• Sylvain Lupari

EAGLE (SYNTH MUSIC): The Dark Side of the Sun (2021) (FR)

C'est un bon album de rock électronique accessible à toutes les oreilles, en particulier à ceux qui recherchent l'ère Schmoelling de TD

1 Bending Space and Time 2:58

2 Hammerheads (Live Version) 3:06

3 The Dark Side of the Sun (Live version) 3:12

4 Spectrum of Possibilities (Live Version) 9:36

5 The Star King 3:39

6 Angelic Forces 6:05

7 Dream within a Dream 4:45

8 The Brain Scorcher 10:41

9 The Golden Rule 5:30

10 Xristos Anesti (Alithos Anesti) 9:29

11 The Great Attractor 6:25

Eagle (Synth Music) Music

(DDL/CD-R 65:30)

(E-Rock, Progressive New Age)

J'aime bien l'approche de Arend Westra. Beau, bon et très accessible! Musicien aussi méticuleux dans son rôle de compositeur, le synthésiste Hollandais prend visiblement son temps avant de mettre un produit final entre nos oreilles. THE DARK SIDE OF THE SUN est un album différent de The Journey avec un Eagle (Synth Music) concentré à créer des textures de rythmes aux tonalités hybrides nettement plus séduisantes lorsque capturées dans un casque d'écoute. Le séquenceur forge des séquences aux tonalités de bois qui se mêlent aux autres et surtout à des percussions que l'on devine trop tard. Ça donne des structures de rythme envoûtantes qui encadrent de bonnes mélodies accrocheuses. Et comme toujours, le synthé coule de belles mélodies aux teintes très Tangerine Dream, qui s'échappent parfois sous formes de solos ou qui s'amusent à tisser un ver-d'oreille indélogeable. Ce qui faisait la force de The Journey est transposé, juste avec un peu plus d'adresse, sur cet album où le rock électronique, les panoramas d'ambiances et le New Age progressif s'échangent à tour de rôle la ferveur de nos tympans.

C'est avec un filet de voix égyptienne que Bending Space and Time débute cette dernière aventure musicale de Arend Westra. Dès lors s'installe la première danse tribale de THE DARK SIDE OF THE SUN. Le rythme est enlevant et construit sur de bonnes percussions manuelles tribales, des pulsations de la ligne de basse et des percussions électroniques. La voix berbère est l'essence de cette mélodie que des arpèges soutiennent dans un vif mouvement de saccades. Une très bonne ligne stroboscopique encercle un rythme électronique enseveli sous des dizaines de couches de synthé aux couleurs arabiques prismatiques. Cet album inclut 3 titres qui ont été performé lors d'un concert de Eagle (Synth Music) au festival ESE 2018 de MONoord à Groningen. Hammerheads est un de ces trois titres et offre une structure vampirique avec des pulsations organiques qui sillonnent une toile réverbérant de tonalités grésillantes. La pièce-titre offre un rythme circulaire vif et saccadé construit sur un maillage de séquences que l'effet d’écho rend compactes. Le synthé lance des nappes philarmoniques à la Tangerine Dream tout au long du parcourt de The Dark Side of the Sun (Live version). Spectrum of Possibilities (Live Version) est tissé dans la membrane de Hammerheads, mais avec un rythme plus doux et des synthés inspirés de la pièce-titre. Bien établi sur ses 9 minutes, le rythme progresse avec une très belle ligne de basse pulsatrice pour atteindre ce climat fantomatique alimenté par une belle ligne de mélodie flûtée. The Star King offre aussi une structure semi-rythmé, bondissant innocemment avec un bel élément percussif qui enivre l'écoute, comme si un paquet de queues de crotales coulait dans un robinet musical. Le synthé très TD et la structure de rythme des années Miramar sont de beaux atouts, mais rein ne se compare à ces descentes de castagnettes que l'on attendra plus loin dans l'album. Ça s'écoute bien, mais pas assez pour le dire à ma blonde 😉

Sur un rythme plus indécis, noué dans les soubresauts des percussions, Angelic Forces offre un rock ambiant tapageur où un ruisselet de séquences stationnaires échange la ferveur de nos oreilles pour un synthé aux solos émouvants. Dream within a Dream suit les mêmes effluves dans un bon rock électronique avec de bonnes percussions de bois et un synthé qui nous siffle de très bons solos. Là je l'ai dit à ma Lise! The Brain Scorcher fait partie des 3 longs titres que Eagle (Synth Music) à décidé d'exploiter sur une période de temps avoisinant les 10 minutes. Son ouverture est cosmique avec des jets de brume lunaires et des pulsation de basse à la tonalité gorgée de radioactivité. Un rythme plus précis se dessine et opte pour une procession cinématographique où l’on voit des caravanes égyptiennes parcourir une route secrète. C'est une belle ballade avec un synthé qui lance ses harmonies s'étirant en solo lunaires. C'est un très beau titre qui évolue avec tous ces ingrédients sonores qui dessinent ce panorama du Moyen-Orient où les arabesques du synthé deviennent des mélodies sifflotées avec un effet de trémolo. Magique, le synthé module aussi des airs nasillards sur un rythme qui se développe lentement pour devenir un bon rock électronique agité de spasmes et porteur de cette mélodie d'un genre de James Bond de Bagdad. Très bon! The Golden Rule roule un peu comme Angelic Forces, mais en plus léger, voire même séraphique. S'il est vrai que chaque album, et peu importe les genres, a son joyau, Xristos Anesti (Alithos Anesti) est celui de THE DARK SIDE OF THE SUN! C'est un titre New Age et arrache-cœur qui tournoie dans une envolée d'orchestrations à nous fendre l'âme. Harpe céleste, brume magique et ciel d'un bleu méditerranéen; que de la beauté et de la sensiblerie! Ça peut paraître assez long, mais ça s'écoute tellement bien. Lise à même demandé à ce que je le mette dans son iPad! Et ça se termine sous nos larmes, pardon sous la pluie! Séquences circulaires, basses pulsations linéaires et arpèges aussi mélodieux que rythmiques, The Great Attractor est un titre qui se défait de son attraction circulaire afin d'offrir un rock électronique bondissant avec des solos de guitare qui font très Edgar Froese.

THE DARK SIDE OF THE SUN est un bel album de rock électronique qui est à la portée de toutes les oreilles. Surtout si le style de Tangerine Dream dans ses années les plus accessibles, soit l'ère Schmoelling, est un genre que vous cherchez à retrouver. C'est un genre qui a inspiré la musique de Eagle (Synth Music) et d'une foule d'autres artistes. Sauf que Arend Westra est un des rares à le faire avec autant d'émotions.

Sylvain Lupari (30/01/21) *****

SynthSequences.com

Disponible au Eagle (Synth Music) Bandcamp

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