• Sylvain Lupari

JAMES MURRAY: Eyes to the Height (2016) (FR)

“Envahissant, Eyes to the Height a eu le même effet sur moi que lorsque je devenais accro à Until We Meet the Sky from Solar Fields”

1 The Black and the Grey 5:44 2 Holloways 5:55 3 What can be Done 6:14 4 Particles (Part 1) 6:10 5 Eyes to the Height 4:58 6 Ghostwalking 6:02 7 Passing Places 5:25 8 Laterisers 5:47 9 Particles (Part 2) 5:14 10 Copestone 7:01 Inre087

(Digipack/DDL 58:37) (Psybient)

Ça faisait un bail que j'espérais trouver un autre artiste possédant un esthétisme sonore aussi émouvant que celui de Magnus Birgersson. À tout le moins dans son album Until We Meet the Sky, paru en 2011. Eh bien, ce dernier opus de James Murray est un digne prétendant. Sculpté dans une vision panoramique aussi éclatante que cette œuvre de SolarFields, EYES TO THE HEIGHT nous en met plein les oreilles avec un paysage sonore aussi luxuriant que les secrets d'une forêt sonique égarée dans les Édens d'Ultimae Records et où se perdre encore des sylves toujours immaculées.

Ce voyage interstitiel dans les univers de MÉ débute avec des arcs sonores qui se consument comme des sillons de lait dans un café. Le lent mouvement de The Black and the Grey irradie de ces ombres de praline qui s'accouplent à de filiformes lignes de synthé aux couleurs écarlates. Des pulsations ajoutent une approche techno pour Zombies en devenir dans une faune sonore où des voix murmurent une oraison imprécise à nos oreilles. Ce premier titre redéfini les barrières de ce cet opus retour de James Murray sur le label Lyonnais. Le lent mouvement cache un crescendo qui sera plus apparent sur certains titres alors qu'une mélodie sibylline se fraye un chemin à travers une faune bruiteuse. Des bruits tout à fait séduisants qui étiolent leurs fragilités dans Holloways pour une présence plus séraphique. L'approche est à la fois lourde et lente avec des percussions et des cymbales molles qui accompagnent une procession de pulsations borborygmes se dégageant entre les interstices des tissus sonores. On flotte et on rêve en regardant les sirènes se prélasser sur une banquise interstellaire. What can be Done est le premier rendez-vous avec nos émotions. Sur une structure de rythme molle ficelée à un crescendo, le lent mouvement s'orne d'une panoplie de bruits ambiants afin de serpenter une cime cicatrisée de ses papules rocailleuses. Le jeu des échos entre les percussions et les pulsations s'arrime à une basse entêtée qui propulse What can be Done vers une onde de mélodie sculptée dans les songes d'un clavier nostalgique. C'est un titre qui respire le Psybient de Solar Fields. Très bon!

Et nous ne sommes pas sorti de l'emprise des charmes de cet album avec Particles (Part 1) qui nous rentre dedans par son rythme atone et ses arches mélodiques qui chevrotent comme d'immenses reflets réverbérant que ces doigts de géants produisent en caressant la surface d'un lac calme. Le rythme, toujours très célestement lent, épuise des battements qui restent prisonniers de cette approche autant mélodique que sibylline. Une approche qui se transpose sur la pièce-titre et ses arpèges frigorifiés. Des arpèges qui peu à peu épousent la cadence d'un rythme croissant afin faire miroiter un chant illuminé sur les pulsations retenues d'un bon down-tempo. Après un Ghostwalking nettement plus lent que le E.P. de Septembre dernier, Passing Places et Laterisers nous amène dans les territoires plus nocturne, plus abscons et plus ambiants de EYES TO THE HEIGHT. Un passage d'ambiances qui relèvent un peu plus la saveur de Particles (Part 2). Un titre qui laisse autant ses traces entre nos oreilles et à l'orée de notre âme que la séduisante partie 1. Avec sa structure de rythme plus relevée et plus entraînante, quoique l'on ne défonce pas les murs ici, Copestone fait un peu bande à part dans cette mosaïque de James Murray. C'est un titre qui se rapproche un peu plus de Where Edges Meet, paru en 2008 sur Ultimae Records, avec une ambiance plus éthérée et surtout plus radieuse où une nuée de lignes aux harmonies pleines de contrastes et de retenues flottent sur un lit de pulsations dont l'approche arythmique épouse les cent pas d'un mille-pattes à l'agonie.

On ne peut rester insensible aux productions uniques et toujours très stylisées du label Ultimae Records. Si certaines œuvres restent cabalistiques, d'autres nous attire tout de go dans cet univers où les charmes se multiplient à mesure que notre ouverture d'esprit gonfle notre passion pour la couleur des sons et des rythmes toujours lascivement attirants. C'est exactement ce qui nous attend avec cet opus très lyrique de James Murray. Et je dois avouer que EYES TO THE HEIGHT m'a fait un effet d'écoute aussi addictif qu'avec Until We Meet the Sky de Solar Fields. Et ça mes amis, ce n'est pas peu dire. Un monument dans le genre Psybient!

Sylvain Lupari (16/12/16) ****¼*

SynthSequences.com

Disponible au Ultimae Records Bandcamp

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