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  • Sylvain Lupari

GLENN MAIN: Ripples (2012) (FR)

Ripples est un livre de 12 chapitres mélodieux où les parfums de Jarre et Vangelis coulent dans nos oreilles comme des rêves en plumes

1 Echoes from the Past 5:22 2 Remembrance 4:10 3 Moving On 5:26 4 Heart and Soul 4:56 5 Castles in the Air 4:48 6 Dream Catcher 5:46 7 Memory Shift 5:30 8 Ripples 3:58 9 A Drop in the Ocean 5:18 10 Sea and Stars 3:56 11 Floating 4:48 12 Outward Bound 4:44 AD Music AD107CD

(CD/DDL 58:44)

(Melodious New Age)

La musique de Glenn Main est un croisement entre celle de Jean Michel Jarre et Vangelis avec un cordon ombilical qui traînait dans les réminiscences de la New Berlin School. RIPPLES est le premier album du synthétiseur norvégien sur AD Music; le label de David Wright qui depuis quelques années à l'art de trouver de beaux sculpteurs d'une EM douce dont la base mélodieuse s'inspire des ambiances électro-cosmiques d'un New Age progressif. Cette étiquette colle à merveille à RIPPLES qui est une suite de 12 beaux titres, dont une très seconde moitié, qui s'entrelacent dans une très longue ballade emportée par ses échos du passé.

Un synthé avec une ligne de mots introduit l'approche mélodieuse de Echoes from the Past qui oscille sur les formes ondulatoires d'une ligne de basse. Ce fin tango cosmique virevolte avec délicatesse sur les percussions aux tonalités de verres, caressant quelques nappes de brume qui font éclater le rythme d'un flux stroboscopique léger. Ensuite Glenn Main nous entraîne vers une approche plus romantique avec quelques notes de piano qui flottent avec des parfums d'un jazz avant de faire siffler son synthé avec de belles lignes de flûte de pan. Echoes from the Past donne le coup d'envoi d'un album de rythmes légers et très mélodieux où les influences de Jarre et Vangelis trônent sur 12 titres qui échangent rythmes et ambiances sur près de 60 minutes de musique continue. Remembrance est une ballade lente et romantique construite sur les vestiges de Chariots of Fire avec des notes de piano limpides qui crient à l'écho de percussions métalliques légèrement feutrées. Le synthé dessine de belles lignes mélodieuses avec des chœurs en peine qui soufflent sur une belle approche cinématographique dont le crescendo est habillé d'un voile dramatique. Moving On coupe les ambiances taciturnes de Remembrance pour offrir un rythme saccadé qui sautille dans une spirale inversée. C'est un tempo assez vif. Une sorte de funk électronique, bourré des bruits blancs d'un effet de fuzz wah-wah et de pads de synthé mélodieux qui sortent de beaux solos sous forme de couplets. Ce rythme vif se perd dans la morosité de Heart and Soul qui tourne lentement autour d'un synthé qui subdivise ses lignes en souffles de saxophones et de brumes chantées, comme sur le titre posthume de Jean-Michel Jarre pour Ron McLain; Dernier rendez-vous. Les premiers accords de Castles in the Air me rappellent Popcorn. Mais le rythme devient plus mélodique et moins robotique pour s'épanouir en une belle ballade du genre Easy-Listening.

Naviguant entre toutes les sortes que la MÉ puisse offrir, Glenn Main montre sa créativité très diversifiée en offrant un titre aux ambiances aussi mélodiques qu'atmosphériques dans Dream Catcher qui est un pure New Berlin School avec des parfums de Software. C'est très bon! Memory Shift possède tous les attributs d'un remix d'Oxygène IV. Si le tempo diffère légèrement avec une approche plus mélodique que cosmique, les éléments galactiques et électroniques qui entourent Memory Shift ne laissent aucun doute sur les influences du synthétiseur norvégien qui sonne parfois comme Baffo Banfi. Ensuite nous avons droit au défilé des joyaux avec la pièce-titre et A Drop in the Ocean qui sont deux belles ballades électroniques moulées dans les souffles perdus de Echoes from the Past et sa superbe ligne de séquences qui tourbillonnent dans de délicates spirales harmonieuses. Les synthés d'Orion et les brises des flûtes enchantées caressent l'univers de Tangerine Dream dans Legend. Sea and Stars, qui me rappelle énormément l'univers poétique et sombre de Remy, est une autre belle ballade dont le rythme indécis porte les larmes d'un synthé plaintif qui transpose sa tristesse et sa mélancolie bien au-delà des frontières de Floating, un autre petit bijou de tendresse sur ce dernier opus de Glenn Main. Il termine cet album avec le rythme légèrement stroboscopique de Outward Bound qui, malgré son approche plus lourde et plus électronique, conserve tout le cachet mélodique de RIPPLES.

Dans un univers musical où nous sommes constamment à la recherche de longs couloirs évolutifs, expérimentaux et progressifs, ce RIPPLES est un petit bijou de MÉ facile à apprivoiser. Ça fait du bien, ça m'a déconnecté les neurones avec de belles ballades, des rythmes et des mélodies simples et efficaces. Et finalement, j'ai dévoré cet album hyper mélodieux et rêveur qui séduit tant par son approche naïve et ses structures calmes qui cachent aussi les échos de notre passé.

Sylvain Lupari (24 juillet 2012) ***½**

SynthSequences.com

Disponible chez AD Music

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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