• Sylvain Lupari

CRAIG PADILLA & ZERO OHMS: Path of Least Resistance (2005) (FR)

C'est un solide album qui navigue entre les méandres d'une musique d'ambiance cosmique et les doux rythmes énigmatiques Berlin School

1 Leaving this Shadow of Heaven 12:17

2 The Everything that is no Thing 8:42

3 Hollow Dreams of Worlds Passed 8:11

4 Realizing the Infinite 4:42

5 Frequencies (of Life) 10:55

6 The One 8:40

7 Path of Least Resistance 8:19

Lotus Spike LS-0005

(CD 61:51)

(Dark ambient music with a zest of Berlin School)

Craig Padilla et Zero Ohms est la somme d'une rencontre entre synthésiste qui peut jouer autant de finesse que de puissance et un flûtiste de renommée nationale qui unissent leurs visions pour le plaisir des sons, des sens et de nos oreilles. Et ça débute avec un fin et sombre bourdonnement qui ouvre Leaving this Shadow of Heaven, un peu comme un violoncelle esseulé qui caresse les cordes de sa solitude. Des larmes, des pleurs cristallins jaillissent de cet union énigmatique alors que le délicat et très onirique synthé de Craig Padilla suit ce cortège astrale au bourdonnement continu. Des chœurs séraphiques tentent de percer ce brouillard opaque, amenant une vision plus éthérée à ce long titre qui nous amènera aux confins de l'univers très sombre et très atmosphérique de PATH OF LEAST RESISTANCE. La magie, le doigté très délicat de Padilla étend ses charmes avec des solos qui se contorsionnent et chantent comme des violons sans âmes, contrebalançant l'énorme poids de solitude, de vastitude abyssale qu'est la finale de Leaving this Shadow of Heaven. Ses cendres s'étendent aux frontières de The Everything that is no Thing où, de ce silence à la froideur spatiale, s'échappent les premières pulsations séquencées de Craig Padilla. Elles résonnent et façonnent un lourd rythme pulsatoire. Un rythme toutefois ambiant, tant les ambiances et la noirceur sont denses, qui monte et descend dans un mouvement stationnaire orné de strates ondulatoires, d'effets sonores cosmiques et de beaux solos torsadés. Des solos flûtés qui deviennent de tendres harmonies évanescentes alors que les séquences claquent comme des sabots sur un pavé astral, dessinant ainsi un genre d'escalier qui nous conduit vers le néant de Hollow Dreams of Worlds Passed. Les souffles, je dirais même les mugissements, du cosmos sont intimidants. Lourds, creux et sombrent, ils canalisent une énergie négative que même le chœur de sirènes galactiques, aussi doux et onirique soit-il, ne parvient à apaiser. Mais il y a de fins filaments, des brises du synthé qui nuancent l'emprise des ténèbres qui s'amplifie tout de même avec des bourdonnements continuels. Des vrombissements qui se mutent en ondes cristallines sur Realizing the Infinite, un titre intense et ambiant où les lignes de synthé prennent la formes de chants spectraux.

Frequencies (of Life) arbore ses moments d'ambiances avec des pépiements interstellaires qui brillent dans une fusion d'ondes sombres et de lignes de synthé un peu plus translucide. Des lignes qui projettent des rayons lumineux dans un univers très sombre. C'est très cosmique, voire un peu atone, avec de lourds bourdonnements qui bousculent les gazouillis des synthé et des élytres métalliques qui virevoltent et forgent un rythme incomplet. Un peu comme des feux follets en captivité. Une structure de rythme, entrecoupé par de lourdes ambiances, qui va et vient dans la noire passivité de ces vibrations cosmiques qui boucle son odyssée arythmique dans les charmes de son intro. Sur un mouvement d'un séquenceur aux ions bondissants d'énergie, The One palpite sur les courbes ondulatoires des spirales cosmiques. C'est du bon Berlin School, du gros rock cosmique teinté d'une approche très sibylline avec un rythme lourd et résonnant qui fait postillonner ses ions dans un envoûtant pattern cosmique. La pièce-titre est aussi envoûtante qu'improbable. À tout le moins, lorsque l'on regarde de qui elle vient. Il s'agit d'une splendide ballade ambiante avec des percussions genre Tablas qui tambourinent un délicat rythme ambiant orné d'une flûte enchanteresse. C'est beau, tendre et assez émouvant. C'est entre le New Age, le Berlin School et la musique très méditative.

Lourd mais beau, lent et rythmé, mystérieux et harmonieux; PATH OF LEAST RESISTANCE est un solide album qui navigue entre les méandres d'une musique ambiante nourrie par les mystères du cosmos et les rythmes ambiants d'une Berlin School assez énigmatique. Si par moments il y a des longueurs, notamment avec l'ouverture, PATH OF LEAST RESISTANCE nous pète en pleine face dès sa 13ième minute. Craig Padilla et Zero Ohms fusionnent 2 styles avec leur vision fantaisiste où tout se colle afin de plonger l'auditeur dans l'univers hétéroclite obscur et harmonieux. Un beau cd où les amateurs de MÉ, tant Berlin School qu'ambiante, vont savourer en y allant d'étonnement en étonnement. La signature d'un très bon album.

Sylvain Lupari (02/04/15) *****

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Disponible au Spotted Peccary Bandcamp

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