• Sylvain Lupari

EAGLE (SYNTH MUSIC): The Lost Kosmonaut (2018) (FR)

“The Lost Kosmonaut est un très bel album qui mérite certainement d'être découvert par les fans de Tangerine Dream, Jean-Michel Jarre et Vangelis”

1 Out of the Blue 4:49 2 The Bookworm 5:38 3 The Superclean Dreammachine 5:27 4 The Forgotten 4:07 5 Mount Kailash 5:43 6 The Lost Kosmonaut 7:20 7 The Physics of Wormholes 4:27 8 Summerdream 4:42 9 Martian Winter 4:22 10 Deckard's Dream 6:50 11 The Last Page of the Book 8:21 Eagle (Synth.Music) Music

(DDL 61:53) (E-Rock)

Mon premier et seul contact avec la musique d'Arend Westra, l'homme derrière Eagle (Synth.Music), remonte à l'album Breaking the Laws of Physics, du duo planétaire Parallaxe, à la fin de 2015. Et si je me souviens bien, j'avais bien aimé l'approche mélodieuse qui servait très bien la cause des influences des deux musiciens; Arend Westra, des Pays-Bas, et Brian Brylow un américain du Wisconsin. THE LOST KOSMONAUT est le 3ième album solo d'Eagle (Synth.Music) et je retrouve avec plaisir une collection de 11 titres qui coulent bien entre les oreilles avec un rock électronique pas trop compliqué et avec juste ce qu'il faut comme effets sonores pour bien attiser l'amateur de sons en nous.

L'introduction de Out of the Blue est cousue de nappes orchestrales qui valsent mollement. Des larmes se détachent et gémissent sur ce lit zigzaguant tandis que des séquences isolées trépignent sur place, attendant d'autres éléments de rythme qui solidifieront la base quelques 2 minutes plus loin. Les larmes se transforment en des chants de spectres ululant sur ce rythme mollasse qui est partagé entre des pulsations de procession et des séquences qui chantent comme des pépites de verre. Partagée entre ces séquences et des accords de clavier pianotés par un pianiste rêveur, la portion harmonique de Out of the Blue est dense et diversifiée avec des lassos éthérés qui roulent en rond dans le décor. Facile à aimer, vous avez dans ce titre, qui dépose cependant sa finale sur un fade-out trop rapide, les lignes maîtresses au niveau des compositions et structures de THE LOST KOSMONAUT. La vision électronique du musicien Néerlandais est au point avec le rythme ambiant de The Bookworm qui tournoie comme une spirale sans fin où rôdent des accords de cow-boy intergalactiques. Les arrangements sont efficaces et le souci des détails dans les approchent mélodieuses d'Arend Westra est l'équivalent d'un Chris Franke au séquenceur. Et ceci, sans rien enlever à ses structures rythmiques. Éveillé par une bonne faune percussive, The Superclean Dreammachine nous amène aux frontières du cosmos avec une tension circulaire dont les contours stroboscopiques emprisonnent une belle fusion d'éléments harmoniques. The Forgotten est une belle sérénade électronique créchant sur une flotte de nappes violonées qui avancent aussi lentement que ces prismes égarés qui tentent de façonner un lit harmonique. Le mouvement dérive avec ses tendres gémissements émouvant qui s'effondrent dans une montée d'intensité crée par l'emprise d'une ligne de basse un peu après les 3 minutes. Si on est du style romanesque, une autre belle ballade nous attend avec Summerdream qui est par contre plus animée.

Défiant les règles de l'homogénéité, Arend Westra promène nos émotions d'un style à l'autre avec le très beau et cinématographique Mount Kailash où les roulements de grosses caisses imitent les descriptifs sonores déjà établis dans le domaine. Je pense entre autre à Mike Oldfield et à un Vangelis aux portes de sa célébrité. C'est une très belle pièce de musique qui suit une escalade copieusement arrosée par un synthé aux solos bien harmoniques. La pièce-titre est un solide rock électronique avec une vision très allégorique des synthétiseurs et des boîtes à rythmes. Il s'agit d'un titre vivant avec des effets de jeux d'arcades où tournoient et chantent, fort bien je dois admettre, ces solos qui sont aussi harmoniques qu'acrobatiques dans l'univers de THE LOST KOSMONAUT. Je sens une influence de Peter Mergener ici. Ce qui assez rare et c'est pour ça qu'on accroche assez vite à ce bon rock Berliner. The Physics of Wormholes priorise aussi une effervescence sonore avec des effets empruntés à l'univers de Jean-Michel Jarre et des nappes qui flottent comme celles de Vangelis sur une structure de rythme vivifiée par un bon jeu du séquenceur qui déploie une belle dose énergisante avec des ions qui frétillent comme des billes sur un convoyeur. Martian Winter est un autre bon titre. Lent, le rythme avance avec un maillage de pulsations séquencées qui me rappellent un peu le rythme évolutif de Johannes Schmoelling avec Wuivend Riet. Les nappes de synthé s'entrelacent dans une approche cosmique et séraphique dans ce qui, de loin, ressemble à un genre de communication par tambours entre peuples éloignés. Deckard's Dream est un titre rempli d'intensité avec des nappes poignantes qui sifflent avec leurs poussières de rouille orangée. Ambiante avec des implosions qui propulsent des mouvements secrets, la musique éparpille des phases de rythmes qui sont propulsées par des genres de lance-pierres où s'entassent des bancs d'émotivité. Des bribes d'harmonies vont et viennent dans cette structure monolithique, ajoutant plus de charmes à une musique dont on aurait aisément deviné la source d'origine. The Last Page of the Book termine une écoute assez agréable avec une approche très Tangerine Dream et d'une unification des fragrances des années vintages et des années MIDI. Après une introduction assez austère, une belle flûte chante sur un lit de séquences qui pétillent avec des soubresauts dans les élans fouettés. L'emprise d'une nappe de voix sombres ne cède aucun pouce alors que des filets de voix plus moirées donne un aspect sibyllin à cette chorale imbibée des armoiries de TD des années Exit. Sauf que derrière ce décor ronfle une structure de rythme qui explosera avec l'éveil du séquenceur et de splendides effets percussifs un peu après les 3 minutes, réservant le meilleur moment de THE LOST KOSMONAUT qui mérite certainement d'être soumis aux fans de Tangerine Dream, Jean-Michel Jarre et Vangelis avec des éléments, autant dans les rythmes, les mélodies et les orchestrations, qui ne peuvent être reniés comme étant le bassin d'influences de Eagle (Synth.Music).

Sylvain Lupari (20/01/18) ***½**

SynthSequences.com

Available at Eagle (Synth.Music) Bandcamp

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