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  • Sylvain Lupari

DANGER IN DREAM: Iconic (2019) (FR)

“La multiplicité des effets sonores, notamment la créativité au niveau des éléments percussifs, font de cet album un joyau qui enchante à chaque écoute”

1 Astrosteron Part 1 5:42

2 Astrosteron Part 2 5:55

3 Iconic Part 1 2:24

4 Iconic Part 2 3:12

5 Iconic Part 3 5:60

6 Deep Blue 4:19

7 Skylink Part 1 6:07

8 Skylink Part 2 4:34

9 Arctic Mysteries 5:01

10 Electric Fields Part 1 6:36

11 Electric Fields Part 2 4:27

12 Electric Fields Part 3 7:44

Virtual Music|VM-DID02

(CD 60:02) (V.F.) (Berlin School)

Allez! Prononcer le nom vite. Dites Danger in Dream vite, vite! Comme la musique, les mots de votre bouche se rapprochent de l'illusion; Tangerine Dream! Si vous avez raté le merveilleux Entrance en 2001, il ne faut pas manquer ICONIC. Si 18 ans séparent les deux seuls albums du duo germano-suisse, la musique et les structures de compositions de Robert Wittek et Alexander Guelfenburg n'ont pas évolué d'un iota. Et il ne fallait pas!

Astrosteron débute lentement. Une montée de lignes de synthé venant de l'Orient s'accouple à une onde de réverbération, alors que le clavier fait danser une mélodie qui tournoie lentement. Les souffles des synthés ont cet air métallique et symphonique. Des souvenirs s'éveillent derrière la membrane de mon tympan. Et encore plus lorsqu'une ligne du séquenceur fait danser des ions avec des sauts symétriques, et les ambiances se parfument de coussins et d'un dialogue entre synthés, comme à l'époque d'Exit. Et alors que Astrosteron Part 1 se fond dans les offrandes de Astrosteron Part 2, la magie des années Johannes Schmoelling pétille entre nos oreilles. Basses pulsations cadencées, voix de canard-cyborg, pads multi-couleurs, riffs du séquenceur, driblage des billes du séquenceur, éléments percussifs, percussions avec des effets de gaz feutré et finalement effets vocaux et sonores des années Exit! Le panorama est plein de ces effets, en plus de ce synthé dont les tonalités dans les nappes et solos sont réminiscence plus particulièrement d'Entrance, mais toujours influencé par le Dream. C'est donc avec une approche de rythme statique que Danger In Dream se lance à la chasse des fans de MÉ qui se régalaient la boîte à neurone avec la musique de Tangerine Dream, de Tangram à Hyperborea. Nous sommes loin de Stratus 4, mais le meilleur reste à venir.

Divisé en 3 actes, la pièce-titre établit une ligne de rythme ambiante avec des percussions manuelles et un essaim de séquences sautiller avec un effet de goutte limpide se transformant en une séquence limpide percussive qui suintera et tintera tout au long d'Iconic. Des nappes et une ligne de mélodie spiralée suivent cette procession qui s'arme de nouvelles séquences et percussions afin de donner une légère vélocité à la musique qui deviendra nettement plus animée dans son troisième acte. L'enveloppe des synthés et leurs effets sont très près des années Tangram. Le rythme légèrement spasmodique, Deep Blue est une belle ballade du genre White Eagle d'où s'élève un beau solo de synthé qui agrémente autant l'écoute que ces percussions claquantes qui suivent son évolution. Un très beau titre qui coule vers un pur remake de l'ouverture de Tangram, à tout le moins pour la première partie de Skylink Part 1. L'armada d'éléments percussifs ici atteint un niveau inespéré dans ce qui devient un bon rock électronique guidé par de sobres percussions électroniques. On ferme les yeux et le Rêve devient quasi-réalité. Un peu comme si un agent secret avait volé des archives au trio Franke, Froese, Schmoelling! Skylink Part 2 prolonge l'évolution avec une structure sphéroïdale légèrement stroboscopique que l’on retrouve dans Network, toujours d'Exit. La cadence diminuant tranquillement, nous arrivons à Arctic Mysteries où solos de synthé rivalisent avec une faune d'éléments percussifs et d'effets sonores à la White Eagle, genre Mojave Plan, dans une structure bondissant dans son tissu statique mais oh combien vivante de ses multiples effets. Les oreilles toujours en mode séduction, on atteint sans doute le pinacle d'ICONIC avec la trilogie d'Electric Fields. C'est presque 20 minutes de rock électronique, plutôt endiablé je dirais, qui guette nos pieds tapant nerveusement sur un rythme qui mélange assez bien visions spasmodiques et bondissantes. Comme dans la finale d'Entrance, Danger in Dream élève son niveau de composition d'un cran avec une structure plus personnelle où se greffent des éléments et effets des années 80, autant de la musique de Tangerine Dream que celui de la musique en général, je pense notamment à Jean-Michel Jarre.

Moins charmant à la première écoute que l'énorme Entrance, dont je souhaite ardemment une réédition, ICONIC n'en demeure pas moins un très bon album avec près de 45 minutes qui se domptent sans aucune difficulté. Le méga Electric Fields gagnant ses points à chaque nouvelle écoute. La multiplicité des effets sonores, notamment la créativité au niveau des éléments percussifs, font de cet album un joyau qui enchante à chaque écoute. C'est un must pour les fans de Tangerine Dream avec des influences et des similitudes qui vont de Tangram à Hyperborea. La qualité sonore et la production sont impeccables, comme les 62 minutes de cet album qui tourne en boucles depuis que je l'ai reçu de Virtual Music.

Sylvain Lupari 18/12/19 ****½*

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