• Sylvain Lupari

PARALLEL WORLDS ≈ ALIO DIE: The Utopian Blossom (2020) (FR)

Prêter une attention particulière entre les brindilles de tons morts et vous entendrez les spectres se transformer en anges

1 Ethereal Abyss 7:56

2 Underwater Fields 7:37

3 Utopian Blossoms 7:38

4 Beams of Sunlight 7:45

5 Endless Serenity 7:45

6 Immersive Deepness 7:42

7 Introspective Oceans 7:43

Hic Sunt Leones HSL104

(CD/DDL 54:06)

(Dark ambient)

Une onde de sons fait carillonner les vents qui dérivent de leurs couleurs tonales dans un lent mouvement ondoyant. Même dans cette enveloppe où l'on discerne à peine les murmures de spectres des vents dissonants, Ethereal Abyss s'envide dans sa masse ambiante que des battements feutrés animent d'une vie artificielle. De souffles ténébreux à des vents caramélisés par un enduit métallique azuré, les turbulences de Ethereal Abyss survivent grâce aux sourdes implosions qui propulsent ses élans velléitaires dans des spirales apathiques. La vision du Dark Ambient ici est saccagée par ces pointes acérées qui injectent ses couleurs antinomiques. C'est assez étonnant que les noms de Alio Die et Bakis Sirros soient à ce point oubliés lorsque l'on parle de musique ambiante. Pourtant, chaque artiste possède un palmarès assez éloquent en la matière! THE UTOPIAN BLOSSOM est la 3ième collaboration entre le sculpteur de sons Italien et le penseur d'ambiances en tous genres Grec. Et d'album en album, ils avancent dans le territoire d'une MÉ plus accessible. Accessible reste un mot rempli de suspicion lorsque vous collerez vos oreilles pour une première écoute. Mais portez une attention particulière entre les rameaux de tonalités mortes et vous y entendrez les spectres se transformer en anges afin de nous susurrer des douceurs qui nous collent aux 54 minutes de cet album littéralement enchanteur et qui est une suite logique à Elusive Metaphor, réalisé 6 ans plus tôt.

Le courant passe plus facilement avec les chaudes brises de Underwater Fields qui semble être l'envers du décor de Ethereal Abyss. On entend toutes ces petites merveilles qui jouaient dans son ombre avec une vision qui fait très Michael Stearns dans M'Oceans. Certes, l'emprise du versant noir de la musique ambiante subsiste avec ces ondes de réverbérations qui murmurent et s'approchent du rivage de la sérénité. Mais les reflets des carillons et les murmures éthérés maintiennent les charmes à découvert. Utopian Blossoms propose un rythme a peine sentie du bout de l'oreille avec des impulsions sourdes et des coups toujours plus sourds dans une dense tapisserie musicale où les couleurs des abysses flirtent avec la crête irisée des tintements. Il y a beaucoup d'intensité dans ce titre obsédant pour les sens. La richesse tonale a toujours été un élément prépondérant dans les œuvres de Alio Die et Parallel Worlds. Cette texture est plus omniprésente dans les ambiances plutôt dérangeantes de Beams of Sunlight qui n'a de son titre que les éparses chants des carillons clairsemés dans une vastitude ténébreuse. Un faune organique s'invite dans ce combat entre les deux courants musicaux qui exulte la vrai nature du Dark Ambient. Sombre et intense, disons que ce n'est pas le premier titre à découvrir sur THE UTOPIAN BLOSSOM. Mais les sons sont une source de curiosité, en tout cas pour moi, qui nous attire dans un piège nommé charme. Endless Serenity porte à merveille le lourd tribu de son titre! C'est aussi ténébreux et calme qu'une tempête de vent dans les déserts de Steve Roach ou les oasis de Juta Takahashi qui d'ailleurs vient de sortir un nouvel album. Plus on avance dans l'album et plus le côté noir de Bakis Sirros remonte à la surface. La lourde et sombre tapisserie sonore de Immersive Deepness envahit nos sens et peine à dissimuler cette ossature de couleuvre et ses os cliquetant qui rampe entre les étranges halètements des claquements feutrés d’une porte vers les ténèbres. Très immersif! Et si on accepte de sombrer dans la paranoïa du titre, on perçoit ici aussi ce rythme fantôme qui pousse les ambiances de l'autre sens. Introspective Oceans complète cet album avec sa vision la plus ténébreuse qui nous ramène aux textures de Circo Divino, premier album du duo Alio Die et Parallel Worlds qui est apparu en 2010. C'est sombre, puissant et intimidant, même si sans vie, avec une masse sonore compacte où rayonne les chants de moineaux témoins de cette avancée ténébreuse qui nous a absorbé depuis les premiers vents de THE UTOPIAN BLOSSOM.

Sylvain Lupari (13/04/20) ****¼*

SynthSequences.com

Disponible au Alio Die & Parallel Worlds Bandcamp

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