• Sylvain Lupari

NEIL & GETTY: Retrochet II (2010) (FR)

Retrochet II nous plonge au cœur de la bonne vieille Berlin School

1 Cascade Effect Part 1 31:24

2 Cascade Effect Part 2 30:05

Retrochet Music

(DDL 61:29) (V.F.)

(Berlin School)

Je vous le dits d'emblée, RETROCHET II n'a rien à voir avec Retrochet I. Car même si les séquences sont toujours ronflantes et frénétiques, cette seconde collaboration Neil & Getty embrasse deux longs couloirs musicaux assez paradoxaux où la mélodie se terre dans des approches électroniques qui sont expérimentales et psychédéliques emplies d'une dualité mélodique poussée par du bon séquenceur. C'est tout le contraire des titres plus structurés et nettement moins improvisés que dans Retrochet I.

Scindé en 3 parties, Cascade Effect I démarre bien lentement avec son étrange dialecte électronique submergé par de vagues et délicates notes d'un clavier solitaire. Un monde à moitié aquatique et cosmique où de délicates flûtes émergent de cette introduction, fondant leurs souffles à de superbes strates ondoyantes d'un mellotron éthéré qui formera la portion mélodieuse de Cascade Effect I. On sent le mouvement prendre une approche plus sombre avec des séquences aux pulsations frénétiques autour de la 5ième minute. Des séquences qui pianotent avec frénésie sous de sombres réverbérations et de fins tintements qui se perdront dans les oscillations d'une lourde ligne de basse, alors que les accords du séquenceur se chevauchent et s'alignent en doubles furibonds digne des lourds mouvements vifs de ['ramp] et Redshift. Mais la puissance est fragile car même si Cascade Effect I déboule à fond de train, le mouvement est survolé par de belles strates d'un mellotron brumeux et de tendres couches d'un synthé lyrique qui ont gardés en mémoire les souffles flûtés de l'intro. Violence contre tendresse le titre roule en pleine dualité avec ses élans tempérés sous des ambiances éclectiques. Vers la 13ième minute les frappes du séquenceur s'atténuent pour se perdent dans un bref moment d'ambiance séraphique. Les séquences oscillent dans une brume métallique avant de ressurgir avec un dandinement plus pondéré pour regarnir Cascade Effect I d'un rythme tout aussi lourd. Un rythme avec un empâtement plus espacé et rempli de nasillardes stries distordues et de nappes de synthé ululant dans une brume qui étouffe les légers tintements de gongs. Bref un univers sonore hurleur et dont les étrangéités résonnent dans un lugubre jeu du séquenceur qui semble s'essouffler vers la 21ième minute. Et doucement, Cascade Effect I pousse les derniers battements du séquenceur au-delà des effroyables mugissements qui ont constamment mastiqué son parcours hypnotique.

Quoique construit sur les mêmes préceptes, l'univers de Cascade Effect II est plus éthéré. Bien que parfois son approche peut-être autant ténébreuse. Des gongs et des carillons tintent dans un fin tourbillon aux tonalités de verre. Une brume mystique d'un synthé mellotronné enveloppe cette ouverture. Des chœurs monastiques y errent et expirent des souffles de miséricorde sur l'implosion d'une ligne de basse qui lentement anime l'ouverture de Cascade Effect II. Des accords du séquenceur défilent sourdement sous des tintements carillonnés, des souffles lugubres et une ligne de basse aux lents mouvements hésitants. Un monde musical en effervescence embrase le rythme avec une séquence à la Tangerine Dream qui pilonne un rythme ondulant sinueusement. Ça devient un rythme lourd qui chevauche les plaines musicales aux sonorités tout aussi éclectiques que sur la 1ière partie. Flirtant constamment d'ailleurs avec ce décor, Cascade Effect II se distancie an ayant un rythme plus près des racines du Dream. Un rythme qui pulse intensément dans un univers truffé de stries et de strates aussi lugubres que nasillardes, propre aux caractéristiques de Cascade Effect I. Une symphonie d'un séquenceur battant sur les mêmes thèmes, à quelques variations près, et qui suit les mêmes tangentes et structures mais avec des sonorités plus acérées et limpides. Ouais, c'est bien Cascade Effect II. C'est même RETROCHET II

Si Retrochet I innovait avec un Berlin School sculpté dans des ambiances encore virginales, RETROCHET II nous plonge en plein dans le cœur des bons vieux Berlin School avec 2 longs titres où les improvisations semblent si bien se fusionner en structures cohérentes. Un peu comme ces délirants concerts de Tangerine Dream. C'est est un extravagant voyage au cœur de la tanière du Dream des années 70. Un solide album qui plaira aux fans du genre de Ramp, Redshift et Pollard/Daniel/Booth.

Sylvain Lupari (18/01/11) ***¾**

SynthSequences.com

Disponible au Retrochet Bandcamp

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