• Sylvain Lupari

MARIO SCHÖNWÄLDER: Close By My Distance (1992) (FR)

C'est un album qui est plus tribal, voire expérimental, que Berlin School et qui demande beaucoup d'amour qui en vaudra la peine

1 Let The Rhythm Comin' on You 10:31

2 Les Yeux sans Visage 7:58

3 Sems'U'Kanar 10:55

4 The Point of Impact 7:08

5 Memories of Oz 13:33

6 Close by my Distance 12:57

7 Farewell from Heaven 5:02

8 Testsequence (bonus track) 6:13

9 Quiet Earth (bonus track) 3:53

Manikin Records ‎– MRCD 7001

2005 • SynGateCD-R 2053 • 1 CD

(DDL 78:13)

(Tribal ambiant, MÉ progressive)

CLOSE BY MY DISTANCE est le 3ième album solo de Mario Schönwälder. Et comme plusieurs albums de ces années 90, il n'en existe plus depuis des lunes. Réalisé en 1992, les droits de l'album physique ont été cédés à SynGate qui rééditait l'album en CD-R en 2005 avec 2 titres en prime. Deux titres ambiants avec des essences de Tangerine Dream et de Steve Roach ayant discuté avec Mike Oldfield pour ceux que ça intéresse. J'ai eu un choc à la découverte de cet album qui trempe dans des ambiances du Moyen-Orient et d'une caravane de gitans rencontré au passage. Et, ne jamais se fier à une première impression…Surtout avec un artiste tel que Mario!

Aux premières notes de Let The Rhythm Comin' On You, on se replonge dans les ambiances vaporeusement suaves qui transpiraient sur Hypnotic Beats. Hypnotique, le rythme est assumé par des percussions qui s'échangent nos oreilles dans une belle prise stéréo et un mouvement de basses pulsations. Ni trop lent, ni trop rapide il évolue dans les vapeurs ambiantes d'un synthé aux essences flûtées qui fait monter ses harmonies en forme de solos éthérées. En mi-parcours, la séquence modifie le rythme, le rendant plus mordant avec un synthé plus tortueux et audacieux. Ça fait très Klaus Schulze post Dune. Les Yeux Sans Visage est un intense titre atmosphérique où le synthé vogue en solitaire sur des accords éparpillés entre des éléments percussifs et autres effets sonores. Ça devient une longue complainte avec une voix absente et un faux violon qui émiette ses charmes dans une seconde moitié dominée par un synthétiseur aux sonorités de trompette résonnant sur un vent d'acier. Un titre sombre qui aurait pu faire de la trame sonore d'un film de science-fiction sur les décadences de la race humaine, tant les ambiances s'y prêtent. Un titre ambiant avec une forte essence cinématographique, comme Farewell from Heaven et son parfum du Moyen-Orient. Après une introduction aux ambiances flottantes atmosphérique, Sems'U'Kanar emboîte le rythme avec une belle vision tribale de ce coin de planète avec une lourde basse qu'on fait souffrir en pinçant ses cordes avec violence. Une guitare fend les ambiances avec des solos stridents de Harald Gleisberg dans un panorama mi-indien et mi-oriental. Le séquenceur et les percussions forcent un rythme évolutif et progressif. Un beau titre magique, à cause de son ensemble rythmique, les percussions, le séquenceur et sa basse torride, ainsi que les superbes solos ondulants de guitare. À écouter à haut volume, l'effet est superbe.

La vision tribale de Mario Schönwälder prend plusieurs visage dans CLOSE BY MY DISTANCE. The Point of Impact propose une vision tribale romanichelle avec son mouvement lent qui se dandine sur des percussions tsiganes et des arpèges que l'on trouve souvent dans des berceuses électronique. D'ailleurs une petite mélodie mangeuse d'oreille ricane dans cette approche de musique bohémienne animée d'un désir de charmer. Le synthé exploite sa facette de violon et de chorale aux souffles saccadés. Le point d'impact arrive vers la 4ième minute, où le rythme devient plus agressant dans une ambiance désordonnée. Memories of Oz exploite un peu ces ambiances et nous ramène même à un rythme plus fluide avec des bons échanges guitares synthés sur des percussions hétéroclites et des lignes de violon qui planent dans une ambiance décousue, comme les bons moments de Richard Pinhas et Heldon. La pièce-titre est celle qui se rapproche le plus des ambiances de la MÉ de style Berlin School. Un Berlin School, de sa progression, tribal! La texture est luxuriante avec une grosse ligne obscure remplie de wooshh et de vibrations ténébreuses. On entend des violons comme des effets séraphiques joués avec les intentions du Malin. Cette lente ouverture agonisante se fait secouer avec l'arrivée des percussions, autour de la 4ième minute. Les basses pulsations continuent de résonner sauvagement sous un ciel cosmique, alors que graduellement le synthé sculpte ses solos ayant une essence tribale. À cet effet, les séquences et les percussions fixent une fête paroissiale avec un rythme animé par un flûtiste charmeur de serpents. C'est un très bon titre avec un rythme croissant dans l'art de la musique minimaliste propre à Mario Schönwälder. Intense et ambiant, Farewell from Heaven invite Testsequence à en faire autant avec une vision qui fait très Tangerine Dream à l'époque de Underwater Sunlight. Quiet Earth clôture cette réédition avec une vision rythmique minimaliste. Les séquences caoutchouteuses s'échangent des pas de 3 élans alors que le synthé tisse des solos aériens qui font des voltiges acrobatiques sans jamais chercher à exploiter les ambiances pour aller plus loin.

Le moins que l'on puisse dire est que le musicien Allemand ne choisit pas la facilité afin de succéder à Hypnotic Beats. CLOSE BY MY DISTANCE est une œuvre qui est plus tribale, voire même expérimentale, que Berlin School qui demande beaucoup d'amour. Des écoutes qui en bout de ligne devraient être payantes puisque dès les essences tribales apprivoisées, nous sommes aux commandes d'un très bel album de Mario Schönwälder. On trouve l'album maintenant sur le site de téléchargement de Manikin.

Sylvain Lupari (18/09/06) ***½**

SynthSequences.com

Disponible chez Manikin Records

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