• Sylvain Lupari

BOUVETOYA: Moonquake (2018) (FR)

“Un album doux, principalement d'ambiance, qui entrelace les Berlin et French Schools avec de savoureux motifs du séquenceur”

1 Craters 8:30 2 Phenomenon 14:52 3 Synchronous 7:07 4 Ocean 13:13 SynGate CD-r MJ07

(CD-R/DDL 43:42) (V.F.) (Ambient, soft sequenced beats)

C'est avec une lointaine vague sonore que débute Craters. Des éléments percussifs picorent ces ambiances cosmiques où l'impression de dériver dans les nappes de Michael Jones est saisissante. L'horizon cosmique est d'un calme sidérant. Tant que lorsque les premiers tintements des arpèges carillonnés tintent, nos oreilles et nos sens font un petit saut de surprise. Habillant constamment sa structure flottante d'éléments d'ambiances tel que nappes de voix et d'orchestrations, Bouvetøya arrive à cimenter un fort moment d'intensité qui atteint son climax vers la 4ième minute avec une mise-en-scène qui n'est pas sans rappeler ces pointes d'émotions dans les jets de synthé de Manfred Man dans Solar Fire. Intensité! Tout tourne autour de ce mot dans ce dernier opus de Bouvetøya; MOONQUAKE. Et ce Craters nous enferme dans une masse d'orchestrations et d'effets d’un synthé qui croise les univers de Michael Stearns et Vangelis dans un intense canevas cosmique.

Phenomenon propose une très belle fusion de la French School à la Jean-Michel Jarre et du Berlin School à la Tangerine Dream. Une lente introduction d'éléments d'ambiances cosmiques, qui ornera aussi sa finale, créée des woosh qui flottent avec des nappes aussi dérivantes mais possédées par des âmes de violons cosmiques. Tranquillement une masse sonore, plus riche que dans Craters, soulève les passions des amateurs d'ésotérisme interstellaire dans cette introduction qui valse avec les sources du néant. Tant, que des bruits glauques et organiques fusionnent et serpentent ces ambiances avec des graffitis soniques et des soupirs qui sculptent des bons solos de synthé contemplatifs. Ces éléments amènent Phenomenon vers un fluide mouvement du séquenceur. Le rythme est idéal pour faire cheminer nos neurones qui doivent suivre une fracture du séquenceur, libérant une autre ligne contiguë qui sautille dans l'hésitation de la première ligne de rythme. Des éléments fantasmagoriques ululent dans l'écho de cette structure, comme un concert de spectres cosmiques qui irait à merveille avec les contes d'une 4ième dimension. Très bon! Par la suite nous tombons sur Synchronous qui présente un autre style de rythme ambiant cerné par ces éléments décoratifs qui scintillent un peu partout dans l'univers de MOONQUAKE. Ici, ils tintent et défilent comme des mini carrousels qui sont piégés sans des arcs rotatifs. Une dense membrane sonore libère la passion du synthétiseur sur ce rythme pulsatif. Ses chants allégoriques et ses multiples stries écarlates aiguisées dans la passion ajoutent au poids intensif de ce titre qui fait courir des frissons sur notre peau. Dans Ocean, c'est plutôt le Mellotron qui nous donne des frissons. Ses chants flûtés flottent sur une lente structure dont le scintillement des arpèges rappelle vaguement les arrangements de Vangelis dans China ou encore la paisible progression de Jean-Michel Jarre dans En attendant Cousteau. Ce long segment de contemplativité glisse vers une autre structure de rythme genre down tempo qui est poussée par un séquenceur en mode Tangerine Dream. Des accords graves amènent des effets dramatiques alors que le Mellotron persiste à charmer nos oreilles, au même titre que ces orchestrations lunaires qui cimentent cette vision d'intensité émotive qui surplombe les quelques 44 minutes de cet autre bel album de Bouvetøya.

Sylvain Lupari (24/10/18) ***** SynthSequences.com Disponible au SynGate Bandcamp

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