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  • Sylvain Lupari

PARALLAXE: Breaking The Laws of Physics (2015)

“Avec ce mélange de rock cosmique et de E-rock, cet album possède une panoplie d'influences qui sauront charmer les oreilles avisées”

1 Burning Planet of Ice 5:50 2 Breaking The Laws of Physics 8:07 3 Cosmic Thunderstorm 6:41 4 Sailing on an Astral Sea 13:59 5 The Diamond Planet 8:12 6 The Himiko Cloud 9:44 7 The Ocean of Time 10:19 Parallaxe Music

(DDL 62:54) (V.F.) ****

(Cosmic rock and New Berlin School)

C'est un lecteur qui m'a mis sur la piste de Parallaxe. Après avoir fouiné sur leur site Bandcamp et avoir écouté quelques extraits de musique, j'ai décidé de plonger et d'en savoir plus. Et j'ai bien aimé ce premier contact qui laisse entrevoir de belles possibilités. Parallaxe est un projet entre deux synthésistes qui sont séparés par plus de 6550 KM. Arend Westra (a.k.a. Eagle) est un musiciens/producteur de Walterswald, Hollande, et Brian Brylow (a.k.a. Arpegiator) est un concepteur de sons, musicien et producteur de Milwaukee, USA. Les deux artistes se sont rencontrés virtuellement à travers les réseaux sociaux tel que Facebook, Fandalism, Reverbnation et Soundcloud. Les 3 derniers étant des sites de musiciens. Au fil des échanges ils ont constaté que leurs visions musicales se rejoignaient, malgré les différences dans leurs influences et leurs cultures. D'où le nom de Parallaxe. Belle histoire! Et la musique?

Vous serez séduit d'emblée avec Burning Planet of Ice. Dès les premiers souffles du synthé, on remarque la portée très identitaire du duo. Les harmonies sont sculptées dans un synthé dont la tonalité flûtée est juste assez haute pour séduire sans pour autant briser le mur de la stridence. On dirait une flûte de pan au timbre électronique. Si les harmonies du synthé sont un facile objet de séduction, le tissage des rythmes électroniques est en revanche nettement plus attirant pour ceux qui ont dégusté les mouvements de séquences bondissants et entrecroisés de Chris Franke. Et si ces percussions électroniques qui claquaient dans les vents cosmiques de Michael Garrison ou de Jean-Michel Jarre étaient un régal pour vos oreilles, ce BREAKING THE LAWS OF PHYSICS possède ainsi toute un éventail d'influences qui saura trouver une place de choix dans vos oreilles. Les influences des deux musiciens sont partagées entre les musiques de Vangelis et Jean-Michel Jarre pour Eagle, alors que celles d'Arpegiator embrassent plutôt les genres de Brian Eno à Hans Zimmer en passant de Art of Noise à Stockhausen sans oublier Klaus Schulze. Le seul dénominateur commun entre les deux artistes est l'influence de Tangerine Dream. Et c'est nettement senti dans les effets électroniques qui nous plongent dans les années Exit et White Eagle et dans les mouvements des structures de rythmes qui sont bien gorgées de séquences rondes. Chaque titre offre des variantes à l'intérieur de sa structure, passant du rock bien nourri qui épivarde le squelette de ses séquences dans des phases plus ambiant-cosmiques. La pièce-titre offre aussi une structure de rythme ambiant dans une approche plus éthérée qui me rappelle Free System Projekt. Notamment pour le synthé flûté et ses harmonies vaporeuses qui flottent sur une structure parfois lourde dont les nappes de brume mystique imposent une vision psychotronique. Cosmic Thunderstorm propose une vision qui est plus dans l'Électronica à la Jarre avec ses castagnettes électroniques. Parlant de mélodies vampiriques envahissantes, Sailing on an Astral Sea va ronger vos tympans avec un synthé très acuité dont les harmonies flottent comme un bateau sur une mer agitée. The Diamond Planet pourrait aisément passer pour un mellow-mix de Stratosfear alors que The Himiko Cloud, un beau down-tempo morphique, nous ramène plus dans les années White Eagle sur une structure de rythme molle à souhait. Une structure qui donne toute la latitude aux synthés d'accrocher à nos oreilles ces beaux souvenirs des années Virgin. The Ocean of Time est la pièce la plus ambiosphérique de BREAKING THE LAWS OF PHYSICS avec une longue structure riche, tant en tons qu'en émotions, qui rappelle avant tout ce beau potentiel de Arend Westra et Brian Brylow.

Parallaxe est une effectivement une belle surprise. Et un des beaux attraits de ce premier album est sans doute cette capacité de fusionner autant d'influences dans une mosaïque de MÉ qui joint admirablement les ponts entre les différences culturelles des 2 artistes. C'est assez attirant d'entendre deux époques du Dream, les années Virgin et Rockoon, s'entremêler dans des essences cosmiques aussi rapprochées que celles de Michael Garrison et Jean Michel Jarre sur un fond de mélodies aussi accrocheuses que celles de Vangelis ou Hans Zimmer, sinon Art of Noise. À découvrir lorsqu'une MÉ complexe et/ou trop ambiante vous aura bouffer le goût d'écouter autre chose.

Sylvain Lupari (03/02/16) *****

SynthSequences.com

Disponible au Parallaxe Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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