• Sylvain Lupari

HARALD NIES: Fractal (2019) (FR)

Updated: Aug 20, 2019

“Voilà un autre très bon opus d'Harald Nies qui nous offre un excellent mélange entre E-Rock, l'EDM et de superbes tempos lents a nous donner des frissons de nostalgie”

1 Extent 7:09 2 out of the Dark 3:59 3 Recursion 6:33 4 geometric Patterns 5:49 5 Symmetry 7:27 6 Equations 7:27 7 Chaos Theory 6:28 8 Snowflake 6:49 9 Dream with me 6:25 10 Nightdream Part 2 6:17 11 Coming back to Earth 7:30

cdr-hn1901 (CD/DDL 71:59)

(New Berlin School, Electronic and Cosmic Rock) (V.F.)

Toujours très à l'aise dans son système de composition, je vous rappelle qu'il a une excellente vision en tant que compositeur et programmeur de rythmes, Harald Nies ne déçoit pas ses fans avec FRACTAL. Bien plus à l'aise avec ses synthés que sa guitare, le musicien Allemand propose une 12zaine de titres inspirés par les rythmes mathématiques de la MÉ minimaliste. Ce faisant, il exploite sa grande versatilité de compositeur en offrant son habile mélange de rockeur intergalactique à celui de barde aux idées toujours un peu confuses. Le résultat est du beau rock électronique toujours très mélodieux qui s'oriente dans une diversité que seul Harald Nies semble capable de gérer avec une vision qui nous donne quelques frissons.

Extent part le bal avec un mouvement ascendant du séquenceur. Les ions vont et viennent rondement afin de structurer ces rythmes toujours un peu fascinants de la MÉ. Le synthé souffle une douce mélodie en arrière-plan. Des percussions lourdes, mais pas trop agiles, adoptent le flux rythmique quelques secondes avant de faire décoller Extent sur les ailes d'un bon rock électronique toujours embelli par des roucoulements d'un synthé dont les effets et les nappes brumeuses servent plus la cause du suspense rythmique qui hésite en milieu de parcourt. Et bang! Le mode rock électronique prend plus de vélocité avec de superbes solos de synthé et de guitare qui survolent un rythme endiablé orné de riffs brumeux. Du gros rock électronique saisissant dont la furie du séquenceur déborde vers les frontières de out of the Dark qui est ni plus ni moins l'extension du rythme vertigineux de Extent. Lorsqu'on y pense, ça fait du sens! Les riffs de brume et les coussins de nébulosité font très Tangerine Dream, alors que la guitare emprunte ces légendaires hésitations d'Edgar Froese avant qu'il attaque un fulgurant solo. Du rock fougueux à la Harald Nies avec son habile mélange de guitare, toujours bien dosé, et de synthé sur un solide maillage des percussions électroniques au dynamisme du séquenceur. Après une intro ambiosonique de plus ou moins 2 minutes, Recursion décolle avec un mouvement ascensionnel répétitif où s'accordent des riffs brumeux à la TD. La musique éclate de lourdeur avec des pulsations vives moins de 2 minutes plus loin. Des percussions et de séduisants effets percussifs soutiennent cette rythmique qui flirte avec du bon rock cosmique, tandis que le synthé multiplie des solos harmoniques avec des tonalités variées qui font plus dans le séraphique, dans l'éthéré. Un bon titre! geometric Patterns embrasse ses brumes et flotte dans ses particules d'éther. C'est un titre plutôt statique avec des lignes multisonores qui entrecroisent leurs différences tonales dans un firmament rempli de scintillements interstellaires. Tous ces éléments d'ambiances lunaires embrasent un plafond sonore qui flirte avec des phases d'intensité sur un lit de séquences circulaires qui n'éprouvent pas l'envie de souder un rythme plus accentué. Comme les chaque titres de FRACTAL s’enchaînent, Symmetry marche aussi sur des orchestrations lunaires avant que des cognements successifs moulent un rythme pulsatoire linéaire. Des nappes multicolores et des fredonnements séraphiques accompagnent cette procession ambiante que des percussions retournent en une structure percussive cernée par les entrelacements des nappes. Le séquenceur secoue un peu ses ions qui se détachent en des vagues d'oscillations papillonnantes pour servir d'assise à de beaux solos dont l'intensité des tonalités aiguisées donne des frissons dans l'échine. Chaque album que j'ai entendu d'Harald Nies cache un beau bijou de tendresse dans son emballage. Equations est celui de FRACTAL! Un beau slow avec un synthé mélancolique, la musique nous transperce par ses multiples effets de romance un brin sensuels, mais non charnels. Le rythme est lent! Bien ficelé à une ligne de basse aussi efficace que les percussions, il tournoie avec une fragilité bien assortie par des arpèges qui pétillent ici et là, de même que des nappes de synthé parfois éthérées parfois émouvantes. Des effets cosmiques ornent cette lente procession sphéroïdale avec de fascinants pépiements jetées comme des riffs dans cette mer d'émotivité. Même la voix féminine, pour un bref instant, paraît bien dans ce titre fait pour danser collé-collé…Dream with Me est l'autre slow tempo de FRACTAL. Un blues cosmique, dont les percussions et les tricotements dans les solos de guitare ajoutent un soupçon de Jazz bien maquillé par des bons solos et ces arpèges en verre qui papillonnent avec fragilité dans les sphères de ce dernier opus d'Harald Nies. Chaos Theory est un bon rock électronique assis confortablement sur un maillage de séquences et percussions. Saccadé et fluide, ce maillage donne une vie enlevante à la musique, tandis que le synthé multiplie des solos dans un panorama ornée de gros filaments stroboscopiques et de tendres filets d'arpèges toujours aussi délicats. Les effets percussifs vissent la musique dans un mode électronique, alors que les nappes de synthé donnent une teinte de rock progressif. Snowflake est un titre d'ambiances avec des arpèges éclosant comme des flocons de neige. Un lit sonique façonné par des nappes aux couleurs diversifiées accueille l'idée derrière le titre où l'on peut entendre des effets d'harpe et cette voix qui chatouillait les sens dans Equations. L'enveloppe musicale me rappelle les mystères de Mind Over Matter. Nightdream Part 2 est un bon mid-tempo qui dérive vers un solide rock bondé de gros solos de synthé. Les effets de ralenti dans les nappes et l'ascension de la vélocité, activée par un sobre clavier, ajoutent aussi une touche de rock progressif. Coming back to Earth termine FRACTAL en deux temps. Son introduction est stimulée par une masse de séquences nerveuses et grouillantes de vie statique ainsi que des percussions enlevantes et en mode danse. Son évolution suit une tangente quasiment cinématographique avec une gradation dramatique dans la survie de son rythme. Les nappes de synthé donnent un reflet argent métallique à cette structure toujours ambivalente et toujours bien décorée d'effets, tant percussifs que synthétisés. Les solos sont bien orchestrés avec des dérivations enveloppantes pour les sens. Ce rythme semi entraînant évapore ses instincts dans une courte phase ambiosphérique avant de rejaillir avec plus de ténacité dans une 2ième partie plus en mode danse. Genre lorsque Moonbooter fait dans du Berlin School. C'est dommage que l'on n’entende pas parler d'Harald Nies plus souvent. Au fil du temps il nous a toujours donné de beaux albums qui pouvaient compétitionner sans honte avec les dernières visions de Tangerine Dream, période TDI, avec une capacité plus émotive à créer de beaux vers-d'oreille (chaque album possède un titre qui nous fait craquer) et des structures qui possèdent beaucoup plus de chaleur. FRACTAL n'est pas différent! C'est du bon New Berlin School toujours orienté vers un rock qui ne dégrade jamais le genre. Lâche pas Harald, les gens vont bien finir par découvrir ton talent et ta musique un de ces jours!

Sylvain Lupari (27/03/19) ***½**

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