• Sylvain Lupari

BRAINWORK: Stollwerck 96' (2020) (FR)

C'est un bel album en concert pour un duo qui nous mets de la bonne MÉ dans nos oreilles où on a pas besoin de forcer pour aimer ça

1 Intro 3:01

2 Euphoria 5:30

3 Taslahn 15:02

4 Ethnotronic 96 6:24

5 Musical Clock 96 6:17

6 Moments in Passion 6:41

7 Jamaican Holidays 7:18

8 Talk to The Whales 12:24

9 Mountain Range 10:16

Brainwork Music

(CD 73:07)

(New Berlin School, E-Rock)

Que de souvenirs! Nous sommes au début de l'ère Internet et de Napster. Et nous, les Nord-Américains, découvrons que la MÉ que Tangerine Dream nous avait habitué dans les années 73-78 avait engendrée un paquet de rejetons du côté de l'Europe. Même que certains étaient tout jeunes et s'inspirant de la tournée 220 Volts du Dream en 1992. C'était aussi la première fois que j'entendais un truc qui se nommait Musical Clock. C'était sur l'album Sunrise de Brainwork. Par le fait même, il y avait un CD-R d'un enregistrement pirate intitulé Stollwerck 96' qui réunissait la musique de Uwe Saher et celle de Strange Inside. Je n'ai pas entendu le boot en question, mais il y reste des cendres comme une vidéo sur You Tube qui présente Taslahn. Il n'y a pas d'images, on y voit juste la pochette, et le son est moyen. Mais pas ici! Uwe Saher, l'homme derrière Brainwork, propose à ses fans, ainsi que ceux de Gerd Lubos (Strange Inside) une belle production maison avec un très bon son de ce spectacle qui s'est tenu à une époque où la MÉ vivait encore et s'exportait en concert dans les vieux pays. STOLLWERCK 96' propose 9 titres couchés sur CD manufacturé avec boitier CD qui affiche une pochette aussi sobre que Uwe nous ait habitué au fil des ans. Le son est très bon et la musique manque de punch, de support à l’attaque rythmique. Un bon percussionniste aurait été encore mieux, puisque nous assistons à un duel entre un synthé et une guitare-synthétiseur tout au long des 73 minutes de l'album. Il faut faire preuve de créativité, et à ce niveau les solos sont tout simplement magnifiques et l'utilisation du glockenspiel ajoute un élément de charme à ces titres dont les mélodies se perdent dans l'abondance des solos.

C'est avec un staccato prenant la route d'un boléro astral que s'ouvre très orchestral Intro. Sans une demi seconde de lousse, Euphoria se met à étendre ses nappes cosmiques sur un noyau de pulsations dans une vision cosmique à la Jean-Michel Jarre que des percussions électroniques mordent de leurs frappes vives et rapides. C'est ainsi que tombe un solo de synthé sonnant comme une guitare qui sonne finalement comme un synthé. Un fabuleux solo qui prend son départ un peu après la deuxième minute pour se terminer pile à 5:30 minutes. Et ces solos sont récurrents tout au long de cet album qui propose une MÉ vivante et aussi énergisante que la musique de Brainwork, mais en concert. C'est avec un air de saxophone, qui n'est est pas un mais qui sonne comme tel, que s'ouvre Taslahn. Le titre exploite ses 15 minutes principalement entre du rock électronique avec une propension pour des mélodies de style New Age et quelques phases ambiantes qui saisissent les sens, on y notamment une mélodie à la Halloween. On ajoute des cerceaux métalliques qui s'entrechoquent et des effets percussifs vaporeux. Aussi composé par Strange Inside, on lui doit Euphoria et Jamaican Holidays, le titre voyage beaucoup sur les ailes de cette guitare-synthétiseur avec des bons solos qui font duel avec ceux, plus classiques, de Brainwork. Mais l'essence de ce concert fait très 220 Volts, sans le même ampérage. Ethnotronic 96 est un titre très enlevant où les synthés forment une chorale de trompettes sur un rythme festif. Les percussions électroniques sont bien agencées sur ce titre tout en étant plus loin en arrière-plan. Tout le contraire avec le magnifique Musical Clock 96. Un beau petit bijou de rythme créatif avec ses courses rythmiques sur glockenspiel. Ça fait Space Funk, mais par Uwe c'est toujours unique 😊. Moments in Passion est une balade qui met aussi en vedette les solos de guitares et de synthé avec de belles intrusions du glockenspiel sur un rythme de la savane Cubaine. Par contre, je ne suis pas fan de Jamaican Holidays qui fait plus reggae qu'autre chose. Talk to The Whales propose une musique plus aérée, plus épurée où les percussions, surtout les castagnettes électroniques, sont mieux définies en ouverture. Donc une ouverture douce où on sent l'écume de la mer caresser nos orteils avec un bon solos de synthé-guitare qui transitent vers un univers de fuzz-wah-wah des années 70. Ça fait très Software, lorsque le duo Mergener/Weisser a entrepris un virage commercial, et les chants de baleine sont là pour le prouver. De même que ce synthé en mode trompette picolo qui se fait courtiser par une guitare en mode Blues. C'est beau, je peux pas dire le contraire, mais j'espérais autre chose. Mountain Range termine STOLLWERCK 96' avec cette vision harmonique toute mignonne de Tangerine Dream dans Lily on the Beach. La mélodie rejoint mon cœur des années synth-pop rose avec une belle progression séquentielle subtile et qui fait Berlin School avant d'arriver finalement à une éclosion du genre mélodie cinématographique pour adolescents. C'est un peu comme Talk to The Whales, je m'attendais à plus mais…

Mais au final, c'est un bel album en concert pour un duo qui nous met de la belle MÉ dans les oreilles où nous avons même pas à nous forcer pour trouver ça beau. C'est toujours ça de gagner!

Sylvain Lupari (04/12/20) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Brainwork.com

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