• Sylvain Lupari

AXESS: Fusion (2010) (FR)

Un gros coup de cœur avec 50 minutes de MÉ remplies de rebondissements

1 Speed of Light 8:19

2 Fusion 13:37

3 Pictures 16:30

4 Nefilim 11:12

5 Schwerelos 7:56

6 Under A Starry Sky 11:57

SMCD8011

(CD/DLL 69:34)

(New Berlin School)

Plus d'un an après le superbe Voices of Dawn, Axel Stupplich revient encore charmer nos oreilles avec FUSION, un album où les rythmes ambivalents se greffent à des structures hydrides. Si certains titres sont sans équivoque (Speed of Light et Schwerelos), les autres titres évoluent dans une ambiance où le rythme est latent, telles de lentes implosions solaires, avec des séquences fébriles et sauvages qui nourrissent des canevas musicaux aux antipodes de leurs structures cadencées. Un album où Axess étale tant son côté romanesque que cosmique et mélancolique, en passant par son petit côté techno et upbeat sans jamais renier ses racines Berlin School. Bref un album de tous les goûts et pour tous les goûts.

Une onde sombre n'a pas finie d'onduler que déjà une nuée de séquences frénétiques s'abat sur le très énergique Speed of Light. Un titre à couper le souffle avec son éventail de séquences aux accords multipliés et diversifiés qui s'entrechoquent dans une puissante structure rythmique où des percussions électroniques et des ondes torsadées frappent et résonnent, ajoutant ainsi une lourdeur à une vitesse qui dépasse la lumière de la bonne vieille MÉ allemande. Entre la techno frénétique et le speed upbeat, Axel Stupplich dépose de douces nappes de mellotron éthérées et créé des solos de synthé, tantôt suaves et tantôt stridents, nous rappelant ses racines de la Berlin School. Fusion, la pièce-titre, est le calme après la tempête! Poétique et langoureusement hypnotique son rythme est un Chill progressif évoluant sur de bonnes frappes de percussions, des pulsations de bass drum ainsi que des séquences à la fois modérées et frénétiques. Un amalgame rythmique enveloppé d'une splendide ligne de synthé qui subdivise ses nappes, et leurs errances, dans une chaleureuse harmonie éthérée. Un doux mellotron couvre cette cadence, parfois douce et parfois tempétueuse, comme une lascive valse onirique ou un fin boléro à la fois émouvant et dramatique. Des croassements d'oiseaux cosmiques surplombent le cosmos noir de Pictures et son intro autant sidérurgique que cosmique. Ténébreux le mouvement valse maladroitement, effleurant même une ambiance légèrement angoissante, avec une sombre ligne de synthé aux réverbérations ondoyantes d'où s'échappent chuchotements, embryons linéaires, cerceaux métalliques et percussions papillonnées qui tissent une structure bizarrement hachurée. Un étrange et lent maelström sonore se dissipe graduellement pour laisser entendre un fin mouvement séquencé qui zigzague en ascension de ses accords hésitants sous des piaffements de synthé. Une fine ligne de synthé ondule et ulule, comme une menace fantôme, sur cette structure ambivalente d'où les premières morsures de la guitare de Maxxess se font entendre avec des riffs qui surgissent vers la 7ième minute. Ils épousent à merveille cette structure hésitante qui prend son envol avec des ailes mellotronnées et de fines percussions. Pictures épouse alors un mouvement suave et langoureux où de superbes et divins solos de guitare survolent des nappes de mellotron célestes et de délicats souffles flûtés pour s’enchevêtrer dans une douce rêverie cosmique. Un très beau titre teinté d’un romanesque magnétique.

Nefilim est bâtie un peu sur le même moule que Pictures, guitare en moins. Un étrange grognement circulaire en ouvre l'intro, telle une machine qui tranquillement se met en marche, sous un prisme sonore scintillant. Une fine pulsation dessine une sobre marche ceinturée d'un superbe synthé aux nappes très poignantes et aux solos spectraux qui ondulent sous une nuée de séquences. Des séquences qui dansent et sautillent fébrilement, rappelant l'univers de Software tout en illuminant Nefilim d'une beauté onirique, alors que les percussions façonnent un rythme lent tempéré par un synthé aux solos mélancoliques. Splendide, Nefilim est déchiré dans son évolution avec des percussions qui cherchent à faire exploser le rythme. Un rythme mielleusement captif de ses séquences qui tourbillonnent sans jamais vouloir sortir de son couloir rythmique et de ce synthé aux solos si suaves, coulant telles des larmes de sons. Un très beau titre, tout comme Pictures et Fusion. Schwerelos offre une belle structure groovy dont les prémices sont une belle ligne de basse, des accords de claviers un peu funky et de bonnes percussions qui sculptent un rythme soutenu et saccadé, nappé de belles strates brumeuses. Simple et efficace, Schwerelos colle à l'oreille instantanément, comme Speed of Light mais sans son mordant éruptif. La force de FUSION réside dans ses titres aux atmosphères ambigus où le rythme reste complètement captif des synthés lyriques. À cet égard, si Fusion, Pictures et Nefilim vous ont charmés, attendez d'entendre Under a Starry Sky. Des souffles de sarbacane chimériques déchirent une intro aussi cosmique qu'atmosphérique avant qu'une superbe ligne de rythme aux accords qui sautillent et ondulent n'éveillent ce très beau Under A Starry Sky. Et là, un superbe synthé berce nos oreilles d'un nectar musical où solos et nappes mélodieuses dansent sous un merveilleux carrousel de séquences tout aussi eurythmique. Les séquences gambadent avec de fines percussions, donnant à Under A Starry Sky un rythme doux et suave qui tournoie comme un ensorcèlement onirique avant de se blottir dans le creux d'un superbe refrain musical digne des grands moments de Vangelis. Un très beau titre qui fait dresser les poils sur les bras et qui fait fondre les moments de nostalgie en fines larmes de délivrance.

Il reste peu à écrire après un titre comme Under A Starry Sky et ses innombrables strates de synthé mellotronné qui berce les étoiles tout en nous enivrant d’une douceur onirique, sauf que ce titre dépeint toute l'ambiance autant nostalgique, mélodieuse et étonnement rythmée qui entoure cette petite merveille qu'est FUSION. Du furieux Speed of Light au mélancolique Under A Starry Sky, ce 6ième opus de Axess est remplie de douceurs qui s'éparpillent sur des rythmes ambivalents et hybrides qui abondent sur tout au long de FUSION. En ce qui me concerne, cet album est un gros coup de cœur où résident 50 minutes de musique aux doux effluves métissés qui glanent entre un doux space rock et du vrai bon Berlin School aux séquences aussi limpides que du cristal. Un des gros titres en 2010!

Sylvain Lupari (25/11/10) ****½*

SynthSequences.com

Disponible chez Spheric Music

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