© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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OTARION: Under Surface (2018) (FR)

“Under Surfaceest un autre bon mélange d'é-rock, d'EDM et de New Berlin School, toujours empreint du romantisme émouvant de Rainer Klein”

1 Prelude 3:47 2 Behind the Doors 7:01 3 The Abandoned Place 2:19 4 Under Surface 10:59 5 Refractions 6:13 6 A Different View 9:33 7 The Best Time 7:12 8 A Glance Up 6:19 9 Go Out 8:54 10 Arrived 8:12 MellowJet Records | cdr-ot1801 (CD/DDL 70:33) (Electronic, Symphonic Rock)

Ça fait du bien de renouer avec la musique d'Otarion! Rainer Klein n'a pas son pareil afin d'amener l'auditeur à travers une épopée musicale où les émotions courent à fleur de peau sur des structures en mouvement. Tantôt agité par des secousses d'EDM, de rock électronique trempé dans le New Berlin School ou encore par du gros rock progressif symphonique, UNDER SURFACE se faufile entre différentes phases d'une MÉ toujours émouvante et bouleversante guidée par de solides orchestrations. À ce niveau, des arômes du superbe Genius combinés à la vision rock de Decide flottent tout autour de ce dernier album d'Otarion. Ce qui est loin d'être mauvais!

Un très sobre piano recouvre de sa nostalgique le nuage de bruits blancs qui détache Prelude des premiers silences de cet album. Et comme nos sens demandent à être plus touchés par la tendresse de Rainer Klein, un violoncelle et une voix ajoutent à ce suspense d'ambiances mélancoliques qui trouvent son dénouement de tragédie musicale avec les denses orchestrations d'une finale à la recherche sa genèse. Bruits de cliquetis et de gonds de porte, nous entrons dans le cœur des ambiances de UNDER SURFACE par Behind the Doors. Son introduction est signée de mysticisme et de romantisme avec des effets, des nappes de synthé et une voix céleste. Une guitare et ses riffs traînants donnent une allure de rock lent et lourd à une musique d'ambiances qui éclate pour du bon rock symphonique rempli de brindilles ambiosphériques où percussions, et effets de percussions électroniques, réajustent une dimension plus électronique accentuée par de bons solos de synthé. The Abandoned Place est comme un petit nuage de sons et d'ambiances qui attache deux pôles. Sa jonction entre Behind the Doors et la pièce-titre, qui se jette entre nos oreilles avec de gros carillons et des chuchotements de sternes, est tout à fait à point. Under Surface est un titre qui fait très rock électronique de la période Sonic Poem Series ou encore The Quantum Years par Tangerine Dream. La structure de rythme est nourrie avec un maillage de ces milliers de petits pas feutrés qui courent en rond et une ligne de basse un peu ronde, genre Groove. La musique devient plus rock énergique après la barre des 4 minutes avec une batterie très entraînante et des riffs dont les charmes mordent la poussière derrière un délicieux voile de grenouillages sonores et d'effets réverbérants. Le décor est riche de ses ambiances sibyllines qui rôdent derrière de bons solos de guitare. Le dernier riff d'un solo mourant et les ambiances survoltées se fondent dans une seconde moitié très éthérée de Under Surface avec un Otarion tout touchant au piano. Refractions atterrit entre mes oreilles dans un habit d'un splendide down-tempo mariné dans du psybient. C'est un titre aussi inattendu que très surprenant qui pèle mes émotions de minute en minute avec réorientation un peu plus rock et une saisissante vélocité nouée autour de ces séries de riffs en boucles qui appartiennent au répertoire de U2 ou encore Coldplay.

Ces riffs assaisonnent aussi les différentes étapes évolutives de A Different View, ainsi que d'autres moments très rock de cet album, qui est un bon rock avec ses phases de romantisme ambiant. C'est un habile mélange entre le rock et l'électronique avec des filaments de séquences stroboscopiques qui émiettent leurs saccades dans des frappes de batterie vives et saisissantes. Coulé dans le même moule de MÉ évoluant par tranches, The Best Time propose une introduction en demi-teinte avec des accords perdus et des cliquetis qui fuient sur un voile d'ambiances sibyllines. Une série de pulsations unie cette ouverture avec une approche qui penche vers un autre rock bien martelé par des percussions aux frappes toujours aussi nettes et précises, amenant The Best Time vers un rock théâtral du genre Picture Palace Music. Lent, sensuel et éthéré, A Glance Up est un beau slow tempo lunaire. La batterie martèle un rythme sourd et pesant alors que des arpèges tournoient comme dans une comptine du thème Halloween. Le titre engraisse sa passion et sa lourdeur, tout en donnant un petit coup d'accélérateur pour une courte période de rock avant de revenir dans une phase plus lunaire. Go Out reprend le collier des titres tel que A Different View et la pièce-titre. Le rythme est nerveux et squatte une structure mi- ambiante et mi- animée avant de forcer une phase de gros rock à la toute fin. Arrived termine cette suite tangible à l'album Decide avec une belle intro vaporeuse où le côté théâtral d'Otarion respire de ses parfums de mysticisme. Voix perdues dans le vent, piano sombre et effets dramatiques ornent cette introduction cousue dans de la soie méphistophélique alors que graduellement la chevauchée rythmique s'installe. Derniers riffs et derniers solos de guitare, Arrived fonce vers une finale plus électronique avant de laisser un dernier souffle qui va repartir un autre débat… Est-ce le meilleur d'Otarion? Je dirais le meilleur depuis Genius!

Sylvain Lupari (09/04/18) ***** SynthSequences.com

Disponible chez MellowJet Records