• Sylvain Lupari

KLAUS SCHULZE: Trancefer (1981/2006) (FR)

Trancefer est un album qui lie un peu mieux le vieux style de Klaus Schulze à cette nouvelle époque de musique électronique digitale

1 A Few Minutes after Trancefer 18:20

2 Silent Running 18:57

3 A Few Minutes after Trancefer (Version 33 Halfspeed) 18:17

4 Silent Running (Version 45) 19:07

IC ‎– KS 80014

SPV 305502 CD - REV 071

(CD 74:41)

(Experimental, Ambient)

Après la froide surprise en Dig It, l'ami Klaus revient avec un album qui allie un peu mieux le vieux Klaus Schulze avec le nouveau digital. Bien que TRANCEFER soit le plus court album qu'il ait produit à ce jour, à peine 38 minutes, il présente deux longues pièces à évolution lente et minimaliste. C’est vrai, la sonorité n’est plus la même, mais l'âme et la chaleur qui y flottent font de TRANCEFER un album qui aurait dû précéder Dig It au lieu de le suivre. Mais comment peut-on parler de chaleur avec la froideur digitale? La réponse réside dans le violoncelle de Wolfgang Tiepold et les percussions de Michael Shrieve, les deux artistes offriront un bel album en 1984 intitulé Transfer Station Blue, qui tranchent dans cette ambiance numérique et apportent à ce deuxième essai de KS dans les sphères digitales une profondeur musicale qui rehausse une approche qui se veut plus près des sentes du vieux Schulze que Dig It.

A Few Minutes After Trancefer démarre sec avec des nappes aux voiles d’orgues d’églises qui s’étendent sur un mouvement vide dont les réverbérations tissent une toile qui accueillent des accords nerveux circulant en tandem aléatoire avec de subtiles tonalités de percussions. L’ambiance se remplie de larmes de violoncelles qui cisaillent et caressent un mouvement dont les soubresauts métalliques se jumellent aux percussions. Cette première partie offre un duel cello/synthé particulièrement savoureux. Wolfgang T. laboure son violoncelle qui fusionne avec les discrètes complaintes d’un synthé, donnant un relief structural intense et une chaleur harmonique à un mouvement aux froides tonalités d’églises industrielles. Les nappes fantomatiques hachurent une ambiance de tôle épaisse lorsque les percussions indigènes de Michael Shrieve harponnent A Few Minutes After Trancefer avec des frappes indisciplinées qui vont à merveille avec un mouvement devenu indocile, et ce malgré toute la synergie entre les séquences digitale, les nappes de synthé aux tonalités d’orgues et les discrets coups d’archets de Tiepold qui pince ses cordes de ses doigts agiles.

Un voile de brume sombre pousse l’intro de Silent Running dans une aura de suspense. Des cymbales font tinter leurs cliquetis qui scintillent tout autour des strates d’un synthé aux arômes imprégnés de mystères, unissant leurs lamentations spectrales sous des pulsations glauques. Wolfgang Tiepold lacère les cordes de son violoncelle qui trace des mouvements secs et nerveux, déchirant les pénombres synthétisées qui sursautent sous les frappes éparses des percussions. Le mouvement amplifie une cadence incertaine avec un rythme saccadé, comme un coureur à bout de souffle sur un mince fil d’aliénation, alors qu’un savoureux crescendo s’installe avec les lamentations saccadées d’un cello agressif dont les coups d’archets déchirent la quiétude des violons morphiques. Le rythme augmentant graduellement la pente minimaliste, Silent Running s’enfonce dans les voiles de synthé spectraux qui ululent à la perdition et des coups secs d’un cello qui épuisent ses cordes dans une séduisante enveloppe orchestrale où le rythme des percussions s’y noie.

Les pièces en primes offertes sur des structures aux vitesses modifiées sont des petits traits de génies! Un, parce que les mouvements minimalismes le permettent sans altérer la mélodie et deux, ça permet de mieux capter la subtilité de leurs modulations sur des textures musicales plus riches et puissantes. Si A Few Minutes After Trancefer est plus lent, ça ne paraît pas vraiment parce que l’enveloppe musicale est plus dense et onctueuse. L’effet est contraire sur Silent Running qui tourne plus vite. Ce qui me laisse perplexe car la vitesse enlève beaucoup de charme, sauf en fin de course où le cello et le synthé sont sublimes. Mais peu importe! Ces remixes des titres originaux nous donne un savoureux paradoxe de TRANCEFER. Et le livret, comme sur toutes les rééditions de SPV, enferme des photos et des notes biographiques qui agrémentent plus de 70 minutes de MÉ créative. Du grand Klaus Schulze!

Sylvain Lupari (06/02/07) *****

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