• Sylvain Lupari

KLAUS SCHULZE: Irrlicht (1972) (FR)

“Irrlicht est une symphonie pour orgue atmosphérique à la grandeur et aux importances des œuvres minimalistes de Steve Reich et Philip Glass”

1 Satz Ebene 23:23

2 Satz Gewitter / Energy Rise - Energy Collaps 5:39

3 Satz Exil Sils Maria 21:25

4 Dungeon (Bonus Track) 24:00

SPV 304962 CD - REV 046

Autant le dire d'entrée de jeu, ce n'est pas avec IRRLICHT que j'ai apprivoisé la musique de Klaus Schulze. Si je me rappelle bien, j'avais trouvé ça carrément ennuyant. De l'anti-musique que je me disais. J'écoutais encore Meddle de Pink Floyd et aussi Led Zeppelin IV, Grand Funk, Deep Purple et autres…Donc vous comprendrez qu'IRRLICHT débarquait d'une autre planète. Plus tard, lorsque que j'ai appris à connaître la musique de Klaus un peu mieux, IRRLICHT et Cyborg faisaient partie des albums qui m'attiraient le moins dans son répertoire et dans l'univers sans cesse grandissant de la Musique Électronique. Je me demandais même comment certaines personnes pouvaient aimer cette musique bizarre et flottante qui me semblait sans âmes, ni profondeur. À l'époque, la presse spécialisée en musique underground et expérimentale criait au génie. Schulze avait la palme et on vantait les mérites de cette œuvre avant-gardiste (certains disaient que Schulze avait 20 ans d'avance sur ses pairs) qu'il était une stupéfiante symphonie pour orchestre et machines électroniques qui laisse bouche bée. La beauté da la musique en fait oublier la nouveauté. (Hervé Picard/Best 1973). Alors lorsque nous avions entendu les premières lignes de Satz Ebene, je peux vous dire que mes potes et moi, on s'est regardés…!

Près de 35 ans plus tard, Revisited Records sort une nouvelle édition remasterisée, additionnée d'une longue pièce en bonus, pour les fans et collectionneurs de Klaus Schulze. Vu que je n'ai que le vieux 33 tours plein d'éraflures sur une K7 et que je suis un fan de KS, je me suis laissé tenter. Et ce même si je savais que je pénétrerais dans un univers sombre et ambiant, car aujourd'hui mes goûts n'ont pas tout à fait changé. La musique flottante n'est toujours pas mon genre et je recherche avant tout une mélodie et des frissons lorsque je veux entendre de la musique. Donc c'est plutôt avec mes oreilles actuelles que je vais vous parler de cette œuvre d'hier qui marquera la musique de demain, et dont les brises synthétisées nourrissent toujours certaines œuvres d'aujourd'hui. Satz Ebene est une étrange incantation. Une longue pièce flottante qui traîne son harmonie pathétique sur une grosse orgue qui aurait fait les délires du Fantôme de l'Opéra. C'est un titre qui sort tout droit des atmosphères glaciales de Zeit des années Pink de Tangerine Dream. C'est un long solo d'orgue et ses effets multi-pistes qui reste en suspension et flotte avec ses ondulations jusqu'au très ambiant, glacial et lugubre Energy Rise, qui est aussi flottant et abstrait que Satz Ebene. Satz Exil Sils Maria est tout aussi planant. Par contre, les ambiances sont moins sombres et moins intrigantes que dans Satz Ebene. C'est une longue cérémonie sonore qui change subtilement de voie sans pour autant gagner en rythme. Dungeon est la pièce en prime. Elle aurait été composée au début des années 70 et c'est tout à fait possible car elle chevauche l'esprit d'Ebene et d'Exil Sils Maria.

Non, mes oreilles ne se sont pas adaptées aux grandes messes pour synthétiseurs, et orgues Farfisa, aux psaumes vaporeux et nébuleux. Je reste toujours une âme pour rythme, séquences, mélodie et grosses riffs, même si j'apprécie de plus en plus la musique ambiante. Vous devinez que j’affectionne tout particulièrement une MÉ qui bouge sur des rythmes en mouvement. IRRLICHT n'est pas de ce genre! En contrepartie, l'écoute attentive de cette édition revampée m'a fait découvrir les racines et le génie avant-gardiste que l'on attribuait à Klaus Schulze. Mais je savais déjà ça! On y perçoit les idées et les grandes lignes créatives qui allaient servir de tremplins musicaux pour créer ses fabuleux titres qui vont se succéder jusqu'à X. Au final, c'est un long voyage planant et sans grandes émotions. Une symphonie pour orgue atmosphérique à la grandeur et aux importances des œuvres minimalistes de Steve Reich et Philip Glass. Mais je n'aime toujours pas…

Sylvain Lupari 20/06/06 *****

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