© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle
  • Sylvain Lupari

HARALD NIES: The Circle (2019) (FR)

Toujours un peu difficile à apprivoiser, la musique de Harald Nies dans The Circle est parmi sa meilleures à entendre et aussi à apprivoiser

1 Out of Shape 5:28

2 Irrational Bias 4:42

3 In the Centre 5:41

4 Circuit 6:14

5 Tangent Lights 6:37

6 Borders of Life 5:15

7 Threesixty 7:57

8 Magic Pi 5:46

9 No Boundaries 8:18

10 Hold Me 7:44

11 Leaving the Circle 7:57

MellowJet Records ‎– cdr-hn2001

(CD-r/DDL 71:40)

(E-Rock, New Berlin School)

C'est une ouverture soufflée dans du cristal qu'une série d’arpèges saccadés déroule une structure qui est violemment happé par une ligne de basses séquences aussi féroces que les percussions. Out of Shape nous mange les tympans avec une approche circulaire lourde et fluide où chantonnent un synthé et ses saveurs mexicaines. Un genre de fiesta tribale piégée dans une tornade de séquences giratoires, ce premier titre de THE CIRCLE a de quoi surprendre! Fidèle à sa signature de rocker cosmique, Harald Nies a toujours ce don de mettre nos oreilles au même diapason que nos pieds pour débuter ses albums. Out of Shape ne fait pas exception. C'est un rythme lourd et entraînant qui est sculpté dans une vision décoratrice avec un essaim d'arpèges et de séquences qui entrecroisent leurs lignes dans un combat entre harmonie et rythme qui atteint un niveau d’intensité encore plus élevé après un bref passage ambiant. Apprivoisé un album d'Harald Nies n'est pas toujours facile! Toujours très versatile dans le choix de ses compositions, et dans l'art de les intégrer dans un ordre assez variable au niveau des intensités, Harald nous propose un autre album avec sa panoplie de rythmes s'imbriquant dans une mosaïque qui demande quelques écoutes afin de bien démêler la dose d'émotions qu'il nous balance.

Après ce rock fougueux, Irrational Bias suit avec une structure d'Électronica bien martelé. C'est comme si Moonbooter ferait du hard-rock électronique avec ses ailes cosmiques. La conception harmonique est très stylisée dans THE CIRCLE. Les arpèges, comme les séquences d'ailleurs, ont un volet autant harmonique que rythmique en sortant des structures afin de couler comme une seconde peau. Ça donne une dimension plus attirante à la musique qui ne serait qu'un simple Techno, pour ici, ou de simples rock électronique ailleurs dans l'album. Bon et inattendu, Irrational Bias nous fait taper du pied dans cette autre forme de Techno qui étend ses filaments ambiants jusqu'à l'ouverture de In the Centre qui tranquillement éclot dans un bon rock circulaire. Dans une structure quasi similaire, mais imbibée de superbes solos de guitares, Circuit nous fait danser mollement au lieu de nous faire planer. Chaque album propose sa perle! Ici c'est Tangent Lights avec son très beau slow cosmique qui allie sensualité et lourdeur éthérée. Tout ici est conçu pour faire danser nos poils de bras avec les fibres de notre âme. Ça ne peut pas être plus beau qu'ici dans THE CIRCLE.

Borders of Life nous replonge dans ces rocks lourds et circulaires avec une ligne de basse et des percussions affamées. Voguant entre cette structure très animée et des courtes phases plus éthérées, la musique reste très mélodieuse notamment avec des beaux solos de synthés et autres effets plus éthérés ainsi que de bons effets électroniques qui flirtent avec un fascinant dialecte indéchiffrable. Threesixty suit avec une ligne d'arpèges gras et discordants qui roulent sur elle-même, entraînant le rythme dans ces doux rocks électroniques de Tangerine Dream des années Miramar. Les effets percussifs restent des joyaux qui piquent notre curiosité auditive alors que les véritables percussions entraînent la musique dans un rock sobre bien arrosé de ce mélange de solos de synthé et de guitares. Un bon titre dont la finale dévie vers le rythme plus statique et les ambiances plus flottantes de Magic Pi. No Boundaries suit la courbe de Threesixty en proposant deux lignes de rythme aux parcours entrecroisés. Elles tracent une spirale ondulatoire avant d'accélérer la cadence près de 2 minutes après une introduction remplie d'éléments d'ambiance électronique. La progression reste cependant calme avec un genre de galop dans les plaines vertes d'un mirage électronique où la musicalité se cache derrière des solos mirifiques et des arpèges harmonieux. Un noyau de petits pas perdus excite les douceurs de No Boundaries qui s'illumine alors d'une délicieuse fusion de solos de synthé et de guitares. La structure de Hold Me est plus entraînante avec un rock soutenu dont la fluidité berce les lamentations de la six-cordes électrique d'Harald. La structure frappe sa phase atmosphérique avant de renaître avec une approche plus sautillante et ses solos aux parfums d'un trompettiste mexicain échoué sur une autoroute cosmique. Après un bref départ laborieux, Leaving the Circle termine THE CIRCLE avec un rock planant assez entraînant qui est unique à la signature d'Harald Nies. Le mouvement est circulaire avec d'innombrables solos et des percussions tapageuses qui sont aussi plus nombreuses dans ce dernier album du musicien Allemand.

Il faut se donner une chance pour véritablement percer la muraille de cette versatilité qui rend toute tentative d'apprivoisement plus difficile dans les albums d'Harald Nies qu'ailleurs. Pourtant, sa musique est très bonne. Son tissu et ses fibres sont plus complexes à cause de la diversité des compositions et de la texture sonore plus dense et riche à l'intérieur de ces compositions. La durée de ses albums sont aussi à reconsidérer. Il y a deux ou trois titres ici qui enlèvent beaucoup de lustre à THE CIRCLE qui est très certainement parmi ses meilleurs albums et je dirais même le plus accessible à cause des titres comme Out of Shape, In the Center, Tangent Lights et No Boundaries. C'est beaucoup de raisons 😉!

Sylvain Lupari (02/03/20) *****

SynthSequences.com

Disponible chez MellowJet Record