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  • Sylvain Lupari

JEFFREY KOEPPER: MantraSequent (2017) (FR)

“Franchement superbe avec ses mélanges de rythmes et d’ambiances, le magnifique art analogue respire ici dans chaque parcelle de tons

1 Parallax 12:42 2 Aura 7:43 3 Mandala 2:09 4 Apparition 10:38 5 Aurora 3:51 6 Gateway 13:48 7 Halo 6:34 8 Equinox 5:46 9 Spectre 4:02 Projekt | PRO341

(CD/DDL 67:20) (Mix of French and Pacific Schools)

Ça faisait longtemps que j'avais entendu la musique très stylisée de Jeffrey Koepper. Cet artiste exceptionnel fait partie de ces pionniers qui croient toujours aux vertus des synthés et des équipements analogues. Ce qui rend sa musique, sa prose et sa tonalité unique. Vivante! Sa dernière offrande, offerte en format CD manufacturé et en téléchargement par le label américain Projekt Records, est un voyage, segmenté en 9 parties, au cœur des transes méditatives avec une ossature principale du séquenceur qui dénoue des hymnes spasmodiques, comme des structures plus paisibles et poly-rythmiques, qui sont nappées d'arrangements immersifs. Très animé par un séquenceur aux tonalités exceptionnelles, MANTRASEQUENT dégage des parfums connus, qui restent pourtant oubliés dans le temps, dans une enveloppe contemporaine. Et une chose unique se démarque de son esthétisme musical; cette facilité que le musicien américain à d'unir les essences cosmiques de l'École de France, genre Jean-Michel Jarre, Zanov et Space Art, à la Pacific School où les influences de Steve Roach et Michael Stearns sont solidement ancrées.

Cette dernière aventure de Jeffrey Koepper débute avec la structure très entraînante de Parallax. Le rythme est vivant et enflammé. Il évolue par phase oscillatoire et ses multiples rebonds spasmodiques structurent un effet d'écho rythmique légèrement planant, sinon doucement circulaire. Endiablé, le séquenceur module des variations dans ses tonalités, de même que dans ses accords saccadés, donnant l'illusion que deux structure de rythme fusionne ou se détache dans cette longue odyssée rythmique mouvante. Les ambiances sont dessinées par des couches un peu rauques qui bourdonnent avec un effet circulaire et de petits détails inconnus qui poussent notre curiosité auditive à ses derniers tranchants. Ces ambiances deviennent plus présentes avec l'arrivée des percussions qui donnent un effet plus dans le genre Dance Music du futur à Parallax. Aura suit avec une succulente structure de rythme plus éthérée avec des arpèges vifs comme les ailes d'un colibri. Ces arpèges clignotent et tournoient autour d'un rachitique squelette séquencé qui émiette ses ions soniques par secousses discontinues. Il y a un esprit très vintage derrière ce titre qui accroche dès les premiers instants en raison de la limpidité des séquences qui sonnent comme des coups de marteaux sur une enclume en verre blindé. Des nappes de voix célestes accostent cette autre structure spasmodique où les ions se détachent afin d'offrir une tonalité plus acuité et plus musicale à ce titre qui épouse une certaine vélocité lorsqu'il se dirige, avec des bonds plus sourds, vers l'intro gargantuesque de Mandala.

C'est un court moment de repos céleste dans la première partie de cet album car Apparition suit avec des nappes qui zigzaguent dans des effets de brume. Une pulsation hésite en arrière-plan afin d'implanter un rythme. Ce faisant, la structure gambade délicatement avec plus un effet d'errance que de domination. Une autre structure de séquences agrémente l'approche incertaine de Apparition qui semble trop bien dans les multiples caresses des effets d’ambiances. Mais peu à peu, la structure se lève et se dresse avec la multiplication des ions qui folâtrent avec légèreté dans une finale qui se fait de plus en plus rageuse. Ce torrent d'irascibilité se déverse dans l'océan de sérénité qu'est Aurora. Et la roue rythmique se remet en marche avec le très bon Gateway dont la richesse réside dans la diversité des tonalités du séquenceur ainsi que de ses séduisants effets percussifs. Nous sommes dans les territoires de la très bonne MÉ faite avec l'esprit de ses premiers concepteurs. Halo est le plus long moment éthéré de MANTRASEQUENT. Éthéré mais riche en émotivité avec des nappes de voix qui flottent avec intensité et avec une légère inflexion dans son approche ambiante. Equinox est un splendide titre qui semble inspiré des rythmes plus ou moins ambiants de Steve Roach. La structure déroule deux et même trois pattern rythmiques qui sautillent en phases dichotomiques dans un somptueux décor d'ambiances méditatives. Et j'aime cette façon qu'a Jeffrey Koepper de diriger l'auditeur vers la finale de son dernier opus alors que Equinox patauge dans un ruisseau pour se diriger vers une autre très belle phase de sérénité avec le doux Spectre. Ce superbe album ne pouvait avoir une meilleure finale. Chapeau Jeffrey pour cet album sans bavures. Et comment ne pas le recommander?

Sylvain Lupari (09/09/17) ****½* SynthSequences.com

Disponible au Projekt Records Bandcamp

© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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