• Sylvain Lupari

PYRAMID PEAK: Random Events (00-06) (FR)

Un des grands albums de MÉ contemporaine, le meilleur du Peak se trouve ici!

1 Random Event 7:18

2 Gruga Park 15:20

3 Secret 7:53

4 Flow 8:49

5 Distance 7:39

6 Dreams 9:26

7 Newsflash 9:50

8 Random Event Live 8:13

SynGate|CD-r PP06

(DDL 66:18)

(New Berlin School)

Initialement sortie en 2002 sur l'étiquette Invisible Shadows, RANDOM EVENTS fait malheureusement partie de cette liste d'albums à avoir connu une courte vie sur CD avant d'être totalement discontinué et oublié dans les nombreux corridors du temps. C'est une des principales raisons que j'affectionne le label SynGate qui remet en circulation ces CD discontinués sous forme de CD-R et en téléchargement. Ainsi, ce 3ième album de Pyramid Peak est offert à nouveau avec un titre en prime. Je n'avais jamais eu la chance d'entendre ce RANDOM EVENTS avant aujourd'hui et laissez-moi vous dire que je l'ai savouré comme on fait avec les grands albums de musique électronique (MÉ). Tout d'abord, il faut dire que je suis un grand fan du Peak et cet album m'a comblé au plus haut point avec ses structures évolutives et ses synthés aux harmonies si poignantes.

Contrairement à la première édition, c'est la pièce-titre qui nous amène à la découverte de cet album au lieu de Gruga Park. Une nappe réverbérante en appelle d'autres pour constituer un fond sonore divisé entre les nappes bourdonnantes et celles plus orchestrales. Random Event fait entendre cette sonorité du synthé typique à Pyramid Peak. Une belle ouverture flottante où les sons prennent des couleurs automnales avec des harmonies mélancoliques. Issu de ces nappes devenues plus chloroformiques, le séquenceur libère une ligne de rythme qui épouse un entraînant mouvement ascendant où brume, chorale imaginaire et solos de synthé se greffent dans une structure Berlin School qui s'éteint dans une explosion à la 7ième minute. Random Event allume les feux et prépare les bases d'un des meilleurs albums du Peak. L'ouverture de Gruga Park propose des lignes de synthé ayant ce trémolo de ces souffles lancés dans une flûte de Pan. Ces lignes sont circulaires et sont grignotées par la chute d'accords gras qui soulèvent de brèves lamentations de synthé. Un synthé qui sort de l'anonymat autour des 90 secondes avec des solos aériens qui nous transporte jusqu'à une première phase de rythme quelques 60 secondes plus loin. Structuré sur un séquenceur en mode harmonique, des basses séquences bondissantes et des percussions robotiques, ce rythme est des plus enlevants et supporte une rasade de solos aux formes acrobatiques, ainsi qu'un banc de brume qui emmure des chantonnements absents. Il s'essouffle dans un bassin de radiations autour de la 9ième minute. Une longue phase de transition, pas loin des 3 minutes, occupe nos oreilles avec des lourds filaments réverbérants et des voix qui contrebalancent le poids ténébreux des réverbérations. Les dernières minutes de Gruga Park sont ses plus précieuses avec un rythme sautillant légèrement dans une texture dramatique qui est porteuse de frissons. Ainsi évoluent les 7 autres titres de RANDOM EVENTS.

Secret évolue sur une structure de rythme monté sur 3 accords séquencés. Des arpèges papillonnant et des sobres percussions aident à structurer ce rythme bondissant qui sert les intérêts du synthé, ses solos, ses textures de voix et ses effets. Un de mes titres préférés de cet album, Flow emprunte un peu l'ouverture mélodieuse du synthé de la pièce-titre. Son rythme est bondissant entre un partage de basses pulsations et des arpèges rythmiques plus limpides. Légèrement saccadé, il trottine pour finalement galoper avec une structure sautant dans une brume éclairée par de beaux arpèges mélodieux. Ces arpèges sont la clé de ce titre accrocheur avec des nuances dans les tons, comme dans les émotions, en échangeant son rôle avec un piano électrique. Très beau! Axel Stupplich, Uwe Denzer et Andreas Morsch savent aussi comment rendre les orchestrations lunaires et brumeuses aussi romantiques que poignantes, et c'est ce qui ornent la progression bondissante de l'hypnotique Distance. Il n'y a pas de plus beau moment sur RANDOM EVENTS qu'avec le magnifique Dreams. Son ouverture est conçue sur superbe downtempo lunaire tissé dans de somptueuses orchestrations de brumeuses. La gang du Peak module des arrangements qui m'arrachent des résidus de larmes à chaque fois. Ça beau être une excellente raison de s’endormir que les 3 musiciens Allemand rejettent de la main en imposant une étonnante et sublime structure de rock cosmique à la Jean-Michel Jarre dès la 3ième minute. Un rock cosmique morphique avec d'élégants moments de transition et surtout ces crotales qui enrichissent cette structure de basse bondissante et ces percussions robotiques. Et si les orchestrations arrivaient à me soutirer de gros soupirs de nostalgie, les solos qui fusent autour de ce rythme hyper enlevant me rendent exaltant de bonheur. La MÉ ne sera jamais plus belle qu'avec ce titre! Et RANDOM EVENTS n'offre aucun répit à nos oreilles, nos pieds et nos émotions avec un Newsflash animé d'une lourde et vive structure spasmodique avec une voix hors-champs répétant un court bulletin de nouvelles. De la MÉ Trance de grande qualité. Cette nouvelle édition de l'album sur SynGate vient avec une version en concert de sa pièce-titre. Plus énergique, Random Event Live conserve tous les charmes de l'enveloppe sonore de ce magnifique album de Pyramid Peak.

Selon moi, RANDOM EVENTS appartient aux grands albums de MÉ contemporaine. Berlin School et autres, Axel Stupplich, Uwe Denzer et Andreas Morsch nous trimballe à travers leur style dans un album rythmique et mélodieux sans failles. Le meilleur du Peak se trouve ici!

Sylvain Lupari (04/02/22) *****

SynthSequences.com

Disponible au Pyramid Peak Bandcamp

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