• Sylvain Lupari

JUTA TAKAHASHI: Music for Urban Promenades (2020) (FR)

Il y a une forme de vie dans cet album qui donne constamment l'impression que les ambiances deviennent trop vivantes

1 Music for Urban Promenades 71:42

Lunisolar Records ‎– LR017

(CD/DDL 71:42)

(Ambient Music)

Tout vient de loin! Une onde grimpante et des faibles tintements, on dirait des stridulations de criquets avec de l'embonpoint, augmentent leurs présences à mesure qu'ils arrivent à nos lobes d'oreilles. Dès cet instant, MUSIC FOR URBAN PROMENADES inondent nos oreilles avec un flux sonore en suspension, laissant libre court à cette symphonie de clochettes, de tintements et de stridulations industrielles tinter, chanter et résonner entre les fines lignes d'un brouillard bleuâtre. Lors d'un voyage à Yokohama, ville du Japon, au début des années 2010, Juta Takahashi visitait un centre commercial couvert, à Minato Mirai. Lors de sa promenade, il remarquait un léger son de cloche qui venait par intermittences. Le son des haut-parleurs cachés le long de la promenade laissait entendre une mini symphonie de tintements d'anneaux clairs de cloches. Il trouvait que ça s'entendait bien avec l'environnement. Il a même trouvé l'expérience enrichissante. Depuis qu'il a été impressionné par ce qu'il nomme être une excellente ambiance, le Steve Roach japonais rêvait de reproduire un truc semblable qu'il croit avoir atteint avec MUSIC FOR URBAN PROMENADES. Et la véracité de ce fait, réside dans notre attitude face à l'écoute. L'album a été réalisé à faible volume. Il est donc important, voire primordial, de l'écouter en respectant ce barème. Sinon, vous n'arriverez jamais à vous connecter à ce très bel album. Je le sais pour l'avoir tenté…

Les tintements deviennent des bourdonnements dont les tonalités graves peinent à percer cette muraille de cricris qui semblent survivre assez bien dans les trottoirs souterrains. Cette longue pièce de musique évolue dans un état très minimaliste. L'arrivée des drones sonores apportent un peu de chaleur musicale à cet univers de clochettes où les grosses cloches interviennent qu'en de brefs instants bien éparpillées, le sculpteur des sons japonais préférant plus injecter une harmonie tibétaine et/ou hindoue à cette symphonie pour promenade souterraine. Il y a de brefs moments lumineux, à la Michael Stearns, qui nous laisse croire que la musique est idéale pour faire dodo. Hanhan! Il y a une forme de vie dans cet album qui donne constamment l'impression que les ambiances sont trop vivantes par rapport à une source idéale pour le dodo. C'est vrai aussi que les stridulations industrielles peuvent atteindre des sommets d'acuité invisible, mais présente. Malgré ça, la musique est idéale pour faire surfer notre imagination lors d’une séance de méditation ou de flânerie cérébrale. Nos oreilles arrivent à croiser une ligne de basse rampant harmonieusement ici et là, donnant un aspect assez Steve Roach lors de ses sessions nocturnes.

Je ne suis pas fan de Brian Eno, mais ça reste le meilleur exemple pour décrire cette symphonie ambiante mais étonnement mélodieuse avec tous ces divers tintements qui parviennent à jouer avec les étoiles. Music for Urban Promenades II est fraichement débarqué sur le Net. Un beau travail de création mon cher Juta!

Sylvain Lupari (09/11/20) ***¾**

SynthSequences.com

Disponible au Juta Takahashi Bandcamp

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