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  • Sylvain Lupari

ASCENDANT: Meridian (2016) (FR)

Semblable, mais beaucoup plus calme, que Particle Horizon, cet album propose des doux tempos par une très bonne utilisation des séquenceurs

1 Landfall 8:02 2 Unearth 8:15 3 Reactive Light 8:37 4 Liquid Memory 8:21 5 Frozen Clouds 11:50 6 Sub-Orbital Forest 6:50 7 Arcology 9:01 8 Solar Invocation 13:33 9 Meridian 6:26 10 The Age of Earth and Stone 6:00

Synphaera Records | SYN02

(DDL 86:57) (Soft & ambient EM)

Ma première exploration de l'univers d'Ascendant avait été une belle petite révélation. Particle Horizon abondait de différentes vies rythmiques animées par un bel utilisation du séquenceur. J'avais donc hâte d'entendre ce MERIDIAN qui est sorti en 2 éditions. Celle-ci date de Juin 2016 et offre près de 90 minutes de ces rythmes fluides qui coulent paisiblement dans un décor flirtant plus avec les maints avantages du psybient que celui de la MÉ éthérée avec une vision New Age. Mais on peut affirmer sans se tromper qu'Ascendant sillonne fort bien ces deux extrêmes. MERIDIAN est une œuvre à saveur philosophique cosmique qui tente de mettre en musique les différentes évolutions de notre univers. Si cette histoire mérite sa portée musicale, nos oreilles la méritent tout autant en autant que de bons écouteurs les emmitouflent afin de ne rien échapper des fabuleux contes du duo Chris Bryant/Don Tyler. L'esthétisme sonore est au rendez-vous dans son enveloppe de 24 BITS et les différentes formes de rythme respirent au travers une opaque onde de sons soigneusement tissée par des synthétiseurs dont l'imagination du duo Américain font travailler au maximum. La légion de fans qui suivent les activités d'Ascendant confirme la talent des deux musiciens qui nous en mettent plein les oreilles dans un album qui renaîtra sous une nouvelle forme à la fin 2018 avec Meridian EX. Mais avant…

Landfall débute cette nouvelle exploration avec un mouvement d'oscillations circulaires. Des effets sonores, qui réveillent ma curiosité de gamin alors que j'écoutais l'émission Voyage au fond des Mers, éclatent ici et là et leurs effets visqueux résonnent dans le mouvement hypnotique du rythme ambiant. Une lourde nappe de basse recouvre ce panorama rythmique stationnaire d'un obscur voile de psybient qui prend tout son sens avec la multiplication des effets sonores. La masse sonore est très dense. Et c'est dans ce contexte velléitaire que les séquences, toujours présentes mais plutôt discrètes, vibrionnent plus rapidement que des nappes de brume orchestrale ondoient dans un paysage lunaire. Des séquences sautillantes exécutent un ballet statique avec un vif mouvement d'alternance entre chaque ion, poussant Landfall à dériver dans un vacarme d'effets toujours plus riche et concluant que le rythme. Unearth suit cette tangente de rythme pulsatoire plus vif pour les neurones que les pieds, voire même les doigts. Le jeu du séquenceur, qui dribble vivement ses ions, rappelle les bons moments de Particle Horizon. La masse de brume étend ses voiles orchestraux qui font dériver la musique dans un sanctuaire méditatif cosmique, et ce même si les multiples boucles oscillatrices vrillent en perpétuelles boucles kaléidoscopiques avec quelques nuances dans son mouvement hypnotique. Nous sommes toujours dans la portion des rythmes doux de cet album lorsque Reactive Light s'accroche à nos oreilles. L'enveloppe fait plus Tangerine Dream ici qu'ailleurs dans MERIDIAN avec une masse compacte de brume éthérée et de lignes de synthé aux couleurs d'un bleu azuré d'où s'extirpe des cliquetis percussifs. Le séquenceur libère des ions qui gambadent doucement dans ces nappes de brume et des rayons circulaires de synthé qui traîne les chants d'une chorale de voix célestes. Ce mouvement est très mélodieux avec une approche à la dérive qui monte et descends dans un paysage rempli de ouate cosmique. Frozen Clouds est moulé dans un moule similaire, mais dans un univers plus ambiant. Liquid Memory est un titre rempli d'intenses arrangements électroniques qui fragmente son intensité par de multiples poussières cosmiques et des nappes de radiations. Une ligne de séquences, fortes en tonalité de quartz, fait alterner vivement ses ions qui sautillent dans les effets de réverbérations d'une onde circulaire qui balaie un horizon pas trop certain de ses origines. Sub-Orbital Forest est un autre titre très charmeur avec son mouvement ascendant du séquenceur dont le rythme ambiant est confortablement imbibé de nappe et de ligne de synthé dont la fusion pourrait même faire dormir Morphée. Je mets ça pour m'endormir! Les accords percussifs dans l'introduction de Arcology font sursauter! On dirait des tintements de cloches d'un peuple d'extra-terrestres, surtout avec l'effet de langage organique qui se colle aux ambiances. Le mouvement du séquenceur est toujours séduisant avec des riffs saccadés qui tissent le premier rythme véritablement entraînant dans MERIDIAN. Celui de Solar Invocation n'est pas mal non plus avec un autre mouvement d'alternance dans les ions du séquenceur. Ses accords sautillement vivement dans un dense noyau de réverbérations et de drones lugubres qui conviendrait assez bien à une musique de film. Et je verrais bien un film de science-fiction. L'ossature du séquenceur revient timidement pour reprendre plus de vigueur avant de disparaître complètement dans ce mélange d'ambiances plus sombres qu'éthérées. La pièce-titre se nourrit de ces ambiances, alors que The Age of Earth and Stone conclut MERIDIAN avec un autre figure de rythme ambiant, dont le séquenceur fait très TD dans le style Green Desert, et des effets percussifs qui tintent et résonnent dans une vision de psybient qui est très présent dans l'univers de MERIDIAN et d'Ascendant.

Sylvain Lupari 08/04/19 ***¾**

SynthSequences.com

Disponible au Ascendant Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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