• Sylvain Lupari

GIVENS & PADILLA: Being of Light (2017) (FR)

“Une MÉ exquise qui oscille à merveille entre rythmes pour jambes molles et structures ambiantes d’un esthétisme sonore riche en formes et en couleurs tonales”

1 Clearing the Mind 13:09 2 Threads of Thought 14:34 3 A Contemplative State 30:30 4 Being of Light 10:20 Spotted Peccary ‎– SPM 9094 (CD/DDL 68:26)  (Pacific Shool, Ambient Music)

Des reflets soniques dansent en eaux troubles alors qu'un lourd voile obscur recouvre les agitations statiques de l'introduction de Clearing the Mind. De multiples accords y tournaient et flânent comme des vers soniques qui tentent de sortir d'un manuscrit, entraînant dans un sillage harmonique ces fins chants de rossignol sculptés dans des synthés autant analogiques que digitaux. Le tout dégage une structure de rythme embryonnaire dont la fluidité est noyée dans un intense voile de tons immersifs. Et dès les premiers instants de cette seconde collaboration Givens/Padilla, on remarque la profondeur de cette délicieuse palette de sons et dont les mutations entre l'électronique, l'électrique et l'acoustique avaient fait les délices de Life Flows Water. Discret, le piano devient de plus en plus incisif, jetant une ombre plus dramatique à une phase qui transite déjà vers une autre qui est plus poétique. Nos oreilles sont attirées vers un puits de sons qui virevoltent comme ces poussières de prismes qu'une caméra cueille dans un léger tourbillon de poussières et de pollen par un radieux après-midi de printemps. Très lyrique, cette seconde phase de Clearing the Mind étend ses charmes et ses rayons de synthétiseurs qui donnent une saveur tonale aussi céleste que très ésotérique à la musique du duo américain. Un mouvement de rythme, toujours aussi muet qu'au début, ajoute une profondeur plus intense à une danse de prisme et à une mélodie embryonnaire d'un piano toujours en mode évasif et mélancolique. C'est le piano, et ses accords dédoublés entre le noir et le blanc, qui guide la danse lyrique de Clearing the Mind et qui tranquillement épuise ses réserves dans une finale plus éthérée.

Produit par le label Spotted Peccary, BEING OF LIGHT est proposé en CD manufacturé avec une très belle jaquette en format digipack ainsi qu'en téléchargement de haute qualité sur le site Bandcamp du label américain. Et cette 2ième collaboration Howard Givens et Craig Padilla est dans la même dimension que Life Flows Water avec une musique qui oscille merveilleusement entre rythmes pour jambes molles et structures ambiantes d'un esthétisme sonore riche en formes et en couleurs tonales. Threads of Thought suit avec de lents mouvements de nappes anesthésiantes, aux couleurs écarlates, qui foncent vers nos oreilles à la même vitesse que ces gigantesques taches d'encre d'une majestueuse pieuvre qui fondent dans l'océan. Une délicieuse ligne de basses pulsations tisse un rythme délicat auquel s'ajoute une guitare et dont les harmonies persévérantes diminuent la charge de ces nappes qui finalement donnent une touche spectrale à Threads of Thought. Des séquences clopinent et galvanisent une structure de rythme ambiant et dont le duel sonique entre les deux approches de Givens et Padilla donne une dimension de vie organique. A Contemplative State gère ses 30 minutes avec une approche méditative qui dépeint la profondeur de son titre. C'est très ambiant avec des mouvements parfois contrastés et des entrelacements de lignes atones qui se fondent avec des pointes d'harmonies, très effacées, et d'intensité qui prennent forme dans la gravité des tons. C'est un long voyage atone qu'il faut traverser afin de différencier ces passages plus célestes qui s'échappent de ce paysage assez ésotérique. La pièce-titre est aussi belle que Threads of Thought, en fait les mouvements flottants des nappes y sont puisés dans la même élégance, avec une très belle mélodie morphique forgée sur un superbe mouvement circulaire du séquenceur auquel s'ajoute une poignante ligne de basse. Le tout jumelé aux nappes endormitoires de Craig Padilla et ne suis pas loin des frissons que j'ai eu dans le superbe Until We Meet The Sky de Solar Fields. Un titre très fort et un joyau d'émotivité mes amis qui conclut un splendide album du duo Givens/Padilla. Oui, la musique ambiante et d'ambiances peut être très belle!

Sylvain Lupari (08/10/2017) ****½*

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Disponible at Spotted Peccary Bandcamp

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