. Après une introduction de plus de 2 minutes décorée de bruits paradisiaques, Meltwater accoste nos oreilles avec un très bon down-tempo monté sur de délicieux effets de percussions dont l'écho en forme de ressort d'arbalète est aussi séduisant que cette mélodie vampirique tissée par des effets de synthé qui ondulent à la pleine lune. Des filaments stroboscopiques et de solides percussions établissent les assises d'un rythme lourd, lent et très subjuguant alors que les arrangements amènent la portion harmonie à un autre niveau. Du bon Andy Pickford qui démontre son habilité à surfer sur les modèles England School, la Synth-Pop et l'Électronica. "Break" s'arrime à merveille avec Meltwater. On peut même avancer que c'est son grand frère tellement la structure lourde mais lente est son équivalence. Le synthé est par contre très différent avec des solos très aigus qui sonnent comme une guitare torturée par des doigts magiques et des brises forgées dans l'émotivité tandis que lourde la ligne de basse travaille un down-tempo plus sensuel et que les percussions claquent comme des souvenirs effacés de Jean Michel Jarre, faisant de Break et Meltwater des catalyseurs afin de remettre VANGUARD 2 sa position de départ et même nous préparer pour le tout premier Vanguard. Voilà le phénomène Andy Pickford! Et il parait que Vanguard serait une trilogie et que le 3ième volet est déjà dans les coffres d'AD Music.

Sylvain Lupari (16/06/16) *****

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