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  • Sylvain Lupari

Chris Russell Voyager (2022) (FR)

Pour les amateurs de musique d'ambiances ténébreuses ayant des visées cosmiques

1 Pale Blue Sphere 11:16

2 Triton Encounter 8:00

3 Neptune Passage 7:25

4 Voyager 6:20

5 Beyond the Heliopause 12:40

6 Crossing the Shock 9:02

7 Jupiter Passage 14:52

Exosphere | exo35

(DDL 24Bits 69:35)

(Deep dark cosmic ambient music)

C'est inspiré par la mission Voyager de la NASA, lancée à la fin des années 70, que Chris Russell a puisé au fond de son imagination afin d'offrir un album-concept qui relate différentes étapes de ce long voyage interstellaire. Dans une très belle qualité sonore qui rend justice à une palette de sons aux couleurs de l'imagination du musicien-synthésiste américain, VOYAGER est un voyage en sons qui dépeint assez fidèlement ce voyeurisme imaginaire qui nous fait rêver à cette possibilité qu'un jour nos yeux puissent visualiser les vrais couleurs du Cosmos et de ses planètes. Entretemps, le musicien de l'Illinois a composé une ode cosmique électronique qu'il qualifie de libératrice, au sortant de la pandémie. Et il ne s'éloigne pas trop de son style en offrant sa vision musicale qu'il maintient dans ses formes atmosphériques ténébreuses et grondantes. De l'ambiant ténébreux cosmique avec un zest de psybient dont les origines semblent égarées quelque part entre le Cosmos et la Terre.

Pale Blue Sphere a de quoi saisir notre attention avec une délicate séquence de rythme ambiant qui dérive sous de belles nappes de synthé. Le synthé multiplie ici des nappes qui ont plusieurs identités sonores. On y entend des arcs se dérouler avec une texture cinématographique orchestrale, de même que des nappes anesthésiantes et des ondes de drones. Le mélange donne une texture comparable à une coulée de lave volcanique en état d'apesanteur qui rayonne d'une couleur flirtant entre le bleu céruléen et un bleu plus métallurgique. Le rythme s'estompe dans une finale ambiante qui est bercée par des nappes de synthé dont les harmonies séraphiques doivent composer avec la présence de bourdonnements. Des bruits de fond, majoritairement des cliquetis mécaniques, ajoutent une dose de psybient au titre. Triton Encounter ouvre avec une tonalité plus effacée dans ses tintements harmonieux. Le titre développe une tendance psychédélique avec des bruits de toutes formes, mélangeant voix et autres effets de voix plus du genre organique. La douceur est très anesthésiante avec des nappes de synthé qui dérivent dans un Cosmos peu éclairé de ses étoiles. La musique de Neptune Passage dépeint assez bien la vision de son titre. C'est un titre tranquille, hautement méditatif, avec des lignes et ondes de synthé qui s'accouplent dans un mouvement très minimal. Comme un voyage interstellaire afin d'observer la planète précitée. Des effets de saccades et divers tintements enjolivent une finale qui suit la même vision atmosphérique de son ouverture. Tranquille et lyrique, il faut prendre le temps d'écouter un titre comme Voyager qui est très musical, même dans sa lourde enveloppe atmosphérique. La musique d'ambiances cosmique nous positionne en état d'apesanteur avec un beau mouvement qui valse lentement, pour ne pas écrire dérive, et qui est rempli de lignes, d'ondes de synthé dont certaines arabesques se détachent afin de rayonner d'une tonalité plus bourdonnante et légèrement plus psychédélique. Nous dérivons entre des étoiles et autres particules qui grésillent d'une tonalité crispante.

Beyond the Heliopause déploie ses presque 13 minutes dans un environnement similaire, au niveau de l'agencement des nappes et des ondes de synthé, aux autres titres de VOYAGER. En contrepartie, sa musique et ses élans atmosphériques sont ornées par une belle palette de tonalités sous-jacentes, lui donnant ainsi un beau relief de psybient intelligent. Un lourd titre d'ambiances autant cosmiques que terrestres, Crossing the Shock exploite une dense texture de bourdonnements dont la puissance des bourrasques fait tinter des éléments sonores qui chuintent d'un bleu métallique. C'est un peu comme lorsqu'une tornade fait tourner des balançoires, d'énormes carillons ou des manèges dans une foire désertée. Dans cet environnement de tranquillité aérospatiale, Jupiter Passage détonne avec sa carcasse, remplie de turbulences sonores, qui se désagrège comme le passage d'une navette du Cosmos à la Terre. Les sons viennent d'aussi loin que du vide! De longues complaintes froides s'agrippent à une ouverture où les brises murmurent autant que feulent, comme si un engin intersidéral pouvait avoir une âme. C'est un panorama lourd de ses vents bourdonnants et de ses brises sifflantes d'où émergent de longs signets gutturaux qui accaparent nos oreilles dans ce long titre qui évolue entre ses phases de tranquillité et d'autres plus perturbatrices qui abondent de mugissements, comme de crissements. Comme si c’étaient des drones organiques. Des éléments plus criards, plus acérés remplissent un agenda sonore déjà rempli après la 6ième minute, amplifiant cette sensation d'une chute vertigineuse au fond d'un trou sans fin. Mettons que nos oreilles se remplissent les tympans dans cette structure où le passage de Jupiter fait plus entendre les couleurs criardes de son environnement d'hydrogène métallique.

VOYAGER de Chris Russell s'adresse avant tout aux amateurs de musique d'ambiances ténébreuses ayant des visées cosmiques par l'approche très dérivante de ses lentes valses intersidérales. La masse, la charge sonore est assez impressionnante et mugit avec force dans cette production hyper soignée où l'usage d'un casque d'écoute est essentiel afin de capter tous ces détails qui donnent cette étonnante richesse à une musique qui livre ses secrets au fur et à mesure qu'on lui donne cette opportunité.

Sylvain Lupari (16/11/22) ***¾**

SynthSequences.com

Disponible au Exosphere Bandcamp

(NB : Les textes en bleu sont des liens sur lesquels vous pouvez cliquer)

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