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  • Sylvain Lupari

FABER: Dark Sun (2015) (FR)

“Dark Sun est un magnifique album avec des structures de rythmes très intelligentes qui martèlent et battent dans une splendide et étrange tapisserie sonore”

1 Dark Sun Theme 2:02 2 Dream X 6:18 3 Lost in Space 6:04 4 Ghost Trains 4:50 5 Snow Cold 5:23 6 Alien Chants 10:16 7 Atomic Particles 5:18 8 Thunder in my Heart 6:41 9 Cathedral 4:34 10 Voices from Outer Space 6:54 11 Canadian Woods 6:26 12 Dark Sun Reprise 1:53 MellowJet Records | cdr-fa1501 (DDL/CD-r 66:41)

(Sci-fi and horror pictured mind EM)

Une ombre aux résonances sombres ronfle entre nos oreilles, dégageant un filet de lignes sibyllines où rôdent des murmures patibulaires. Nos oreilles s'emplissent alors d'une inquiétante brume remplie du parfums des ténèbres ainsi que de tonalités électroniques qui nous ramènent à la merveilleuse époque de Schmoelling, Froese et Franke. Ainsi va Dark Sun Theme ainsi ira DARK SUN! Le seul album que j'avais entendu de Faber était son Stories, paru à la toute fin de 2014. J'avais trouvé ça bien, à l'égal de bien d'autres titres que j'ai entendu et que vous trouverez sur YouTube grâce à des vidéos magnifiquement montés par Rob Hartemink qui n'a pas son pareil pour nous faire découvrir de belles ballades électroniques. C'était un album honnête avec de belles mélodies et des rythmes pas trop compliqués. Alors vous vous imaginez ma tête après les 10 premières minutes de DARK SUN! Dès les premières lignes de Dark Sun Theme nous pénétrons dans un univers envoûtant, que je compare à celui de Near Dark de Tangerine Dream, avec une superbe diversité dans les programmations des percussions et de riches effets sonores où nos sens sont divisés entre des scène d'horreur auditives et des ambiances absconses, parfois cosmiques, qui se disputent les frontières entre les ténèbres et la clarté.

Une porte sonique s'ouvre sur Dream X, laissant passer un bouquet d'ondes sibyllines qui se faufilent les maillons des chaînes soniques. Des chants discrets et des bruits provenant de ces couloirs qui divisent nos univers parallèles affluent de tous bords. Une signature qui sera présente partout autour des multiples ombres sinistres de DARK SUN. Des percussions tombent et leurs rebondissements tracent un rythme doux qui boitille dans de denses vapeurs ocrées où les murmures et les ombres résonnantes se confondent aisément dans nos oreilles. Le rythme est mou, comme la plupart des rythmes dans ce dernier opus de Faber. Un genre de down-tempo qui n'en est pas tout à fait un que les ambiances promènent avec la quintessence de leurs effets soniques. Une voix s'élève et psalmodie les célèbres paroles de I Have a Dream alors que les percussions égarent un peu la stabilité du rythme, donnant à Dream X les éléments nécessaires pour séduire encore plus. Lost in Space suit avec une intro tout aussi troublante où des lignes de synthé flottent mollement dans une horizon sonique peinturée de chuchotements intrigants. Le rythme qui fuit est plus lent. Comme une lente spirale il tournoie avec un mélange de lignes aux couleurs de Mars dont les vieilles tonalités analogues et d'autres plus contemporaines s'enlacent pour amplifier son axe rotatoire. Des percussions cliquent ici et là, étonnant toujours l'oreille par la justesse de leurs insertions alors que subtilement Lost in Space insuffle une intensité renouvelée à nos oreilles. C'est du beau rythme ambiant comme dans le superbe Voices from Outer Space et sa chorale qui se perd dans des harmonies de synthé aux airs de trompettes latines. Ghost Trains porte admirablement bien son titre avec un rythme vif, noué dans de bonnes percussions électroniques et des séquences fluides qui papillonnent vivement. Des effets sonores accentuent la course d'un train alors que d'autres nous ramènent à la période Exit de Tangerine Dream. C'est un titre super entraînant. Un gros rock électronique lourd et puissant qui est aussi nuancé par l'approche spectrale d'une voix féminine à saveur orientale tout en étant bien alimenté par une riche ambiance sonique et par des effets de guitare. Snow Cold est une mélodie troublante, genre Halloween, qui fait son effet. De denses nappes de synthé, parfumées de couleur ocre et de voix dissoutes enserrent la ribambelle de séquences limpides qui tissent cette mélodie forgeuse de ver-d'oreille.

Comme chaque titre dans DARK SUN, les ambiances se développent délicatement afin de donner une palette plus intense et parfois un peu plus animée. Comme dans Atomic Particles qui offre une autre introduction riche en effets soniques. Des pulsations, qui hoquettent comme des percussions tribales amérindiennes, palpitent avec des ombres de résonance alors que des lignes de synthé dégagent des parfums d'éther. La mélodie qui hante les couloirs spiralés d'Alien Chants est aussi séduisante que dans Snow Cold. La structure se débarrasse de son introduction ambiante afin d'offrir un bon down-tempo chaotique où s'ébattent des baleines intersidérales et des solos de synthé parfumés aux harmonies d'une six-cordes nasillardes. Ça me fait penser énormément à du Software. Thunder in my Heart est un autre titre très animé où les tonnerres crachent une étonnante structure de rythme nourrie par un maillage de basses pulsations et de percussions séquencées qui sont à la recherche d'une ossature rythmique. Et ça s'envient! C'est un genre de hip-hop très bien alimenté par des séquences et percussions sautillantes où un synthé tisse ce genre de mélodie qui accroche instantanément l'intérêt. C'est très bien fait et le jeu des percussions, des pulsations et des séquences, leurs ombres qui piétinent dans la dernière écho de la précédente, est un monument de plaisir. Cathedral est un titre vampirique à la Fantôme de l'Opéra. C'est enveloppant et sa présence ici est comme ce truc inattendu qui nous amène vers le sublime Voices from Outer Space. Le pinacle de DARK SUN! Et j'aurais conclu cet album avec ce titre car Canadian Woods, qui reste un peu dans les mêmes racines des rythmes mous, démantèlent un peu cette boule d'émotions forgée par Voices from Outer Space. Sauf que ses dernières minutes, plus agressives, nous font regretter cette première impression. Et les synthés! Leurs harmonies si spectrales, leurs chants si sibyllins et leurs divines ambiances trop sombres pour être célestes qui nourrissent ces dernières minutes, ainsi que Dark Sun Reprise nous ramènent constamment aux charmes de DARK SUN qui est toute une trouvaille. Un coup de génie de Faber qui mélange ici son approche toujours très mélodieuse et ses rythmes électroniques toujours bardés d'un intelligent jeu de séquences et percussions dans des ambiances sombres qui interpellent celle de Tangerine Dream dans Near Dark. Un très bel album Monsieur Ronald Schmidt!

Sylvain Lupari (05/10/15) *****

SynthSequences.com

Disponible au MellowJet Records

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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