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  • Sylvain Lupari

COLIN RAYMENT: Beyond The Aurora (2016) (FR)

Updated: Aug 9, 2019

“Fortement inspiré par les trois dernières décennies de TD, Beyond the Aurora suit le virage d'Abstract Dimensions, et sans vraiment savoir pourquoi nous tombons sous ses charmes”

1 Rolling Towards the Aurora 10:17 2 At the Gate of Nacreous 14:58 3 Midnight Undulation 6:12 4 Night Shining 9:40 5 Iridescence 9:46 6 Closing on a Night Sky Light 7:03 SynGate - CD-r CR02

(CD-r/DDL 57:56) **** (New Berlin School)

Elles flottent! Des nappes de synthé aux couleurs de la sérénité flottent entre nos oreilles, évoquant par moments un discours harmonique et introduisant surtout cet autre très bel album de Colin Rayment. Rolling Towards the Aurora étend sa douceur avec des soupirs de Mellotron qui réveillent doucement une ligne de basse séquences un peu après la barre des 3 minutes. Le rythme devient alors pulsatoire. Les séquences bondissent avec entrain, projetant des doubles aux teintes plus limpides. Elles tracent une ligne de rythme spasmodique qui ondule avec quiétude dans ces nappes embuées par un Mellotron où des voix angéliques se détachent afin de donner une dimension plus poignante à ce titre dédicacé à la mémoire d'Edgar Froese. Doux, le rythme dérive comme les vifs battements d'ailes d'un moineau aspiré par la tourmente des vents. Serpentant entre les bourrasques des vents il monte et descend avec des nuances dans le ton tandis que des larmes d'une six-cordes projettent une aura fantôme. Sixième album de Colin Rayment, son 2ième sur SynGate, BEYOND THE AURORA puise son inspiration primaire dans les paysages aériens du nord de l'Écosse où se forment et voyagent d'impressionnants bancs de nuage. Et si Rolling Towards the Aurora est dédié à Edgar Froese, BEYOND THE AURORA suit la courbe de Abstract Dimensions en étant fortement inspiré par la musique de Tangerine Dream, des années Jive aux années Eastgate.

De grosses nappes d'orgue annoncent l'arrivée de At the Gate of Nacreous. Ténébreuse, l'introduction agite ses ambiances avec une ligne de séquences qui fait osciller ses ions dans une phase stationnaire. Ces ions se multiplient avec des nuances dans les tons et les couleurs, trépignant ou ondulant sous ces nappes pleureuses qui peu à peu prennent une tangente harmonique et ambiante de la série Atomic Seasons. Le rythme et ses ambiances s'égorgent sur un récif, émiettant le tout dans une phase psychotronique avant de reprendre forme avec une approche plus vive et toujours statique où séquences aux teintes organiques et voix éthérées ajoutent une intéressante couche à la progression de At the Gate of Nacreous. Un léger tic-tac se fait entendre autour de la 8ième minute, annonçant la 2ième phase ambiosphérique. Utilisant savamment ses 15 minutes, Colin Rayment module At the Gate of Nacreous en 3 phases avec des mouvements de rythme vif qui sont stigmatisés dans un état statique et qui s'apparentent à Rolling Towards the Aurora sinon à la Sonic Poem Series du vaisseau sonique d'Edgar Froese. Un des éléments qui fait les charmes de BEYOND THE AURORA est cette enveloppe très mélancolique qui ceinture les rythmes et emmitouflent les ambiances. Un peu comme si l'Écosse était étouffé par des cumulus de nuages gris. Et Midnight Undulation ne fait rien pour me faire mentir avec sa ligne de basse séquences qui brode une structure ondulante où sautille une nuée de séquences limpides sans vraiment de direction rythmique. Les ambiances, de même que les voix qui soufflent sur la finale, respirent indéniablement les inspirations qui assiègent les compositions de Colin Rayment. Ces voix séraphiques accompagnent la lente progression de Night Shining où piano et ligne de basse s'épousent pour une sombre marche sous les catacombes de nimbus noirs. Le piano martèle nos tympans d'une mélodie imprégnée de nostalgie avec des notes qui résonnent dans un dense voile de ténébreuse quiétude. L'effet est assez saisissant. La marche funèbre intensifie sa cadence juste assez pour poursuivre cette histoire de charme avec l'approche très romanesque de Night Shining.

Le synthé flûté, et ses harmonies éthérées, de même que les séquences qui s'agitent comme une nuée de mille bulles dans un étang de magma sont aussi des éléments de charme tant ici que partout au travers des 58 minutes de BEYOND THE AURORA. Iridescence est le titre le plus enjoué de ce dernier opus du synthésiste Anglais. Même si nous sommes très loin du rock électronique, la structure me fait penser à la fluidité ondulatoire du Monstre du Loch Ness. Encore une fois, Colin Rayment s'amuse à déjouer l'écoute en apportant de subtiles nuances à sa structure. On imagine des nuages? Pas vraiment, à moins d'avoir cette forme d'imagination stimulée par des médecines interdites, sauf que la musique est très bonne même dans son approche homologique, notamment au niveau des structures de rythmes séquencés. Closing on a Night Sky Light conclut BEYOND THE AURORA avec une introduction très réaliste d'une soirée sous les Perséides en terre Amérindienne. Après ces 2 minutes d'ambiances surréalistes, la musique se dirige lentement vers une marche qui épouse les tic-tac du temps. Ces tic-tac s'émancipent afin d'offrir un rythme qui fait du bouillon sur les harmonies d'une fascinante ballade que l'on veut absolument réentendre. Les nappes et les effets de voix qui s'agglutinent ajoutent un parfum d'ésotérisme à un titre, et à un album, que l'on trouve très séduisant sans vraiment comprendre pourquoi. Tellement que ce BEYOND THE AURORA de Colin Rayment a atterri dans la catégorie des albums coup de cœur 2016. Sylvain Lupari (12/08/16) *****

SynthSequences.com

Available at SynGate's Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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