• Sylvain Lupari

INDRA: Archives Platinum FIVE (2016) (FR)

“25 CD plus tard, je n'ai jamais assez de la musique d'Indra qui est une merveille de l'art minimaliste avec de belles séquences et sa part d'actes mélodieux”

CD 25

1 The Quest for Nemo 12:51

2 Lexicon 10:51

3 Chill Book 21:38

4 Endorsement 17:14

5 So Long, Time Will Tell 8:51

Indra Music (CD/DDL 71:28)

(Roumanian & Berlin Schools)

Voilà! La très belle aventure de la séries Archives d'Indra se termine ici. Et pas de n'importe quelle façon. PLATINUM FIVE propose une large variété des genres que le musicien Roumain a développé au fil des ans. Un autre bel album alors que mes oreilles se régalent encore de Platinum Five.

The Quest for Nemo étonne avec une étonnante structure de Berlin School fluide. Derrière une armada d'effets de vents venant de partout se cache une ossature de rythme du genre Stranger Things dont la portion harmonique est surdimensionnée avec des accords un peu anarchiques qui dansent dans les sens contraires des vents. Ça fait très Berlin School avec un bon clin d’œil aux structures de Tangerine Dream, dans une enveloppe plus contemporaine. J'aime bien! Si la structure de The Quest for Nemo est coulante, celle que Lexicon propose est un genre de break-dance avec des frappes de dactylos percussives qui mitraillent une structure spasmodique. La portion harmonique est proposée par un synthé avec des chants qui épousent la tangente structurelle de Lexicon. Synthia recouvre ces entrechoquements rythmiques de sa voix forgée dans les interstices du synthé où se trouve une bassin de chloroforme alors que des nappes de voix plus chthoniennes vont et viennent dans ce décor rythmique des années 90-00. Pour ce dernier CD de cette immense collection d'Archives, Indra n'a pas oublié les amateurs de musique minimaliste de la Roumanian School avec Chill Book. Le rythme s'installe assez tôt. Chassant les brouillards mystiques de la MÉ, il est construit sur des secousses plus vives que dans Lexicon. Des fascinantes tonalités dans les séquences percussives, on dirait qu'elles sont constamment à bout de souffle, et des séquences aux sauts aléatoires forgent tant la structure de rythme que celle harmonique. Le mouvement traverse une phase atmosphérique tapissée de brume et de séquences égarées avant de revenir avec une vision plus spasmodique. Voire stroboscopique. Les séquences sont le cœur des charmes de Chill Book.

Endorsement est un titre très violent qui manipule très bien notre désir en sons et rythmes. Une furieuse ligne d'oscillations sautille avec force dans son introduction. Ces boucles forgent une ligne de rythme spasmodique, comme 1 000 unijambistes tapant sur une ligne de feu! Nuance il y a dans ces bombardements de boucles oscillatrices dont la tonalité épouse la vélocité, comme une sensation de changements de vitesse entre ses descentes et ses remontées. Une grosse sirène retentit, donnant plus de poids à cette agression tonale. Les percussions modifient cependant le cours de la tempête sonique en la réorientant vers une transe morphique. C'est le début de l'enchantement! Le son des percussions s'amuse à flirter avec une forme d'écho construite dans du bois rond alors que les oscillations reprennent un peu ce rythme, moins rapide faut le mentionner, de Pink Floyd dans On the Run. Les nuances dans le rythme et dans les tonalités du séquenceur, ainsi que des oscillations et des percussions jouent tour-à-tour avec l'appétit de mon ouïe avec un Indra en pleine forme qui approfondit aussi la portée des résonnances de ses éléments percussifs. Il faut prêter attention puisque parfois, certaines percussions imitent une envolée de palmipèdes ou encore les effets de résonnances d'arbalètes. Séduisantes comme intrigantes, elles magnétisent tellement le panorama d'Endorsement qu'on oublie qu'une mélodie s'est déjà formée et joue aussi avec ces petits plaisirs attachés à la permutation des tons comme à une injection d'émotions avec ces arrangements qui viennent danser avec cette chair de poule qui n'arrête plus de me faire mal. La suite des choses est une introduction dans une phase plus dynamisée qui nous amène à de la grosse EDM galvanisée par le souci des détails d'Indra. Un dernier grand titre avant So Long, Time Will Tell. Est-ce que ce titre est porteur de message pessimiste? Le temps le dira effectivement. Mais en attendant il s'agit d'une ritournelle du style Halloween qui est programmée sur une structure de rythme qui va en croissant avec un pactole d'effets sonores aussi étranges que singuliers. Comme un magicien qui quitte la scène sous des explosions afin de dévier notre attention sur ce qui pourrait être un dernier tour de piste.

Indra laisse un gros héritage à ses fans avec cette série de 25 albums répertoriés en 5 sections; Ruby, Emerald, Gold, Diamond et Platinum. Il y a plusieurs bijoux dans cet immense coffre alors que certains albums demandent une plus grande ouverture d'esprit. Bref, des heures d'enchantements et de découvertes. Comme sur ce PLATINUM FIVE alors que les parfums des albums 3 et surtout 4 aromatisent toujours mon ouïe. Merci Indra et en espérant un retour bientôt…

Sylvain Lupari (23/07/19) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Indra Bandcamp

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