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  • Sylvain Lupari

ASCENDANT: Particle Horizon (2017) (FR)

“Particle Horizon est un excellent album qui ravira les fans des structures de séquences à la Chris Franke, et des visions musicales des bandes sonores de TD”

1 Luminescence 8:24 2 Gateway Aura 6:08 3 Edge of the Infinite 7:11 4 Zero-Crossing 5:58 5 Twilight Gap 6:02 6 Gardens of Light 7:19 7 Radiance 7:43 8 The Age of Acceleration 8:05 9 Taking the Void 8:37 10 The Particle Horizon 8:16 Synphaera Records | SYN10 (CD/DDL 73:44)

(New Berlin School)

Un duo de Los Angeles composé de Chris Bryant et de Don C. Tyler, on a pu entendre une de leurs compositions (Black Flowers) dans la compilation Greenosophy Chapter II du label Ultimae Records, Ascendant possède un solide background dans l'univers de la musique électronique. Les 2 musiciens sont impliqués dans divers projets, soit en tant que musiciens ou à différents niveaux de production. PARTICLE HORIZON est un 3ième album sur Synphaera Records, un label américain qui semble offrir de très belles productions inspirées par le Berlin School ou le rock cosmique ambiant. Deux genres qui sont au cœur de cet album dont les 10 titres coulent en suivant cette vision de rythme ambiant, et surtout très mélodieux, qui sont principalement animé par des multilignes de séquenceurs de Black Flowers. D'entrée de jeu, je vous dis que j'ai adoré cet album! Complexe, mais pas trop, et harmonieuse, sans verser dans le New Age facile, la musique de cet album est assez facile à apprivoiser. Complexe puisque le modèle de rythme proposé est structuré sur des formules de centipèdes rythmiques qui se défont afin de former des groupuscules plus harmoniques, lorsque pas alambiqués, et qui s'enchevêtrent dans un univers tonal qu'Ascendant orne d'essaims d'arpèges cristallins qui tintent et pétillent dans le sillon de ces rythmes. Des effets cosmiques, des stries d'étoiles filantes ainsi que des effets percussifs et des lignes de basses rampantes insufflent un léger brin des fantaisies de l'univers psybient, et de ses dérivés de rythmes flottants, dans d'intrigantes carcasses de sons et d'effets sonores. Luminescence ne perd pas de temps pour nous montrer de quoi seront constituées les 74 minutes de PARTICLE HORIZON. Un essaim d'arpèges échappe à l'ascension d'une nappe anesthésiante, libérant une mélodie rythmique stigmatisée dans le vol d'une libellule. Une autre mélodie émerge. Cette fois-ci plus envahissante, elle épouse l'ombre du rythme avec de beaux roucoulements et autres chants paradisiaques roulant en boucles. Une ligne de basse ajoute un poids dramatique à cette ouverture, de même que ces effets de percussions étouffés dans du prisme, nous rappelant que l'univers du psybient respire encore dans les manœuvres d'Ascendant. C'est à ce moment que le séquenceur libère une masse compacte d'ions séquencés qui sautillent sur place avec une incroyable précision sonore. Un petit passage ambiant et le titre respire de nouveau sur une structure rythmique plus vive mais toujours retenue dans un état stationnaire. Ce qui saute en premier est cette promiscuité musicale et tonale entre le duo de Los Angeles et un certain trio Allemand qui a tracé les paramètres d'une MÉ du style Berlin School plus harmonieuse à la fin des années 80. Ajouté à cela ces lignes de basse rampantes avec une vision psybient éduquée dans le moule Ultimae Records et nous avons un truc rafraîchissant qui séduit de titre en titre. Gateway Aura suit avec une intro tout aussi nébuleuse où traînent d'oblongs riffs agonisants aux couleurs acariâtres de Tangerine Dream. On ne passera pas à côté! Les ressemblances sont trop évidentes et tellement abondantes que de ne pas en parler nuirait à ma crédibilité. Il n'y a pas juste ces éléments d'ambiances qui y correspondent, les rythmes aussi. Celui de Gateway Aura galope dans le cosmos avec de fines nuances dans les couleurs et les oscillations, tissant en fait un ver-d'oreille avec sa propension harmonique. Rampante comme un serpent plein de vices, la ligne de basse fait son job en faisant dévier le premier axe de rythme vers une autre phase plus vive de par l'amoncellement d'une armada de séquences dont le but est de structurer un rythme ambiant légèrement amovible. On se promène ici entre Firestarter et Wavelength. Et je dirais la même chose de Edge of the Infinite qui débute en émiettent des accords flânant dans un désert protéiné des vitamines tonales de Tangerine Dream. La structure de rythme coule tout en subdivisant son noyau qui s'amarre à de sobres pulsations, donnant ainsi une approche un peu plus du genre rock cosmique. La couleur des tons ainsi que l'esthétisme sonore, la grande force de PARTICLE HORIZON rendent ce titre particulier qui refuse tout compromis harmonique. Zero-Crossing s'appuie sur le mouvement sphéroïdal du séquenceur afin de construire une approche rythmique qui reste le principal attrait harmonieux de ce titre envahit par une masse de sons de jeu vidéo. Twilight Gap est un titre plus en mode ambiances avec des filaments de rythmes séquencés qui déboulent une grande muraille pleine d'obstacles, comme un centipède sonique et ses étranges zigzags qui vont et viennent avec fascination. Parlant fascination, Gardens of Light est un le titre le plus facile à assimiler dans cet album. Les ambiances et les jérémiades des étoiles à la Wavelength sur un lit de séquences nerveuses, sautant avec une captivante cohésion dans le tumulte agité, sont des éléments tisseurs de démangeaisons musicales. Plus près des racines d'un psybient cosmique, Radiance propose aussi cette structure où les pattes de canards gigotent frénétiquement alors que le palmipède garde son flegme passif. Si on aime les séquences qui se décarcassent le ton sur un convoyeur auquel il manque un coche, dites-vous que The Age of Acceleration respecte le sens de son titre avec des lignes accélérées d'un rythme qui respire la passivité du psybient avec ces percussions feutrées et cette lourde ligne de basse qui envahit l'écoute. Un léger point de comparaison peut se faire avec les roucoulements mélodieux de Luminescence. Taking the Void convoitise ce convoyeur mais dans une approche axée sur la vitesse. Je dirais qu'à ce stade-ci, les rythmes clignotants comme des billes de verre dans chaque membrane d'un centipède peuvent devenir des éléments agressants. C'est pour cette raison qu'il faut recentrer nos oreilles sur le décor cosmique très illuminé de PARTICLE HORIZON. Outre cette brume lunaire et son rideau de bruine céleste, les étoiles chantent et les astres se pointent sous différentes formes tonales dans le panorama sonore des 74 minutes de ce 3ième album d'Ascendant. Le duo américain peaufine à merveille cette fusion entre le rock cosmique et ces éléments sonores qui flirtent avec les frontières plus contemporaines de son décor. Comme ce rythme franc et si bien dessiné de la pièce-titre qui est un pur Berlin School, sans les harmonies et solos de synthé. Un grand absent de cet album qui plaira assurément aux amateurs de structures construites plus autour des séquenceurs que des synthés et de leurs solos, quoique leurs effets soient aussi omniprésents. J'ai bien aimé découvrir la musique d'Ascendant. Tant que j'ai demandé le dernier album Meridian. L'esthétisme sonore et musical sont de haut niveau et j'ai adoré le jeu des séquenceurs et des essaims rythmiques qui se subdivisent afin de créer des mouvements rythmiques parallèles qui roulent à différentes vitesses tout en aiguisant des rythmes mélodiques qui coulent et roulent dans un décor lunaire que l'on peut associer à la musique de Wavelength, ou à d'autres bandes sonores de Tangerine Dream, je pense à Firestarter ou Flashpoint. Des fois j'aime penser que Chris Bryant et de Don C. Tyler ont fréquenté l'École Chris Franke tant les ressemblances sont évidentes. Une belle découverte! Sylvain Lupari 11/01/19 ***** SynthSequences.com Disponible chez Synphaera Records Bandcamp

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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