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  • Sylvain Lupari

COLIN RAYMENT: FBR (2019) (FR)

Updated: Aug 9, 2019

“FBR propose beaucoup, peut-être trop, de phases évolutives dans un album un peu plus complexe et qui n'est pas vraiment son meilleur si on veut apprivoiser son univers”

1 Drifting 9:10 2 Echoes from The Past 7:16 3 Future Journey 9:22 4 Interstellar Voices 3:41 5 Interplanetary Train 13:47 6 Orbital Manoeuvre 6:56

7 Twilight Thaw 9:32

SynGate CD-R CR04

(DDL/CD-R 59:46)

(England School)

Inspiré par les fascinants sursauts radio rapides (Fast Radio Burst) FBR est une autre excursions sonore dans les frontières du secret de la connaissance d'autres univers que le nôtre. Bien que les attentes augmentent d'album en album, Colin Rayment ne décevra pas son public avec un album qui allie ses ambiances cosmiques à des rythmes éphémères qui sont en constante mutation. Si l'effet charme pour les 3 premiers titres est constant, on se perd un peu dans le long Interplanetary Train. Privilégiant une approche où ses rythmes se fragmentent dans des panoramas d'ambiances qui s'embellissent d'effets électroniques connus mais surtout de tonalités d'un synthé aux arias qui chatouillent les fibres de nos émotions, le synthésiste Anglais propose avec ce nouvel album des approches évolutives qui flirtent avec une vision plus complexe. La signature sonore est plus nette, plus précise avec des écouteurs qu'avec des haut-parleurs, facilitant l'apprentissage des évolutions à l'intérieur des titres où se cachent de très bons moments de MÉ. Des laves de synthé se métamorphosent dans le néant, amenant de lointaines tonalités à créer une ambiance intergalactique où les sinistre ululements se fondent à des nappes auréolées de tonalités d'orgue patibulaire. Celles-ci propulsent lentement la musique qui dérive avec une intensité astrale, tissée par la multiplicité de ces nappes, vers un premier oasis de sérénité. Les vents s'essoufflent et la masse tonale perd de sa vitalité. Le synthé y tisse alors une délicate mélodie morphique gémissant avec son approche soufflée dans du verre et qui se cramponne à la course pulsatoire du séquenceur. Drifting met sa pesanteur sur ce mouvement auquel se greffe de bons effets percussifs et des percussions claquantes, comme du Jean-Michel Jarre technoïde, sur un fond de brumes et d'effets électroniques. Ce solide rock électronique n'aurait pas autant de charmes sans cette mélodie qui donne des frissons avec son chant toujours un peu plus haut siffloté par un synthé en mode mélancolique. Si cette mélodie nous hante, ce n'est rien comparé à celle qui niche sur Echoes from The Past! Tissée dans les souffles d'un synthé en mode Drifting et dans un chapelet d'arpèges miroitant dans les reflets d'un soleil ardent, elle mystifie l'écoute au décollage d'un rythme qui coule paresseusement. Le rythme est moins vivant que dans le titre précédent et oblique vers une longue phase ambio-cosmique qui dévie à son tour vers une approche cinématographique. Son évolution entre ces différentes sphères et les élans de transition de la mélodie se font toujours avec une fluidité qui mystifie l'écoute. Il y a encore de l'espace pour être à nouveau charmé avec Future Journey qui est fait un peu dans le même moule avec une ouverture ambiante où des riffs et accords (claviers/guitares) virevoltent mollement. Le séquenceur a caché un mouvement derrière ce voile sonore qui sautille en boitillant dans une masse tonale statique riche en effets et en tonalités hétéroclites. Cette phase de rythme meurt assez rapidement dans une zone tampon bourrée de wooshh et de copieux vents plein de poussières. Un élément de rythme respire en solitaire, mais s'évapore tout autant rapidement. C'est un peu après les 4 minutes que le rythme reprend une nouvelle forme qui est plus violent avec des séquences qui vibrionnent nerveusement sur place et des percussions, en mode avalanche pour rock, qui courent sous des chants de synthé aux tonalités et harmonies toujours aussi pénétrables dans l'âme. Cette tonalité assez spéciale du synthétiseur dévoile son potentiel dans le très ambiant Interstellar Voices. Interplanetary Train peut découdre l'envie de quelques curieux en proposant trop de mutations de phases d'ambiances et de rythmes à l'intérieur d'une structure qui peine à surmonter ses 14 minutes. Des soupirs et des riffs allongés d'un genre Tangerine Dream ornent l'introduction qui secoue ses ambiances avec les coups répétés d'éléments percussifs. J'ai entendu des murmures, mais rêvais-je? Une fascinante pulsation industrielle gargouille dans ce panorama rempli d'ondes obscures et de voix absentes. Ce maillage des éléments percussifs et des pulsations forge une fascinante approche statique qui dévie vers une phase ambiante dont l'aspect onirique est puisé dans un mini concerto pour chants séraphiques et ondes cosmiques. Un tempo lent émerge autour des 5 minutes. Ornée de cymbales et de voix berbères, le rythme entreprend un lent décollage pour dériver dans un océan de cliquetis et de lignes de synthé forgeuses de chants séraphiques. Des accords de guitare s'éparpillent sur ce lit de mélodie évasive alors que doucement, Interplanetary Train change encore de peau, flirtant entre du psybient et du tribal ambiant tout en préservant ce cachet mélodieux qui part et revient sans jamais lier ses fils, ni sa sentence émotive qui se perd dans ces trop nombreux changements. Orbital Manoeuvre est bien dans le ton. L'introduction propose une série de séquences saccadées et de cliquetis percussifs, j'entends des riffs de Silvers Scale, qui dérive dans un axe doucement dans un ample mouvement zigzagant. Des riffs de claviers jettent une aura mélodique très Tangerine Dream dans cette structure soutenue qui nous offrira quelques bons solos de synthé vers la finale. Un bon titre dans FBR. Twilight Thaw prend son envol rythmique après une introduction remplie d'effets électroniques et d'accords de synthé sans structure. L'effet moule ces illusions de cerceaux sonores qui s’émiettent au contact des uns des autres. Une ligne du séquenceur fait sautiller ses ions qui grimpent en intensité, à mesure que les ambiances se transforment graduellement en un galop rythmique charmé par des accords de guitare acoustique et par une nappe de voix de nymphettes. Un petit passage d'ambiances et le rythme secoue ses délicates cascades dans une approche plus feutrée, concluant FBR dans la vision et rythmique et mélodique de Colin Rayment. Je suis un peu partagé face à ce nouvel album de Colin Rayment. Si sa signature mélodieuse nous donne le frisson ici et là, les nombreuses mutations à l'intérieur de chaque titre, sauf pour 2, jettent un peu d'encre noire sur l'écriture bleutée du musicien/synthésiste Anglais. Mais rien n'est perdu car il se trouve une gros 40 minutes de très bonne MÉ dans cet album où les coups de génie, sans être nombreux, sont présents, tout comme ces moments qui nous sifflent des frissons dans l'âme! Sylvain Lupari 10/04/19 *****

SynthSequences.com

Available at SynGate's Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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