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  • Writer's pictureSylvain Lupari

Parallax-5 Sonic Awakening (2023) (FR)

Un album pour aficionados de rythmes fracturés et d'oscillations cadencées

1 Regeneration 5:18

2 Nekrit Expanse 7:32

3 Afterimage 6:36

4 The Visitor 5:58

5 Elogium 5:56

6 The Broken Link 7:48

7 Resurrection 7:36

8 AR-558 8:02

(DDL 54:46)

(Electronica Psybient)

Synphaera Records bat à la mesure de ses excellentes parutions qui flirtent entre l'ambiant, ténébreux comme cosmique, le psybient, le psychill, la IDM et la Berlin School. Établit sur la Côte Ouest étasunienne, le label de Chris Bryant exploite une sonorité contemporaine qui est à la grandeur de cet état où le 4ième art vogue allègrement vers des frontières encore inconnues. Au-delà de ces parutions, le label californien réussit à dénicher de nouveaux talents qui démontrent des perspectives tout aussi florissantes pour son sous-label Exosphere. Je pense entres autres à Stellarium, dont le majestueux Pillars of Light flotte encore dans mes souvenirs, et à un artiste comme Martin Stürtzer qui se promène sur les 2 labels tout en faisant les délices des amateurs de Berlin School cosmique depuis une couple d'années. Cette fois-ci, c'est au tour de Parallax-5 de lancer son opération séduction. Ce projet de Behrang Hakami, qui admet avoir été fortement influencé par la musique des labels californiens, propose une Électronica qui marine dans le psybient et une musique électronique (MÉ) futuriste. SONIC AWAKENING porte assez bien son nom, puisqu'on y dort pas! Les rythmes sont tapageurs avec une fusion de percussions électroniques et de basses séquences pulsatrices, et vivent sur le principe de stop'n'go. Des à-coups rythmiques qui fondent leurs férocités dans des passages atmosphériques empruntés au futur. Ce ne sont pas les seuls éléments récurrents de l'album puisque le nouvel artiste de Synphaera aime aussi exploiter des lignes d'oscillations propulsées par de l'électricité électronique vrombissante, ainsi que des envolées d'arpèges qui tracent les paysages mouvants de murmurations électroniques. Ce n'est pas vraiment ma tasse de thé, mais j'y ai découvert quelques trucs intéressants…

Les chants d'une chorale de cyborgs et une envolée d'arpèges grégaires sont à l'origine de Regeneration. Une ombre de basse résonne lourdement. Des arpèges cadencés font miroiter leurs échos alors que le synthé tisse une mélodie à l'élocution maladive. Cette ouverture flirte avec les 80 secondes et est représentative des panoramas sonores des autres titres de SONIC AWAKENING. Le rythme prend forme avec un maillage entre une ligne oscillatrice et des percussions caoutchouteuses dont le débit arythmique structure up tempo fracturé par des à-coups. Le flux harmonique de la vague d'oscillations roucoule à vitesse variable, évitant toute synchronisation avec la mélodie du clavier, qui aime aussi lancer des pépiements, et les élans des percussions. Les expressions oscillatrices, tant rythmiques qu'harmonies, ont la cote dans cet album et sont à l'origine de Nekrit Expanse qui s'extirpe d'une tempête de brises industrielles. Des éléments percussifs courent comme des pas perdus et la basse étend toujours son noir vélum de réverbérations grondantes. Le rythme est plus saccadé ici, on dirait du breakdance performé par des robots humanoïdes. Les lignes de mélodies aussi, quoique certaines s'évadent de façon aléatoire, et la musique est cernée par de séduisants éléments percussifs organiques. Le principe stop'n'go s'applique dans cette structure qui emprunte de courts passages atmosphériques remplis de petites bêtes qui grignotent le fond de nos tympans. L'écho de certains cliquetis et les mugissements industriels sur un fond de basse rampante sont aussi des éléments récurrents qui donnent une imposante dimension sonore aux 8 chapitres de ce premier album de Parallax-5. Afterimage est un autre titre évolutif avec un rythme en transit qui vit sur des basses pulsations séquencées. Sa lente ouverture nous fait entendre l'embryon de sa mélodie soufflée en boucle par un synthé plus musical qu'expérimental. Le rythme va et vient entre ses phases atmosphériques riches de ses couleurs cosmiques. Là où des nappes de voix dérivent et que les arc sonores se défont en filaments de soie aux couleurs pastel astrales. Entre les oscillations en série, de petites créatures grignotent nos tympans comme des frappes de dactylo en folie. Lorsque soutenu, le rythme devient un solide up-tempo appuyé par un bon matraquage des percussions mais surtout picoré par des séduisants cliquetis organiques.

L'ouverture très éthérée de The Visitor flirte même avec une vision New Age. Son début est lent, quasiment onirique avec des poussières d'arpèges qui flottent à la dérive. Les coups résonnants des percussions, les danses oscillatrices du séquenceur et les cliquetis d'élytres de métal sont à la base d'un rythme plus soutenu ici qu'ailleurs. Il n'y a pas de à-coups. Il y a 2 courts passages atmosphériques plutôt séraphiques. Et le rythme garde son up tempo sans fractures. Elogium profite aussi d'une ouverture éthérée pour se diriger vers un downtempo qui vit dans une flore organique remplit de ces cliquetis de dents affamés et d'arpèges en suspension. La musique exploite de belles orchestrations qui valsent dans cet univers mi-organique et mi-cybernétique. Les boucles mélodieuses roucoulent sous des formes oscillatrices propres aux dimensions de l'album. Un beau titre plus musical ici qu'ailleurs dans ce SONIC AWAKENING. Percussions et pulsations sourdes qui cognent et se taisent, The Broken Link décolle avec une structure de rythme indécise. Du rythme majoritairement pour les neurones. Genre on peut y danser mollement, même taper du pied dans le vide, comme flotter entre deux sphères. La membrane de la basse étend un linceul de résonnances qui rampe avec une vision vampirique, ancrant solidement le rythme dans son illusion rythme versus non-rythme. Le titre est traversé par des nuées d'arpèges qui épousent des mouvements de murmuration électronique. Resurrection est un autre downtempo, très bon en passant, dans une facture sonore organique et futuriste qui est à la dimension de Solar Fields et de Carbon Based Lifeforms. AR-558 termine cet album en beauté. Ses oscillations de la ligne de basse sont lourdes, pesantes et guident principalement une structure de rythme qui dépasse les cadres du rock électronique. Ça roule tellement qu'on a l'impression d'entendre les instruments manqués de souffle! Behrang Hakami y insère des ululements de spectres très efficaces, des jets de brume et des effets d'écho cadencé. Le jeu des percussions y est plus soutenu. Bref, un sapré bon titre que j'aimerais bien voir exploiter un peu plus de Parallax-5. Mais au final, comment ne pas aimer une musique qui déborde de partout? C'est le panorama de SONIC AWAKENING, un album pour aficionados de rythmes fracturés et d'oscillations cadencées dans une flore sonore psybient organique et futuriste.

Sylvain Lupari (14/11/23) ***½**

Disponible au Synphaera Records Bandcamp

(NB: Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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