• Sylvain Lupari

PATCHWORK: Connect (2007/2012) (FR)

Connect est un opus moyen avec une belle ambiance du séquenceur qui n'est pas sans rappeler les rythmes harmoniques de Tangerine Dream

1 Enter Now 9:51

2 Connect 5:54

3 Dawn 12:02

4 Orbit 6:49

5 High Clouds 8:10

6 Out of the Dark 7:45

7 Flyby Wire 10:18

8 Final Approach 8:07

Syngate | CD-R PW02

(CDR 69:12)

(Melodious rhythmic new Berlin School)

Il y a peu d'informations sur Patchwork si ce n'est qu'il s'agit d'un duo Néerlandais composé de Rene Jansen et Ruud Heij. Si un, Rene Jansen, est fortement inspiré par la musique de Jean-Michel Jarre et Vangelis, l'autre, Ruud Heij, est très influencé par les mouvements séquencés de la Berlin School comme en fait foi ses collaborations avec des groupes tel que Kubusschnitt et Free System Projekt ainsi que sa carrière en duo avec Gert Emmens. Sauf que Patchwork est plus un projet qu'un groupe! C'est le résultat de sessions d'enregistrements dans le studio de Ruud Heij à l'été 1994, pour un premier album éponyme paru sur Quantum Records en 1999. Et à l'été 1995, avec le musicien Udo Scheyka, qui allait donner l'album CONNECT mis en ligne en 2007. Toujours dans sa quête de ressusciter des albums intéressants, invalidés par le temps et par un manque de promotion, le label Syngate met à la disposition des amateurs de MÉ, spécialement ceux qui affectionnent le Berlin School harmonique, les fruits de cette fascinante session d'enregistrement qui a toute les apparences de sortir tout droit des studios de…Tangerine Dream.

Arqué sur une approche patibulaire, avec ses menaçantes ondes de synthé flottant comme des gaz d'éther, Enter Now présente une docile approche rythmique qui fait gambader son troupeau d'ions séquencés dans les sillages de percussions électroniques dont les structures passives nous rappellent constamment que nous écoutons effectivement des sessions de studio. Coulant et flottant, ce rythme éveille des ions harmoniques qui butinent dans les dociles harmonies de synthés discrets. La pièce-titre nous plonge dans l'ère Logos de Tangerine Dream, même si l'intro et son vocodeur éveille des réminiscences de Neuronium, avec des séquences limpides qui alternent leurs délicates frappes sur les charmes de synthés doux et musicaux, alliant solos et harmonies sous un rythme délicat. Dawn est un superbe titre qui nous plonge dans nos souvenirs de l'époque Peter Baumann et de son excellent Trans Harmonic Nights. Le rythme est toujours forgé dans ce duel de percussions aux claquements de fouet électronique, de ces pulsations sourdes et de ces ions séquencés qui sautillent dans une anarchie symétrique, alors qu'une autre fascinante approche mélodieuse repose cette fois-ci sur des synthés et claviers qui divisent et éparpillent leurs solos harmoniques et les brises mellotronnées sous un tranquille magma cadencé. Minimaliste le titre offre de délicates variations tant rythmiques que mélodiques qui s'étirent au-delà de Orbit.

High Clouds est un monument d'hypnotisme avec ses lourdes séquences ascensionnelles qui peinent à tournoyer dans une intense brume synthétisée où solos mélodieux amènent la nostalgie avec une sonorité de vieux Moog. Sournois le rythme de Out of the Dark fuit l'emprisonnement auditif avec des amples mouvements sinueux qui contournent les torrents de rivière synthétisées aux arômes très près des terroirs de Edgar Froese. Si la première partie est fuyante, la deuxième accepte l'offrande d'une écoute passionnée avec une belle approche qui frôle les belles ballades électroniques du Dream. C'est un 2ième titre costaud sur CONNECT qui continue sur sa lancée séductrice avec Flyby Wire et ses accords aux tonalités hybrides qui zigzaguent dans l'indécision avant d'emprunter un pattern plus stoïque où percussions électroniques et séquences pulsatiles s'échangent les airs cadencés sur une structure rythmique aux contours aussi indéfinis que les brumes et les fugaces harmonies des synthés discrets. Final Approach termine CONNECT avec ce cocktail d'ions et de pulsations séquencés qui palpitent avec lourdeur sur les délicates harmonies de synthé toujours aussi effacés. Concluant ainsi un univers musical qui est plus axé sur les séquences et leurs embryons rythmiques aux latentes évolutions tortueuses que les mélodies et ambiances des synthés qui se font plus que discret dans cette ode aux ouvrages séquencés de Tangerine Dream.

Sylvain Lupari (19/02/13) ***½**

SynthSequences.com

Disponible au SynGate Bandcamp

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